L’historien Alexander Keese reçoit le prix Latsis 2016

Alexander Keese reçoit le Prix Latsis national 2016, doté de 100’000 francs. L’historien allemand est distingué pour ses recherches sur les transitions politiques en Afrique occidentale et centrale, sur l’ethnicité et sur le travail forcé.

Le professeur boursier du Fonds national suisse (FNS) au Département d’histoire de l’Université de Genève mène des recherches « d’une grande originalité et dépassant une vision eurocentrée », voulant défaire les idées reçues, souligne lundi le FNS dans un communiqué.

Le lauréat de 39 ans a notamment montré que les Africains n’occupaient quasiment pas de postes à responsabilité dans l’administration coloniale, mais s’y intégraient de manière informelle. Leur influence croissante a amené des revendications d’autonomie, débouchant au final sur la décolonisation.

Alexander Keese s’est aussi intéressé à l’ethnicité, sur laquelle les colonisateurs se sont fortement appuyés pour organiser l’exploitation des territoires conquis et leur donner du sens. « En réalité, l’importance de l’affiliation ethnique est variable », relève-t-il. « Plus la situation est stable, moins ce facteur ressort », résume le chercheur.

Anti-esclavagisme et travail forcé
Le natif d’Hanovre a aussi mis en évidence un retour au travail forcé entre la fin du XIXe et la première moitié du XXe siècle. Il a mené des recherches dans des pays lusophones peu étudiés comme l’Angola, le Cap-Vert et Sao-Tomé-et-Principe.

« L’anti-esclavagisme a été l’un des arguments des Européens pour intervenir en Afrique. Or ces derniers forçaient les populations locales à travailler pour leurs projets », note Alexander Keese. L’effort de guerre lors de la Seconde Guerre mondiale a encore amplifié le travail forcé.

Des services de travail dans plusieurs Etats post-coloniaux rappellent aujourd’hui beaucoup les usages de l’époque. Les expériences passées du travail forcé font que les populations de nombreuses anciennes colonies affichent aujourd’hui une méfiance envers tout projet de développement et d’infrastructures.

Alexander Keese recevra son prix le 12 janvier prochain à l’Hôtel de Ville de Berne. Le Prix Latsis est décerné chaque année depuis 1983 par le FNS sur mandat de la Fondation Latsis Internationale. Il récompense les travaux scientifiques remarquables de chercheurs âgés de moins de 40 ans établis en Suisse.

Les universités de Genève et St-Gall, ainsi que les Ecoles polytechniques fédérales de Lausanne (EPFL) et Zurich (EPFZ) décernent également des Prix Latsis Universitaires, dotés de 25’000 francs.

Romandie.com avec(ats / 28.11.2016 10h59)

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