RD Congo : Félix Tshisekedi et Pierre Lumbi prennent les rênes du Rassemblement

Félix Tshisekedi, à Bruxelles, le 10 février 2017. © Colin Delfosse pour J.A.

Un mois après le décès d’Étienne Tshisekedi, son fils Félix a été désigné à la tête de l’opposition congolaise, a-t-on appris vendredi. Avec Pierre Lumbi, nommé président du comité des sages du Rassemblement, il aura pour tâche de relancer les discussions sur l’application de l’accord de cogestion signé avec le pouvoir.

« La restructuration s’est opérée, les neuf plates-formes qui composent le Rassemblement ont désigné Félix Tshisekedi comme président du Rassemblement et Pierre Lumbi comme président du comité des sages », a déclaré à l’AFP le député d’opposition Delly Sesanga.

Des ambitions « offusquées »

« Le président du Rassemblement représente et engage la coalition auprès des tiers alors que le président du comité des sages assumera, dans le cadre de la mise en application de l’accord du 31 décembre, les fonctions de président du Conseil national de suivi de l’accord (CNSA) » qu’occupait Étienne Tshisekedi avant son décès, a expliqué Delly Sesanga.

« Certaines ambitions sont offusquées », a reconnu Sesanga, faisant allusion à trois responsables de petits partis du Rassemblement qui, n’ayant pas accepté cette restructuration, ont quitté la réunion.

À l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti-phare du Rassemblement, un responsable a déclaré à l’AFP sous le couvert de l’anonymat que « cette restructuration est la conséquence de la naïveté et du manque d’expérience politique de Félix Tshisekedi », sans toutefois la remettre en cause.

L’accord du 31 décembre en suspens

Les tergiversations qui ont suivi la mort d’Étienne Tshisekedi le 1er février à Bruxelles ont bloqué l’application de l’accord de cogestion conclu le 31 décembre sous l’égide de l’épiscopat de la RDC entre le pouvoir et l’opposition. Un accord censé mettre un terme à la crise politique qui a suivi la décision du président Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir, à qui la Constitution interdit de se représenter.

Pour débloquer les discussions, Joseph Kabila, par l’intermédiaire des évêques catholiques, a demandé au Rassemblement de choisir un remplaçant à Étienne Tshisekedi, qui devra lui présenter ensuite trois candidats pour le poste de Premier ministre, fonction qui revient à l’opposition dans le cadre de l’accord.

Conseiller spécial en matière de sécurité de Kabila (2011-2015), Pierre Lumbi est l’un des sept frondeurs du Groupe de sept partis (G7) qui avaient quitté la majorité en septembre 2015 pour dénoncer les manœuvres du chef de l’État destinées à s’accrocher au pouvoir.

Jeuneafrique.com

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