CAN 2015 : ça s’annonce corsé…

Les Fennecs lors de la Coupe du monde au Brésil, en juin 2014.
Les Fennecs lors de la Coupe du monde au Brésil, en juin 2014. © Kirill Kudryavtsev/AFP

Le Nigeria, tenant du titre, ne sera pas là, et une bonne demi-douzaine de sélections peuvent prétendre à sa succession. Avec, dans le costume du favori, l’Algérie. Suspense assuré !

Depuis que d’innocentes mains ont accompli leur mission, le 3 décembre dernier, lors du tirage au sort de la CAN, envoyant quelques pointures s’expliquer dans des groupes C et D très relevés, les spéculations des uns et les certitudes des autres sont allées bon train. Et elles vont reprendre de plus belle dès que chaque équipe aura disputé un match.

La trentième édition de la plus belle vitrine du football africain aura lieu là où personne ne l’attendait, sans le Maroc, disqualifié pour les raisons que l’on sait, sans l’Égypte ni le Nigeria, qui pèsent pourtant dix titres à eux seuls (sept pour les Pharaons, trois pour les Super Eagles, dont le dernier en 2012), mais resteront échoués sur le bord de l’impitoyable chemin des qualifications. Ces trois absences marquantes ont l’avantage de laisser la place à ceux qui ont bien négocié les matchs menant à la phase finale et peuvent donc encore prétendre au couronnement continental du 8 février.

Premier postulant au titre

Aujourd’hui, si l’on considère que la Guinée équatoriale n’a quasiment aucune chance de rafler la mise, ce qui est souvent le cas pour le pays organisateur, le nombre de favoris légitimes a évidemment été revu à la baisse. La tentation est grande de faire de l’Algérie, brillante huitième de finaliste de la dernière Coupe du monde (1-2 face à l’Allemagne), le premier postulant au titre. Les Fennecs ont changé de sélectionneur et de style, mais pas de joueurs.

Quelques-uns, comme Sofiane Feghouli et surtout Yacine Brahimi, apportent cette touche technique qui peut changer beaucoup de choses dans une compétition de cette envergure. Certains ont pris de la bouteille au Brésil, et Christian Gourcuff, qui a succédé à Vahid Halilhodzic, a réussi la transition en douceur, lors d’un parcours qualificatif presque sans accroc (une seule défaite).

Aucune sélection maghrébine (hormis le Maroc, en 1976, en Éthiopie) n’a eu la vie facile en Afrique subsaharienne.

Mais l’histoire de la CAN est là pour rappeler qu’aucune sélection maghrébine (hormis le Maroc, en 1976, en Éthiopie) n’a eu la vie facile en Afrique subsaharienne. La remarque est donc valable pour la Tunisie, dont la première place, facilement obtenue dans un groupe où figuraient tout de même le Sénégal et l’Égypte, signifie bien quelque chose. Ce qui fait d’elle un candidat au titre tout à fait présentable.

Et puis, il y a le cas de la Côte d’Ivoire, championne d’Afrique des concours de pronostics depuis sa finale perdue en Égypte en 2006…

Des tensions entre Hervé Renard et sa fédération

Didier Drogba n’est plus là, mais d’autres représentants de la génération dorée (les frères Kolo et Yaya Touré, Gervinho, Salomon Kalou, etc.) continuent de croire que la CAN reviendra un jour en Côte d’Ivoire, vingt-trois ans après celle obtenue chez le voisin sénégalais, en 1992. Cette année encore, malgré les tensions entre Hervé Renard et sa fédération, et malgré les onze buts encaissés lors les éliminatoires, les Ivoiriens font partie des favoris légitimes à la succession du Nigeria.

À cette liste, on peut ajouter le Ghana, qui se remet progressivement d’une Coupe du monde brésilienne achevée au premier tour et plombée par une ambiance interne délétère. Les Black Stars, qui ont eu la malchance d’hériter du groupe le plus relevé, devront donc se coltiner l’Algérie, mais aussi l’Afrique du Sud, jamais facile à manoeuvrer, ainsi que le Sénégal, dont le pouvoir offensif (avec Moussa Sow, Papiss Cissé, Mam Biram Diouf, Sadio Mané) est l’un des plus impressionnants du moment, même si Demba Ba, qu’Alain Giresse n’a pas jugé utile de convoquer, restera avec son club, le Besiktas Istanbul (Turquie), et que Diafra Sakho, blessé au dos, est finalement forfait.

Quant au Cameroun, absent en 2012 et en 2013, il est laissé pour mort après une Coupe du monde désastreuse. Orphelins de Samuel Eto’o, de Pierre Webo et de Jean II Makoun, les Lions indomptables, dont le palmarès rappelle qu’ils font partie du haut du panier africain (vainqueurs de la CAN en 1984, 1988, 2000 et 2002), ont entamé les éliminatoires avec le même sélectionneur (Volker Finke, miraculeusement passé entre les gouttes après le désastre brésilien), quelques anciens (Stéphane Mbia, Nicolas Nkoulou, Eyong Enoh, Henri Bedimo, Eric Choupo-Moting) et une meute de jeunes encore inconnus il y a quatre mois. La greffe a pris plus vite que prévu, et les Camerounais débarqueront en Guinée équatoriale escortés d’une image rafraîchie et d’un peu moins de pression que d’habitude.

Se hisser dans le dernier carré

Et ensuite ? Derrière les gros bras, d’autres rêvent de refaire le coup de la Zambie en 2012 ou, au moins, de se hisser dans le dernier carré. On ne pense pas forcément aux Chipolopolos, même si les « boulets de cuivre » zambiens sont toujours capables de poser des problèmes à n’importe qui, mais plutôt aux Étalons du Burkina Faso, finalistes en 2013 et qui n’ont pas déçu depuis.

On pense également à l’Afrique du Sud, à la RD Congo, au Mali ou à la Guinée, même si les deux voisins ont atterri dans le groupe du Cameroun et de la Côte d’Ivoire. Et à part la Guinée équatoriale, qui semble moins outillée qu’en 2012 où elle avait atteint les demi-finales, les autres participants (Congo, Gabon, Cap-Vert) peuvent nourrir l’ambition de franchir le premier tour. Ce qui serait déjà une victoire.

Jeuneafrique.com par Alexis BILLEBAULT

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