France/Normandie: un médecin suspendu après la mort d’un bébé de 5 mois

Pour le Conseil de l'Ordre des médecins, il y a eu des "manquements graves aux obligations déontologiques" du praticien. Photo d'illustration.

Pour le Conseil de l’Ordre des médecins, il y a eu des « manquements graves aux obligations déontologiques » du praticien. Photo d’illustration.AFP PHOTO / Francois Lo Presti

Le 30 septembre, un médecin de l’Orne a été suspendu après le décès d’un enfant. En cause: un interrogatoire insuffisant de la mère et une prescription approximative. Le praticien va faire appel.

« L’interrogatoire très insuffisant de la mère par le docteur B. n’a pas été à même de porter un diagnostic pertinent de l’urgence. » Le 30 septembre, dans une décision transmise à L’Express, la chambre de discipline du conseil régional des médecins de Basse-Normandie a décidé de suspendre pour un an -dont six mois avec sursis-, un médecin urgentiste de l’Orne, après la mort d’un enfant. Elle fait suite à une plainte de l’ARS de Normandie (Agence régionale de santé), le 18 janvier dernier. « Une procédure systématique dans ce genre d’affaire », précise l’institution.

Dans la nuit du 4 au 5 mai 2015, le praticien qui travaillait pour le centre d’appel du Samu d’Alençon n’aurait pas pris en charge correctement la mère d’un nourrisson de cinq mois. Ce dernier est décédé quelques semaines plus tard, dans des conditions que l’ARS a refusé de préciser à L’Express. Dans la décision du Conseil de l’Ordre, d’abord relevée par le Point, les professionnels soulignent une « prescription approximative », des « manquements graves aux obligations déontologiques » et « une insuffisance de compétence professionnelle » du médecin.

Des hésitations dans la prescription

En mai 2015, le docteur B. partage son temps entre l’hôpital des Andaines, à la Ferté-Macé, dans l’Orne, où il officie en tant que praticien généraliste et le Samu, où il tient une garde au centre d’appel depuis chez lui. Il est environ 3h30, le 5 mai, quand l’assistant de régulation du Samu lui passe par téléphone une mère de famille. Selon un enregistrement de la conversation transmis à la Chambre Disciplinaire de l’Ordre des Médecins, elle indique que son nourrisson présente « une fièvre à 40°C et une respiration rapide ». Le médecin préconise alors à son interlocutrice une prise de Doliprane et un bain tiède pour son enfant. Il ajoute que si la fièvre persiste, il faut qu’elle se rende aux urgences.

La mère lui demande la dose de paracétamol qu’elle doit donner à son nourrisson de 6 kilos, sachant qu’elle n’a en sa possession que du sirop, sans pipette pour le doser. Là, le praticien hésite. D’abord, il lui indique qu’elle peut se munir d’une cuillère à soupe, puis d’une cuillère à café. Il oscille ensuite entre une cuillère et demi, puis se reprend et en prescrit deux. On ne sait pas quelle dose de médicament a ensuite été administrée au bébé.

« D’autres praticiens sont intervenus dans cette affaire »

« Faute d’interrogatoire suffisant, le docteur B. n’a pu savoir que l’enfant était né prématurément à 35 semaines, qu’un rappel de vaccins avait été fait la veille et qu’un souffle cardiaque avait été diagnostiqué à cette occasion », déplore le Conseil de l’Ordre. Les professionnels regrettent aussi que le médecin ne se soit pas assuré « de la suite de la prise en charge médicale ». Après la prise de Doliprane, l’enfant a été « hospitalisé dans l’après-midi en état comateux ». Il est décédé à la fin du mois de juin 2015.

La famille du bébé a déposé plainte contre le médecin, mais elle a été classée sans suite. En plus de la suspension pour six mois, la chambre disciplinaire du Conseil de l’Ordre a aussi prononcé une « injonction de formation dans le domaine de la régulation médicale » à l’encontre du docteur B. Ce mardi, Me Olivier Langeard, son avocat. a indiqué à L’Express que son client allait interjeter appel de ce jugement. L’affaire devrait alors être examinée par la chambre disciplinaire nationale.

Le médecin, « qui a plus de 20 ans d’expérience », « est très mal », ajoute son défenseur. Il critique une décision « inadaptée et disproportionnée » alors que son « client exerce à la permanence téléphonique du Samu une place que personne ne veut ». L’avocat déplore aussi le fait que l’ARS « n’a sanctionné personne d’autre, alors que d’autres praticiens sont intervenus dans cette affaire ». Selon Me Olivier Langeard, la mère a appelé un autre médecin du Samu, le 5 mai vers midi, avant d’emmener son enfant aux urgences vers 16h. Il regrette également le manque d’informations concernant la mort de l’enfant, « qui est décédé dans des conditions inconnues ».

Lexpress.fr par Iris Péron

Étiquettes : , , , ,

Une Réponse to “France/Normandie: un médecin suspendu après la mort d’un bébé de 5 mois”

  1. La petite revue de Claire Says:

    Il faut faire toute la lumière sur cette affaire

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :