Congo: L’Affaire Tandja Bachir et le mysticisme de Sassou qui fait absorber aux Congolais ses selles pour engourdir leur conscience

Note aux lecteurs : Pour comprendre profondément ce texte, nous vous conseillons de lire, d’abord, l’interview que son auteur a fait paraître sur ce même site (www.afriqueeducation.com), ce mardi, 2 mai, à 15h03. C’est tout simplement déconcertant.

Le travail diabolique de Tandja auprès de Denis Sassou-Nguesso

La mission de ce magicien consistait à travailler sur les excréments de Sassou que Jean Dominique Okemba (JDO) lui transmettait pour être répandus, deux fois par semaine, dans les citernes d’eau potable des villes de Brazzaville, Pointe Noire et Dolisie afin d’endormir tous ceux qui en usent pour leurs besoins quotidiens (consommation directe, cuisine, bain, lessive, nettoyage, etc). Tandja dit que son travail de maraboutage et d’envoûtement du peuple congolais a pris fin le 15-4-2015 après 18 ans d’incantation magico-fétichiste au profit de Sassou et de ses deux enfants qu’il destine à la politique ( Christel et Claudia.) Ayant discerné que la vie politique de Sassou a spirituellement pris fin, il ajoute que son client n’a pas accepté la solution alternative qu’il lui a proposée tendant à lui garantir l’inviolabilité judiciaire et politique à la fin normale de son mandat en août 2016. La nouvelle version du travail mystique de Tandja devrait consister à faire de Sassou «  un retraité doré et adulé par toute l’Afrique un peu comme un second Mandela pour l’Histoire. Mais à ma grande déception, il tomba aussitôt dans un état de total désarroi et insista sur sa vision de présidence à vie, devant Jean Dominique Okemba et Emmanuel Yoka ». C’était le 15 avril 2015. Selon Tandja, Sassou qui veut s’incruster au pouvoir, se serait tourné vers l’Inde où les magiciens lui auraient demandé des sacrifices colossaux de 10.000 âmes et 2 milliards de dollars US  pour un travail que, lui, Tandja connaissant les circonstances, juge, désormais, inopérant spirituellement du fait que le pouvoir de Sassou est arrivé à son terme.

Je suis néanmoins persuadé qu’il y a une part incontestable de vérité dans ses révélations, d’autant plus qu’il évoque, par ailleurs, l’intervention non contestée de certains personnages du pouvoir dans l’opération d’envoûtement, qu’il s’agisse de JDO, d’Emmanuel Yoka, de Tsienzel et, bien sûr, de ses deux enfants directement concernés. Le nom du Ministre, Pierre Mabiala, cité par Tandja, dans l’envoûtement de ses propres parents de Dolisie, en sa compagnie, ne l’a pas été par hasard, même s’il ne lui parait pas évident que ce chaud partisan sassouiste connaissait «  les détails » de sa mission sur le terrain. Mais, il n’est pas nécessaire qu’il ait connu les détails, en l’espèce, magico-fétichistes, de la mission. Il suffisait qu’il ait su l’objet du déplacement de Tandja, sujet étranger en terre Diangala, pour en être partie prenante. Tandja se défend d’avoir été à l’origine de la mort de Mgr Kombo qui aurait été mis «  au courant du rituel de l’eau ». Et de préciser que son client lui prescrivait parfois de travailler au cas par cas sur certains dignitaires civils et militaires, parmi lesquels Tsaty Mabiala, Dzon, Mierassa, Mpouélé, Okombi Salissa, Parfait Kolélas dont les travaux mystiques «  n’avaient pas connu leur achèvement suite à un désaccord avec son client en présence d’Emmanuel Yoka ».

Que s’est-il passé lorsque j’ai été informé de la souillure de l’eau publique

Cela étant, mon témoignage se veut antérieur et imparable, c’est-à-dire, prenant racines au sein du peuple, bien avant que Tandja n’eût commencé de réaliser les faits par lui relatés. Cela pour souligner que l’envoûtement par Sassou-Nguesso des consommateurs de l’eau potable de la SNDE est une pratique avérée qui date des années quatre-vingts. J’étais alors ministre du Commerce et des PME, lorsque je fus informé le 12 mai 1988 des pratiques nauséabondes, ignominieuses et démoniaques du président, consistant à déverser ses excréments, urines et déchets corporels, dans l’eau potable des agglomérations urbaines de Brazzaville-Pointe- Noire et Dolisie. Bravant la mort, je pris mon courage à deux mains, pour faire savoir indirectement au président que j’étais au courant en les désapprouvant de ses faits et méfaits. Je prescrivis alors à une entreprise étrangère qui opérait dans notre pays de construire, à Mpila, à un jet de pierres de sa résidence privée présidentielle, sur un terrain vide, vers le siège du Syndicat unique, une usine d’épuration et de mise en bouteille d’eau potable. Mais, lorsqu’il s’en aperçut, informé par ses services, le président piqua une colère rouge  et donna illico presto à ses hommes de basse besogne l’ordre de détruire l’usine au moment même où elle était devenue presque opérationnelle, employant une quinzaine de travailleurs congolais et deux techniciens expatriés. Dépassant ma déconvenue, je voulus m’expliquer devant le Chef de l’Etat, mais il refusa de répondre à mes demandes réitérées d’audience.

Au Conseil des ministres, son regard devenait fuyant pour ne pas croiser le mien. J’étais devenu une espèce de pestiféré qui attendait d’être débarqué du gouvernement dès le prochain remaniement ministériel. Ce qui ne me perturba guère. Par cette action inouïe, j’avais pour ainsi dire engagé avec une certaine dose d’audace, un conflit dont je redoutais qu’il me conduisît à la tombe. Mais comment aurais- je pu m’en laver les mains, sans jeu de mots, eu égard à la monstruosité du crime, moi qui prétends toujours œuvrer avec abnégation pour le bien commun ?

Ma nomination au poste de Premier ministre

Sur ces entrefaites, intervinssent les préparatifs du 4ème Congrès ordinaire du parti unique(PCT) dont j’avais refusé, dès l’origine, d’être membre. Au terme de ce Congrès qui se tint du 26 au 31 juillet 1989, le président me fit, contre toute attente, une surprise de taille puisqu’il m’éleva au poste tant convoité de premier ministre et, par ricochet, au Bureau politique du PCT. Bien que saluée par les observateurs extérieurs et l’opinion nationale, la décision du président prit, de court, l’intelligentsia politique de l’intérieur, le nouveau promu que j’étais n’étant ni membre confirmé ni a fortiori apparatchik du PCT, comme il se devait.

Quant à moi-même, pris dans l’engrenage de l’eau souillée qui avait désarçonné le chef de l’Etat, je fis contre mauvaise fortune bon cœur. Je savais que la décision du président participait d’un stratagème savamment orchestré tendant à me rapprocher de lui, moi qui lui étais distant et susceptible de divulguer, s’il n’y mettait un terme, le secret (qui n’est point un secret d’Etat) de la souillure de l’eau publique. En même temps, je craignais de devenir perméable à toutes nuisances de sa part. Mais un adage Vili dit : lorsque l’hippopotame apparaît au milieu du Fleuve, la pirogue ne peut plus chavirer. C’est quand il est sous l’eau qu’il est dangereux. Comme flic et fin politique, Denis Sassou-Nguesso sait mieux que quiconque qu’on attrape plus facilement une mouche avec du miel qu’avec du fiel. Il avait donc plus à gagner en me nommant à ce poste qu’à toute autre fonction. Toujours est-il que, tiraillé entre l’acceptation enthousiaste et le refus grincheux du poste, je m’inclinai sur la perspective, même risquée de peser sur le redressement d’une situation nationale fortement obérée.

