La présidente brésilienne affronte les sénateurs avant l’éviction

La présidente du Brésil Dilma Rousseff est arrivée lundi au Sénat à Brasilia pour se défendre personnellement dans son procès en destitution. Ce sera son ultime intervention avant une probable éviction, point final à 13 ans de règne de la gauche.

Plusieurs centaines de ses partisans ont accueilli la dirigeante, souriante à son arrivée vers 9h00 (14h00 en Suisse). Ils chantaient « Dilma, guerrière de la patrie brésilienne », brandissant des pancartes du Parti des travailleurs (PT) et des fleurs à lui remettre en guise d’encouragement.

« Nous avions l’espoir que ça n’irait pas aussi loin, c’est pour ça que je me sens indignée », confiait une manifestante, Marlene Bastos, 65 ans, professeure à la retraite.

Vote final mardi ou mercredi
Tous les pronostics sont contre l’ex-guérillera de 68 ans, emprisonnée et torturée sous la dictature militaire (1964-1985). Mais Dilma Rousseff vient à ce rendez-vous historique « décidée, préparée pour la bataille », a déclaré aux journalistes le député Silvio Costa (PT do B, parti allié du PT).

Elle aura la parole durant 30 minutes et décidera ensuite si elle accepte ou non les questions des parlementaires. Le cas échéant, ils disposeront chacun de cinq minutes pour s’exprimer.

Puis suivront de longs débats et le vote final, attendu mardi ou mercredi. Un « oui » des deux tiers des sénateurs – 54 sur 81 – est requis pour prononcer la destitution, qui serait une première dans l’histoire du Brésil.

Accompagnée de Lula
Tous les sondages indiquent qu’une grande majorité des sénateurs sont favorables à l' »impeachment ». Pour les affronter lundi matin, Mme Rousseff était accompagnée de son mentor politique, l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), du célèbre chanteur engagé à gauche Chico Buarque et d’une douzaine d’anciens ministres.

Depuis des mois, celle qui avait été la première femme élue à la tête du Brésil en 2010 clame son innocence. Elle crie au « coup d’Etat » institutionnel ourdi par le principal bénéficiaire de la manoeuvre: son ancien vice-président devenu rival, Michel Temer (PMDB, centre droit), 75 ans.

Popularité à 13%
M. Temer assure l’intérim depuis la suspension de la présidente le 12 mai par un vote de plus des deux tiers des sénateurs. Il gardera les manettes jusqu’aux élections présidentielle et législatives fin 2018 si elle est destituée.

Si Mme Rousseff est écartée du pouvoir, elle ne pourra plus occuper de fonctions publiques pendant huit ans. Si elle est innocentée, cette économiste dont la popularité stagne à 13% retrouvera son mandat.

Romandie.com avec(ats / 29.08.2016 15h24)

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