RDC – Droits de l’homme : ce qu’on sait de l’affaire Christopher Ngoy

Christopher Ngoy lors de sa présentation à la presse le 10 février. © Capture Youtube

Arrêté le 21 janvier, Christopher Ngoy, est soupçonné par la justice congolaise d’avoir été l’un des organisateurs des émeutes survenues à Kinshasa en janvier contre le projet de révision de la loi électorale. L’organisation de la société civile qu’il dirige avait appelé à manifester contre une réforme qui pouvait retarder l’élection présidentielle prévue en 2016.

Que reproche le pouvoir à Christopher Ngoy ?

Christopher Ngoy dirige la coordination de la Société civile de la RDC. Cette organisation s’était jointe en janvier à la plateforme « Sauvons la RDC » pour appeler les populations congolaises à sortir massivement dans les rues contre le projet de réforme de la loi électorale introduite au Parlement par le gouvernement . Ledit projet devait conduire à un recensement de la population qui retarderait de plusieurs mois la présidentielle dont la date vient d’être fixée au 27 novembre 2016. Les manifestations ont fait 23 morts à Kinshasa, selon un décompte officiel, beaucoup plus selon la société civile.

Pour la police judiciarie, Christopher Ngoy serait auteur ou co-auteur des troubles qui avaient émaillé les manifestations. L’interessé devra faire face à onze chefs d’accusation dont incitation à la violence et à la haine raciale et atteinte à la sûreté intérieure de l’État.

Quels sont les arguments de la défense ?

Pour Patrick Ngoy, un des fils et avocat du détenu, Christopher Ngoy n’a rien à avoir avec les charges retenues contre lui. « Tout ceci n’est qu’un maquillage judicaire », a-t-il déclaré aux journalistes lors de la présentation du prévenu à la presse, me 10 février. L’avocat révèle au passage que la perquisition au cours de laquelle des documents ont été saisis a été faite en l’absence du militant des droits de l’homme, ce qui est contraire aux usages juridiques en cours en RDC.

La défense indique également que la détention de Christopher Ngoy pendant trois semaines avant son inculpation est illégale et constitue une violation des droits du détenu, qui de surcroît n’a toujours pas été présenté à un juge.

Détenus politiques ou de droit commun ?

Plusieurs personnalités dont Jean-Claude Muyambo, qui dirige un parti de l’opposition sont détenues dans les prisons du pays depuis les émeutes de janvier. Jean-Claude Muyambo a été écroué à la prison centrale de Makala à Kinshasa le 20 janvier, officiellement pour une affaire d’abus de confiance. Ses soutiens estiment qu’il s’agit ni plus ni moins d’une arrestation politique, l’interessé ayant aussi participé aux manifestations anti-Kabila.

Plus de 600 ONG congolaises soutenues par la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) ont adressé une lettre ouverte au président Kabila le 2 février pour réclamer la libération des personnes arrêtées en marge des manifestations contre le projet de loi électorale.

Jeuneafrique.com par Edmond d’Almeida

Étiquettes : , , , , ,

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :