Côte d’Ivoire: « Seka Seka m’a badigeonné le visage avec le sang de mon chauffeur »

Procès Seka Seka, Abéhi  et autres militaires

Procès Seka Seka, Abéhi et autres militaires

Le procès des commandants Séka Séka et Abéhi Jean-Noël qui a ouvert ses portes hier, à la grande salle de l’État-major des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), promet d’être riche en révélations troublantes et pour le moins horifiantes.

Pour la première journée, le témoignage rendu par l’ex-ministre des Droits de l’Homme et porte- parole du  RDR, Joël N’guessan, sur les crimes de l’ex-chef de la sécurité de Simone Gbagbo, le commandant Séka Séka, a donné froid dans le dos. En effet, au cours de la lecture de l’ordonnance de renvoi, le greffier est revenu sur un récit émouvant qui met en évidence toute la cruauté de l’accusé. Selon l’accusateur, présent dans la salle en qualité de témoin, il a eu la malchance de croiser le chemin d’une patrouille commandée par Séka Yapo Anselme dit Séka Séka en avril 2011 alors qu’il partait rendre visite à des parents. Sur ses instructions, son aide de camp descend pour échanger avec ses frères d’armes.

Mais après avoir décliné l’identité de l’occupant du véhicule, il est abattu sans aucune forme de procès. L’exministre et son chauffeur sont arrêtés et conduits dans un immeuble. Le chauffeur y est froidement abattu par le commandant Séka Séka qui badigeonne le visage de Joël N’guessan avec le sang de sa victime. L’ex-ministre a eu la vie sauve grâce à son neveu, Stéphane Kipré, qui était en compagnie du tueur.

10 heures passées de quelques minutes, la cour présidée par Dembélé Tahirou fait son entrée dans la salle.

Après quoi, les prévenus, au nombre de 8 (tous des officiers), sont appelés à la barre pour la notification des charges retenues contre eux. Ainsi,

Jean-Noël Abehi, ex-Commandant du Groupement de l’escadron blindé d’Agban est poursuivi pour violation de consignes et désertion. Quant au Commandant Anselme Séka Yapo dit Séka Séka, il est poursuivi pour violation de consigne, meurtres, coups et blessures et détournement de deniers militaires. Les autres sont uniquement accusés de violation de consignes. Concernant l’attaque du siège du Rdr à Yopougon- Wassakara en décembre 2010 et le meurtre des femmes d’Abobo en mars 2011, il a été décidé de dissocier les deux affaires de l’actuelle procédure. « Il ne s’agit pas de dire que les prévenus sont innocents pour ces faits. Le dossier est confié au Tribunal civil. Il vaut mieux que ce soit ceux qui ont enquêté qui poursuivent. On ne veut pas perdre de temps », a expliqué le procureur militaire, Ange Kessy. Après la lecture de l’ordonnance, le tribunal décide du renvoi de l’affaire au mardi 9 juin prochain.

Donnant ainsi droit à la demande de la défense de lui accorder du temps pour mieux se préparer.

Des avocats ont été commis à la défense des accusés qui n’en avaient pas. Avec ce report, ces derniers pourront, selon Dembélé Tahirou, mieux s’imprégner des différents dossiers pour la bonne conduite de l’un des plus importants procès sur les exactions commises pendant la crise postélectorale.

Lepatriote.net par LO

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