Julie Gayet: elle révo­lu­tionne l’Elysée?

Julie Gayet

Julie Gayet

Il y a un avant et un après Julie Gayet. Avant elle, les premières dames en bavaient et l’amour était une affaire secon­daire face à la raison d’Etat. Depuis, le fémi­nisme et le roman­tisme ont triom­phé à l’Elysée. L’ac­trice a imprimé son origi­na­lité et une certaine idée du bonheur.

Il fut un temps ou Yvonne de Gaulle, première dame de France née en 1900 et formée à l’ap­pren­tis­sage de la couture, régnait discrè­te­ment sur le palais prési­den­tiel.  Les Français la surnom­maient affec­tueu­se­ment « Tante Yvonne » et son époux, un homme de devoir plus que de senti­ments, avait conscience d’avoir fait un beau mariage.

Suivirent Claude Pompi­dou, une femme de tête en avance sur son temps qui, lorsqu’on lui deman­dait ce qui lui manquait en tant que première dame répon­dait « être libre », puis la très clas­sique Anne-Aymone Giscard d’Es­taing, qui avait étudié les « huma­ni­tés fémi­nines », c’est à dire la cuisine, la couture et l’his­toire de l’art au Lycée Notre-Dame-Des-Oiseaux dans le seizième arron­dis­se­ment pari­sien. Sa seule plainte survint en 1981 quand elle finit par décla­rer, tandis que son mari était surnommé « Valéry Fola­mour » par le Canard Enchaîné : « Le poids des obli­ga­tions offi­cielles est vrai­ment très lourd ».

Dans sa foulée, Danièle Mitter­rand allait se déli­vrer de cette pesan­teur à sa façon. Très enga­gée à gauche, elle inventa l’union libre au palais. Tandis que son mari entre­te­nait sa seconde famille, les Pingeot, elle vivait tranquille­ment son idylle avec un profes­seur de sport, Jean Balenci. Il ne fut cepen­dant jamais ques­tion de divorce.  En 1995, Berna­dette Chirac, née Chodron de Cour­celles,  réta­blit une sorte de clas­si­cisme. Passée par Sciences Po, elle est la seule première dame à jamais avoir exercé des mandats élec­tifs. Certes elle n’ignora pas que Jacques était coureur mais pour elle aussi, le divorce était hors de ques­tion. Elle suppor­tera stoïque­ment les incar­tades de son mari avant de prendre sa revanche plus tard à coup de phrases assas­sines passa­ble­ment aigries.

Il n’en ira pas de même pour l’in­tré­pide Céci­lia Sarkozy qui récla­mera le divorce à peine son mari élu en 2007. Vite rempla­cée par Carla Bruni, qui épouse Nico­las Sarkozy le 9 juillet 2008. Carla, bien que tâchant de pour­suivre une carrière de chan­teuse, a semblé s’af­fa­dir au contact des ors de l’Ely­sée. Elle appelle son époux « mon homme » et sourit benoî­te­ment lors des céré­mo­nies offi­cielles: ses ambi­tions et sa carrière s’ef­facent alors. Au fil du temps, les Françaises la perçoivent davan­tage comme une cour­ti­sane parve­nue que comme une pasio­na­ria liber­taire.

Soudain, en 2012, François Hollande fait souf­fler un vent de nouveauté sur les insti­tu­tions. Il installe au sein du palais un bureau pour sa compagne que -situa­tion inédite-, il n’a pas épou­sée. Valé­rie Trier­wei­ler est alors consa­crée par la presse étran­gère « First Girl­friend », soit « première petite amie » de France. Jour­na­liste à Paris Match, elle conti­nue de travailler pour son maga­zine en paral­lèle de son rôle offi­ciel. L’Ely­sée prend un grand vent de moder­nisme dans la figure. Mais les Français s’in­surgent contre le mélange des genres qui lui permet de profi­ter tout à la fois des avan­tages de la fonc­tion et de sa carte de presse. Miss Trier­wei­ler, elle, souffre de ne pas être légi­ti­mée. Il y a donc conflit d’in­té­rêts et passion contra­riée puisqu’elle ne semble avoir gardé sa liberté que bien malgré elle et à cause des réti­cences de son compa­gnon à s’en­ga­ger. La situa­tion, plus qu’une avan­cée au chapitre des moeurs, paraît plutôt être une sorte d’abus de pouvoir senti­men­tal des deux côtés. Quand le vaude­ville amou­reux la relègue au rang de femme trom­pée pour l’ac­trice Julie Gayet, Valé­rie Trier­wei­ler tente peu ou prou de se suici­der, fermant à grand fracas le ban d’un demi-siècle de malheurs d’épouses à l‘Ely­sée.