Mon séjour de travail ou plutôt de farniente à Oyo

Ce n’est point l’intérêt général qui m’avait destiné en ce lieu, on le voit bien, mais la volonté diabolique du timonier de me faire comprendre que j’étais sous sa coupe, pour être jaugé et soumis à toutes sortes d’intimidations sordides. En fait, il s’attendait à ce que je perdisse à défaut de la vie, les forces ou l’intégrité physique, mais, je lui prouvai le contraire, sans rien céder en quoi que ce fût jusqu’à l’heure présente. Même si, sur la route, mon véhicule, se retrouva dans le décor après Gamboma. Fort heureusement, personne parmi la petite équipée qui m’accompagnait ne fut atteint, grâce au Seigneur. Le stratagème mis en place par le président Sassou n’avait pas fonctionné, de sorte que j’ai gardé par devers moi, le secret des excréments et urines, sans jamais le révéler à qui que ce soit, d’où sa détermination inexpugnable de me pourchasser sur toutes les latitudes. Maintenant que Tandja s’est mis à dévoiler l’affaire aux termes d’un contentieux de gourou à client, je crois devoir souligner ce qui suit, à mon corps défendant. Aux consommateurs de l’eau publique du Congo, autant vaut dire à tout le peuple congolais, je commence par dire qu’elle est toujours et de plus en plus infectée d’excréments et d’urines par Denis Sassou-Nguesso, le maître des lieux. Voici comment :

Sassou-Nguesso, un véritable démon, je l’ai déjà écrit en d’autres circonstances

Dans l’arsenal mystico-fétichiste hérité de Julien Nguesso, alias Poro-Poro, et dont JDO est devenu aujourd’hui au sein de la famille le grand maître incontesté, figurent entre autres sorcelleries et gris gris, le « Rite d’influence » consistant à souiller d’excréments et d’urines l’eau de la pompe, à partir des cuves publiques et ce, pour annihiler la conscience des consommateurs et ainsi les soumettre à l’action et à la personne du chef de l’Etat. Il s’agit des excréments et urines à l’état brut, mixés des eaux de douche qu’il faut épandre dans les cuves, puits et nappes d’eau potable agrémentés d’une formule incantatoire en langue Mbochi sortie des pratiques mystico-fétichistes et transmis par Poro-Poro à Valentin Ambendé, son fils aîné. Sassou Nguesso a longtemps pratiqué le Rite d’influence depuis son accession au pouvoir le 5 février 1979, d’abord, sur Brazzaville, puis, Pointe-Noire et Dolisie. Plus le champ d’épandage des excréments et urines est réduit, plus efficace est le résultat attendu. De même, plus les eaux qui sortent de la pompe sont rares et colorées, mieux, cela vaut, à telle enseigne qu’il n’est pas étonnant que les Congolais souffrent de manque ou de rareté d’eau depuis des lustres induisant diverses maladies diarrhéiques. Et cela ne changera point tant que Sassou restera au pouvoir. Car qui dit abondance d’eau dit amoindrissement de «  l’effet Excréments ».

Le Système semblait fonctionner à la satisfaction du président Sassou-Nguesso jusqu’à la Conférence nationale souveraine de février 1991. Mais le flot d’injures et de récriminations ainsi que sa mise en cause par les conférenciers, firent douter le dictateur de sa réelle influence auprès de l’opinion populaire et donc, de son système fétichiste. C’est ainsi qu’à son retour au pouvoir après la guerre du 6 juin 1997, il s’est tourné vers Tandja Bachir dont plusieurs sources africaines attestaient d’une certaine efficacité dans l’envoûtement de masses. Tandja, tout en pratiquant le rite des excréments, y ajoute le travail mystique et spirituel en limitant la charge pondérale de matières fécales nécessaires et en élargissant le spectre d’épandage et d’absorption du produit fini dûment travaillé.

