Salvador : l’évêque Romero lapidé et diffamé par certains évêques

Cité du Vatican – L’archevêque de San Salvador, Mgr Oscar Romero, assassiné en 1980, a été diffamé, traîné dans la boue, lapidé par certains évêques et des prêtres, avant et après sa mort, a déclaré vendredi le pape François.

L’archevêque, béatifié en mai dernier et qui pourrait être canonisé assez rapidement, avait été assassiné par balle en 1980 par un membre d’un commando d’extrême droite parce qu’il défendait les paysans pauvres expulsés de leurs terres.

Le pape argentin, qui a exprimé à plusieurs reprises sa proximité avec ce prélat plutôt conservateur mais qui défendait les plus pauvres, a très vivement attaqué, en recevant une délégation de l’Église du Salvador, ceux qui dans l’Église l’ont diffamé.

Improvisant à la fin de son discours, Jorge Bergoglio a estimé que le martyre de Mgr Romero ne fut pas seulement au moment de sa mort : il avait commencé avant, avec les souffrances subies du fait des persécutions ayant précédé sa mort.

Son martyre a continué aussi postérieurement, parce qu’il ne suffisait pas qu’il soit mort : il a été diffamé, calomnié, traîné dans la boue. Son martyre a aussi continué de la main de ses frères dans le sacerdoce et dans l’épiscopat, a estimé le pape.

Seul Dieu connaît l’histoire de la personne. Et il voit qu’ils la lapident avec la pierre la plus dure qui ait jamais existé : la langue, a martelé le pape François.

L’archevêque des pauvres, qui n’avait pas hésité à s’en prendre à l’oligarchie des grands propriétaires terriens de son pays, avait été béatifié trente-cinq ans après sa mort. Il avait été accusé par certains prélats latino-américains d’être un déséquilibré, un marxiste, un homme manipulé par les théologiens de la libération qui lui écrivaient ses discours incendiaires.
Son procès de béatification, qui a duré un total de 19 années, a longtemps été bloqué au Vatican. C’est l’avènement de François, premier pape latino-américain, qui a accéléré les choses et donné le feu vert à sa béatification.

Oscar Romero est devenu le symbole en Amérique Latine d’une Église comme la veut le pape François : ferme sur la doctrine et engagée en faveur des déshérités. Nul doute que le pape souhaiterait sa canonisation assez rapide.

Le commentaire particulièrement cinglant du pape s’inscrit dans une période tendue au sein de la hiérarchie de l’Église, François étant critiqué par les plus conservateurs pour son ouverture vis-à-vis de ceux qui ne sont pas en règle.

Romandie.com avec(©AFP / 30 octobre 2015 16h41)

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