Avec Julie Gayet : flirt, glamour et fémi­nisme à l’Ely­sée

Autre style, autre mœurs. En ce début juin 2015 où elle fête ses 43 ans après qu’on l’a vue partout – Le Festi­val de Cannes par ci, Roland Garros par là – sans jamais la nommer autre­ment que par un simple « Julie Gayet », celle que l’on ne peut évoquer autre­ment sous le manteau que comme « l’amou­reuse du président » a dépous­siéré la fonc­tion au point qu’elle n’en a pas, fina­le­ment… de fonc­tion.

Et puisqu’elle n’a aucun compte à rendre au peuple, elle en profite pour folâ­trer à sa guise au palais, devenu lieu de plai­sirs et non d’obli­ga­tions. Sa ligne de conduite ? Celle d’une « première amante 2.0 », débar­ras­sée des contin­gences du devoir ou des avan­tages de la nais­sance ou de la posi­tion.  Un proche du couple confie : « Julie est une fémi­niste convain­cue ». De quoi expliquer sa farouche volonté de se déga­ger de l’ombre du président. Et lui permettre de jouir d’une indé­pen­dance heureuse, quand bien même celle-ci, faus­sée, engendre une sorte d’omerta comique.

Ainsi, à l’heure où chacun connaît sa proxi­mité avec le PR après un coming out forcé en janvier 2014, Julie Gayet n’a jamais été autant invi­tée ou recher­chée.

Mais pas une récep­tion où on n’ose la mention­ner autre­ment que comme actrice et produc­trice. Et peu importe si personne n’est dupe de la raison pour laquelle, sur son passage, les flashs des photo­graphes se démul­ti­plient. Auprès d’elle, son entou­rage est clair : si on ne la connaît pas, mieux vaut éviter le sujet.

En appa­rence, elle se veut libre comme l’air. Bien entendu, en lui parlant, chacun sait qu’il peut se faire remarquer du PR. Et les dés sont pipés, d’ac­cord, mais au moins, c’est elle qui les lance. Julie Gayet, divor­cée du scéna­riste Santiago Amigo­rena dont elle a eu deux enfants, Tadéo et Ezéchiel, n’a pas l’in­ten­tion de se lais­ser passer la bague au doigt. Elle ne sera jamais « la femme de ». Ni celle qu’on enferme dans une prison dorée. Ce qui lui plaît ? Etre envi­sa­gée comme un PDG ou une actrice, et surtout pas comme une femme au foyer.  Du coup, quand elle commande des tissus chez Manuel Cano­vas pour les appar­te­ments privés de l’Ely­sée, elle fait signer une clause de confi­den­tia­lité. Le côté ména­gère de moins de 50 ans ? Très peu pour elle. Offi­ciel­le­ment, elle préfère faire savoir qu’elle est à la tête de trois socié­tés de produc­tion : Rouge Inter­na­tio­nal, Amarante Inter­na­tio­nal et Ciné­ma­phore. En 2013, elle co-réali­sait un docu­men­taire sur la place des femmes dans le cinéma et en profi­tait pour souli­gner leur sous-repré­sen­ta­tion – 20% seule­ment – au sein du métier. En 2015, habillée simple­ment, elle laisse ses enfants péda­ler dans les allées de la Lanterne – rési­dence secon­daire de la prési­dence à Versailles – comme si de rien n’était.

Rétive au proto­cole qui pour­rait contraindre sa vie de suffra­gette, quand bien même elle orga­nise des récep­tions au Palais selon Joey Starr qui a d’ailleurs évoqué son dîner à la table du président en décembre 2014 en présence de son ami Pierre Lescure, elle passe systé­ma­tique­ment par la grille de derrière pour rejoindre celui qu’elle appelle « son fiancé », comme dans toutes les bonnes comé­dies roman­tiques.

Avec elle, le soir venu, l’Ely­sée quitte le cadre austère des intrigues poli­tiques pour deve­nir le théâtre idyl­lique de sa compli­cité. Un lieu de fantasmes où jouer à cache-cache avec les conve­nances.

François Hollande dans sa vie ? Un homme qui ne l’em­pêche pas d’exis­ter. Ou la cerise sur son gâteau de femme comblée. Car pour la première fois, dans la labo­rieuse histoire de la vie intime de la prési­dence, sous les pavés casse-gueules de l’Ely­sée, une femme a su trou­ver la plage.

Gala.fr

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Une Réponse to “Julie Gayet: elle révo­lu­tionne l’Elysée?”

  1. Bouesso Says:

    Il faut prendre sa place…!

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