Sassou-Nguesso tente en vain de souiller les eaux du fleuve Kouilou-Niari

Avant Sassou-Nguesso, son devancier de l’autre côté du Fleuve Congo, Mobutu Sesse Seko pratiquait à profusion le rite des excréments pour séduire ou réduire le peuple zaïrois sous ses pieds. Selon son propagandiste, puis ,pourfendeur post mortem, Dominique Sakombi Inongo, ancien ministre zaïrois de l’Information, le grand léopard envoûtait les populations en agissant sur les eaux du fleuve Zaïre (Congo) depuis le Lualaba jusqu’à l’embouchure. Un travail laborieux d’envoûtement plus spirituel que matériel, cela s’entend, compte tenu de l’étendue du territoire et de l’incommensurable quantité des eaux charriées par le Fleuve Congo. Mais Sakombi souligne qu’une myriade de sorciers, féticheurs, marabouts, magiciens et gourous de tous les continents étaient mis à contribution pour tenter d’apprivoiser le fleuve au profit de Mobutu qu’il a vu, de ses propres yeux, dit-il, boire quantités de sang humain.

Denis Sassou-Nguesso est du même acabit, qui avait voulu procéder pareillement sur le Fleuve Kouilou s’il ne s’était heurté à la résistance des génies tutélaires. Ces demi-dieux gèrent spirituellement le Mayombe et les contreforts des Plateaux Koukouya dans lesquels le Kouilou prend sa source avant de traverser les départements de la Bouenza et du Niari. L’on sait que Sassou a toujours fait flèche de tout bois en sillonnant le Kouilou profond afin d’y recueillir les indices du pouvoir spirituel des Rois Loango. Lors de ses pérégrinations, il était arrivé jusqu’au Site Sacré de Tchintanzi où il s’était fait consacrer « Pasteur Supérieur » de l’Eglise du christianisme prophétique en Afrique fondée par le prophète Sry Lassy Simon Zéphyrin. J’en ai dit un mot lapidaire lors de mon interview parue dans le bimensuel Afrique Education n° 414 du 1er au 15 mai 2015.

Sassou Nguesso et Jean Dominique Okemba, deux frères siamois

Évidemment, si Tandja Bachir a cessé le 15 avril 2015, comme il le dit, lui- même, de faire le rite mystico-spirituel des excréments au profit de Sassou-Nguesso, celui-ci continue à bénéficier du rite hérité de Julien Nguesso, poursuivi par son fils aîné, Valentin Ambendé Nguesso, puis, par Jean Dominique Okemba, dit JDO en sa qualité de fils adoptif et spirituel de Valentin. JDO est par conséquent neveu par alliance de Sassou par son demi-frère Valentin interposé. Mais, il jouit d’une indéniable auréole mêlée de crainte dans la famille du fait qu’il détient les secrets de Poro Poro à lui légués par Valentin.

Sassou et Okemba sont comme deux frères siamois pour les besoins de la cause, bien que de sang et d’origine différents. Celui-ci est arrivé à Edou venant d’ Ondébé, localité voisine, sur le dos de sa mère remariée à Valentin, celui-là dans le ventre de la sienne venant de Pointe-Noire où son mari Julien officiait depuis 1936 comme maître féticheur, conférant force mystique aux agents administratifs et privés de tous genres, aux jeteurs de sorts, aux commerçants mercantilistes, aux pêcheurs marins, bref, aux aventuriers de l’irrationnel. Eux tous ne cessaient de s’en répandre à Pointe- Noire, sur les pouvoirs du grand féticheur de la lointaine contrée de l’Alima, en pays Mbochi. Les deux comparses ainsi venus d’ailleurs, se sont par un extraordinaire concours de circonstances avantageusement greffés comme des plantes adventives sur la famille Nguesso au petit village Edou, par le biais de leurs mères respectives.

