RDC : l’opposition exige un nouveau calendrier électoral

Le président Kabila est soupçonné de vouloir aller au-delà du terme de son dernier mandat.
Le président Kabila est soupçonné de vouloir aller au-delà du terme de son dernier mandat. © AFP

Des élus de l’opposition congolaise ont déposé mardi à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) de la République démocratique du Congo une proposition de calendrier pour les scrutins à venir. Ils estiment qu’en l’état actuel des choses, le chef de l’État Joseph Kabila pourrait rester au pouvoir au-delà du terme de son second mandat, fin 2016.

L’opposition congolaise, qui soupçonne le président Joseph Kabila de vouloir se maintenir au pouvoir au-delà de 2016, a déposé mardi à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) sa proposition de calendrier pour les scrutins à venir, estimant que celui qui a été établi est impossible à tenir. Le vice-président de l’organisme de contrôle des élections a reçu la délégation d’au moins 25 personnes et aurait promis de soumettre à la plénière ce document.

Le 12 février dernier, la Ceni avait en effet publié un calendrier électoral global très attendu, indiquant que la présidentielle et les législatives se dérouleront le 27 novembre 2016. Sur ce point l’opposition n’a rien trouvé à redire. En revanche, la commission électorale prévoit également la tenue, courant 2015 et 2016, d’élections locales jugées complexes car jamais organisées auparavant. L’opposition estime qu’elles pourraient retarder le calendrier global de la Ceni, risquant ainsi de prolonger illégalement le mandat du président Joseph Kabila qui prend fin en 2016.

« Pour une programmation rationnelle »

Dans une déclaration commune, l’opposition, la société civile et la « diaspora » plaident ainsi « pour une programmation rationnelle ». Ils exigent que les élections présidentielle et législatives obéissent aux contraintes de la Constitution en ce qui concerne les délais et qu’elle soient tenues en 2016. Les élections locales (chefferies et secteurs), municipales et urbaines, quant à elles, doivent être reportées, selon eux.

Le texte des opposants ajoute également que les élections des députés provinciaux, gouverneurs, vice-gouverneurs et sénateurs sont prioritaires parce qu’elles ont été suspendues au cours du cycle électoral 2011-2016 et doivent être organisées en 2015.

Interrogé par l’AFP, Jean-Marie Ingele Ifoto, chef de la délégation de l’opposition, estime que « la Ceni doit contribuer à la bonne marche de son institution, qu’elle soit à l’écoute de l’opposition et de la société civile, qui ont qualifié son calendrier d’incohérent et irréaliste, et qui ne peut pas nous amener à des élections apaisées ». Il a par ailleurs assuré qu’une copie du calendrier serait remise mercredi matin à la Mission de l’ONU en RDC (Monusco), qui sera un partenaire dans l’organisation des élections.

Un membre important de la majorité soutient le report des élections locales

La proposition de réaménagement du calendrier électoral est également soutenue par certains membres de la majorité. Lutundula Apala, ancien vice-président de l’Assemblée nationale, préconise lui aussi le report des élections locales. Il réclame en effet dans un long communiqué que l’on rende le calendrier électoral « plus réaliste, plus rationnel, plus opérationnel et plus efficace ». Invoquant les raisons budgétaires, sécuritaires et politiques qui pourraient empêcher le bon déroulement des élections, le député tire la conclusion « qu’il est indispensable de les reporter car il n’y a ni péril dans la demeure ni appel en urgence du peuple congolais à ce sujet ».

Dans une déclaration publiée mardi, le Réseau national des ONG des droits de l’Homme de la RDC (Renadhoc) demande de leur coté aux partenaires bilatéraux et multilatéraux de la RDC de s’engager fortement dans le « monitoring » et l’encadrement de la situation préélectorale afin d’éviter tout dérapage qui pourrait avoir des conséquences néfastes sur le processus de démocratisation, sur les droits de l’homme mais aussi sur la paix et la sécurité, non seulement en République démocratique du Congo mais aussi au niveau de la région des Grands Lacs.

Du 19 au 22 janvier, principalement à Kinshasa, des manifestations violentes avaient fait entre 27 et 42 morts. Les émeutiers dénonçaient un projet de loi électorale qui aurait pu permettre au chef de l’État de rester au pouvoir au-delà du terme de son second mandat, fin 2016.

Jeuneafrique.com avec AFP

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