Le Burkina dans l’attente d’une sortie de crise après le putsch

Les protagonistes de la crise au Burkina Faso discutaient dimanche à Ouagadougou d’un plan de sortie de crise après le coup d’Etat de mercredi, mené par le général Gilbert Diendéré. La tension reste cependant vive dans la capitale.

Plusieurs manifestations se sont déroulées ces derniers jours. Selon un dernier bilan hospitalier samedi, les violences qui ont accompagné le coup d’Etat ont fait au moins 10 morts et 113 blessés.

Dimanche matin, une centaine de sympathisants du général Diendéré ont fait irruption dans l’hôtel où les médiateurs négociaient. Ils ont saccagé le mobilier du hall et chassé à coups de cordelettes des anti-putschistes et des journalistes rassemblés devant l’établissement.

La médiation dure depuis plus de 48 heures. Elle est dirigée le président sénégalais Macky Sall, lequel préside aussi la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

Il est assisté du représentant de l’ONU en Afrique de l’Ouest Mohamed Ibn Chambas. Le général Diendéré -proche du président déchu Blaise Compaoré- et des représentants de la classe politique et la société civile ont pris part aux pourparlers.

Propos rassurants
La présidence sénégalaise avait annoncé samedi travailler sur un scénario « qui pourrait très fortement conduire au retour » du président de la transition Michel Kafando.

Le président béninois Boni Yayi, également médiateur, a promis « une bonne nouvelle ». Il a laissé entendre qu’il pourrait s’agir d' »un retour » aux institutions en place avant le coup de force du Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP).

Le général Diendéré s’est aussi montré rassurant samedi, déclarant: « Je n’ai jamais dit que j’allais conserver le pouvoir ». Rien n’a filtré en revanche sur les éventuelles garanties ou contreparties offertes aux putschistes.

Elections prévues en octobre
Le Régiment de sécurité présidentielle (RSP) commandé par le général Diendéré a renversé le gouvernement de transition. Il a annoncé jeudi la création d’un « conseil national pour la démocratie ».

Gilbert Diendéré est un proche de Compaoré, dont il fut le chef des renseignements. Il a affirmé que l’ex-président n’a joué aucun rôle dans le renversement du pouvoir.

Le coup d’Etat, a-t-il expliqué, a été mené pour empêcher le démantèlement de la garde présidentielle et parce que plusieurs anciens alliés de Compaoré n’étaient pas autorisés à se présenter aux élections. Celles-ci sont prévues le 11 octobre et sont censées parachever la transition.

Nombreux précédents
Le putsch a été condamné notamment par les Etats-Unis et par la France, ancienne puissance coloniale. Les Nations unies ont réclamé la reprise du processus de transition démocratique.

Le Burkina Faso a connu depuis son indépendance en 1960 de nombreux coups d’Etat militaires. Le général Diendéré avait joué un rôle clé dans le putsch de 1987 qui avait porté au pouvoir Blaise Compaoré et s’était soldé par la mort du président Thomas Sankara.

Romandie.com

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