A les confronter sur toutes les coutures, on s’aperçoit que plus tard, ils se sont faits respectivement Kani et Obali dans l’ordre traditionnel et profane, Grand Maître et Grand Maître-Adjoint dans l’ordre maçonnique et sacré, président et vice-président dans l’ordre politico-administratif, homme et femme dans le désordre magico-sexuel. Bref, depuis que Valentin a cessé de vivre, Sassou et Okemba vivent l’un dans l’autre. Plus qu’une simple parenté de circonstance, Sassou et Okemba ont opéré une véritable fusion osmotique. Auréolés de leurs pouvoirs politiques, fétichistes, économiques et sociaux, ils ont déclassé les autres membres de la fratrie Nguesso, jusque et y compris le plus représentatif d’entre eux en la personne de Maurice Nguesso, actuel fils aîné survivant de Poro-Poro.

Mais l’homme d’affaires multicartes comme il se surnomme, n’est pas en reste, qui en a profité dans l’ordre capitaliste. Et ce n’est pas le moindre des avantages du sassouisme régnant que d’aplanir les difficultés les plus antagonistes avec l’argent public et les avantages exorbitants du droit commun comme la possession privative d’un puits de pétrole au large de Pointe-Noire. JDO partage avec son compère de président à peu près les mêmes honneurs de la République. Comme vice-président de fait, il détient un quota sur le choix des ministres et des hauts fonctionnaires publics. Il reçoit, en contrepartie, reconnaissance de la part de ces derniers dans la distribution du gâteau national. Il est respecté comme autorité supérieure hiérarchique susceptible de prononcer des sanctions.

Tout se passe comme si le pays était dans la «  République des Copains et des Coquins » brocardée par Michel Poniatowski, éminence grise de Giscard d’Estaing. Les deux compères se montrent toujours ensemble en public, s’assoient côte à côte au cours des cérémonies, voyagent dans le même avion. Il est arrivé même que JDO se dise malade en cas de voyage, alors, à défaut d’être embarqué contre son gré, le voyage est différé. Une situation ubuesque qui tient, non pas tant à l’inséparabilité physique des deux compères (notre photo montrant JDO et Sassou Nguesso) qu’à la peur d’un éventuel mauvais coup de la part de JDO. Car Sassou-Nguesso, de nuit comme de jour, en mangeant ou en dansant, reste extrêmement vigilant. C’est en vérité un homme ombrageux.

Denis Sassou devenu Denis Sassou-Nguesso au seuil de sa carrière politico-militaire, a été coopté dans la famille du patriarche d’Edou, partageant avec Valentin (feu), Maurice, Alphonse (feu) le destin chevaleresque d’un père chasseur et mystico-féticheur. Il est devenu par la force des choses le plus valeureux et adulé d’entre eux. Mais il ne semble pas avoir eu la primauté mystique de la part du patriarche qui, au contraire, le boudait jusqu’à la fin de son cycle scolaire primaire à Fort-Rousset (actuellement Owando) et son départ à Mbounda (Dolisie) pour sa formation d’instituteur. C’est que, d’une manière générale, la nature vient toujours au secours des enfants malaimés, orphelins ou adultérins.

Après avoir refusé en 1960 une affectation en vue de servir au Nord du Pays, Sassou-Nguesso bénéficie d’une intégration dans l’armée. Il part à Bouar en Centrafrique pour un stage militaire avant d’obtenir une formation à Cherchell en Algérie. Lorsqu’il revient au Pays, en 1962, il a une seule idée en tête : devenir chef de l’Etat à tout prix. Quant à JDO, l’actuel titulaire de l’héritage spirituel des Nguesso, le détenteur des codes secrets, il a, lui aussi, été greffé sur la famille Nguesso, sans toutefois en porter le nom. Il a dû trouver en Sassou un acolyte tout indiqué pour partager avec lui l’une des sorcelleries les plus avides de sang encore opérationnelles en Afrique en plein vingt et unième siècle.

Qu’il s’agisse de l’exercice du pouvoir politique, des empoisonnements, du jet des sortilèges, de l’autoprotection mystique, de l’attirance amoureuse (musélébendé) des relations extérieures, etc. Sassou-Nguesso ne décide rien sans en référer à l’avis de JDO. Mais, à aucun moment, le président Sassou-Nguesso ne s’est départi de sa prudence instinctive et policière qui fait de lui un homme des coups fourrés et un véritable génie du mal au Congo, depuis sa prime enfance jusqu’à nos jours. Tout ce qu’il fait de mal lui réussit, comme s’il avait noué un pacte avec le diable. Sauf qu’il ne peut pas se passer de JDO, qui connaît les codes secrets de la sorcellerie familiale.

La succession de Sassou-Nguesso telle qu’elle se dessine en perspective

Ce n’est pas pour rien que JDO convoie les excréments de Sassou-Nguesso jusqu’à Tandja le gourou, n’étant pas l’âme dévote et désintéressée qu’on pourrait imaginer. S’il se rabaisse à ce point, c’est qu’il se voit payé de retour par Sassou auquel de surcroît, il entend succéder sur le fauteuil présidentiel du Congo. Et cette succession n’est pas limitée à la politique, elle s’étend à la Famille Nguesso, aux enfants et, tenez-vous bien, à la femme, en cas de décès de Denis. Il n’est pas exclu que cette perspective lui déplaise, hormis la souffrance que cause la perte d’un mari cher.

Antoinette Sassou-Nguesso, c’est d’elle que je parle, parait être la pièce maîtresse du puzzle complexe que tisse patiemment JDO. Il sait mieux que quiconque que c’est grâce à la première dame que son colistier a pu apprivoiser une partie fût-ce infime, des pouvoirs ancestraux des Maloango. Voyez comme un simple bâton informe remis récemment par un Sage du Kouilou à un candidat à la présidentielle, de passage dans le Mayombe, a pu effaroucher Sassou-Nguesso et son épouse qui se sont ainsi vus concurrencer dans ce qu’ils croyaient être leur champ clos d’intrigues et de manipulations. Car assurément, le Kouilou ce n’est pas seulement le pétrole si prééminent qu’il soit au plan matériel ; le Kouilou c’est aussi et surtout la richesse spirituelle des Maloango, eux qui, dans l’Ancien Royaume Loango ont symbolisé la suprême Autorité. Pour le Clan Nguesso, tous ceux qui, comme la première dame ont des yeux troués, caractéristiques de l’intelligence nocturne, doivent être adulés ou exterminés. Qu’on se reporte à mon interview précitée sur les richesses spirituelles du Kouilou et sur l’ouvrage de Sacripenti.

La guerre succession sur le fauteuil de Denis Sassou-Nguesso

Mais, j’entrevois une guerre ouverte entre JDO et certains enfants, sachant que Sassou-Nguesso, au mépris de ses engagements, porte sa préférence sur ces derniers plutôt qu’à son colistier. La dévolution successorale du pouvoir politique actuellement détenu par de Sassou-Nguesso pourrait échoir à l’un des enfants, en l’occurrence à Christel dont les excréments sont avec les siens l’objet de rites magiques de la part de Tandja. Ce qui risque de susciter le courroux orageux de JDO. Certes, celui- ci sait avec l’opération Tandja que Christel et Claudia sont directement partie prenante avec le Père au rite d’influence par le dépôt de leurs propres excréments et urines, mais, ce n’est pas, rétorque-t-on du côté de Sassou, pour accéder à la présidence de la République qu’ils le font, mais, pour entrer dans la vie politique sans entraves et sans risques. C’est du reste un des aspects de la personnalité de Sassou-Nguesso que de ne pas tenir ses engagements, tout en faisant jusqu’au bout, une large part aux apparences, son art favori de l’enfumage, au détriment de la réalité convenue.
Il y a aussi le Clan des Mbochi Alima actuellement à l’affût et qui a toujours servi aux côtés du Maître dans les coups fourrés. Rien ne pourra se faire sans ou contre eux. On prête au général Pierre Oba, le représentant de cette Aile agissante, la déclaration du 20 juin 2015 selon laquelle : « Si Jean Dominique Okemba fait un coup d’état à midi, à 14 h je lui fais un coup d’état et je les mets en prison lui et Jean François Ndenguet ». Etait-ce pour rassurer Sassou de son indéfectible soutien ? Ou bien pour épouvanter JDO dans ses lubies ? Il semble néanmoins que ces Mbochi Alima soient disposés à passer sous l’égide et au service du Fils, qu’on surnomme déjà MOUANA NDEYA (le Fils de l’Espoir) au sein de l’Oyocratie, si leurs intérêts sont garantis, à moins qu’ils ne soient tentés par la voie de la force, qui a tant réussi au Maître avec leurs actifs concours.

L’affaire des excréments, source de mon conflit lancinant avec Sassou-Nguesso

La pollution, l’infestation de l’eau publique par ses excréments, les fétiches, la sorcellerie, les totems, l’élimination physique d’opposants et concurrents potentiels en sont pour beaucoup. Il place dans le rite des excréments une confiance quasi-absolue de neutralisation des consciences de tous ceux qui se servent de l’eau publique, Nationaux ou Étrangers en séjour au Congo, dans le lugubre dessein de se perpétuer au pouvoir en subjuguant tout le monde. A cause de cette histoire macabre, je m’étais vu dans l’obligation de démissionner le 3 décembre 1990 du poste de premier ministre auquel il m’avait, par calcul machiavélique plus que par souci de bonne gouvernance, promu pour m’avoir à l’œil. Ma démission même fut par lui considéré comme un casus belli.

Du 12 mai 1988 au 3 décembre 1990, j’avais fait plus que résister mais la pression devenant de plus en plus forte, et nos rapports de travail se distendant au jour le jour, mon retrait s’imposait afin de lui permettre de nommer un nouveau premier ministre à sa dévotion. Parbleu ! Pourquoi devrais-je demeurer à un poste aussi risqué, que je n’avais pas sollicité, sans pouvoir donner le maximum de moi-même pour l’intérêt général ? Il m’a nommé à cette fonction pour la galerie, comme pour m’appâter, de la même façon qu’on attire un poulet avec un grain de maïs pour l’attraper et le passer à la casserole.

Hélas pour «  l’Homme des Actions concrètes », le promu n’était pas tombé de la dernière pluie. Voilà ce que je n’ai jamais dit ni écrit, qui est en réalité la cause fondamentale du malheur lancinant qui me poursuit. Là où il a réussi et je le dis la gorge serrée, c’est que son obsession diabolique contre ma personne m’a coûté comme dégâts collatéraux, l’empoisonnement à mort de quatre proches sans histoires, le dernier étant intervenu récemment en 2015. Comme on peut en convenir, c’est là un lourd deuil dont je demeure inconsolable, et pour lequel je m’en remets humblement à mon Seigneur. Sans compter les 23 empoisonnements que j’ai subis à titre personnel, qui se sont avérés inopérants, grâce à Dieu et que je pardonne à l’ignoble criminel aux pratiques plutôt lâches. A tous ceux que ce témoignage insolite verra, je le recommande, moins pour être suivi que pour servir de mise en garde. Qui a des oreilles pour ouïr qu’il entende, dit l’Évangéliste Matthieu

Afriqueeducation.com par Alphonse Souchlaty Poaty, Ancien premier ministre, chef du gouvernement du Congo-Brazzaville (sous la présidence de Denis Sassou Nguesso).

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  1. La revue de Claire Says:

    Enfin, c’est pas joli tout ça

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