Afrique du Sud : une ancienne chef de l’opposition fait scandale avec des tweets vantant les bienfaits de la colonisation

La Sud-Africaine Helen Zille, membre du parti de l’Alliance démocratique, est au centre d’une polémique après une série de tweets qui défendaient les aspects positifs du colonialisme en mars 2017. © Schalk van Zuydam/AP/SIPA

Les internautes ont vivement réagi jeudi sur les réseaux sociaux après une série de tweets de Helen Zille, l’ex-patronne du principal parti d’opposition en Afrique du Sud, qui défendaient les aspects positifs du colonialisme.

« Pour ceux qui considèrent que l’héritage du colonialisme est SEULEMENT négatif, pensez à l’indépendance de la justice, au réseau de transports, à l’eau courante, etc. », a écrit l’ancienne chef de l’Alliance démocratique (DA) sur son compte Twitter. « Est-ce que nous aurions ce niveau de soins spécialisés et de traitements sans l’influence coloniale ? Soyez honnêtes, s’il vous plaît », a poursuivi cette politicienne sud-africaine blanche.

« Une insulte aux Noirs »

Près d’un quart de siècle après la chute du régime blanc raciste de l’apartheid dans l’ancienne colonie britannique, ses messages ont mis le feu à la Toile. « Helen, c’est une insulte aux Noirs qui souffrent et éprouvent encore les effets du colonialisme », a riposté sur Twitter le porte-parole du Congrès national africain (ANC) au pouvoir, Zizi Kodwa, la traitant de « suprémaciste blanche d’extrême droite ».

Le parti de la gauche radicale, les Combattants pour la liberté économique (EFF), a exigé la démission immédiate de l’actuelle Premier ministre de la province du Cap Occidental. « Aucune personne qui occupe une fonction officielle dans notre pays (…) ne peut être autorisée à exprimer librement ce racisme de sang-froid », a jugé le porte-parole des EFF, Mbuyiseni Ndlozi.

Une enquête disciplinaire

Helen Zille s’est rapidement excusée. « Je m’excuse sans réserve pour un tweet qui a été compris comme une défense du colonialisme. Ce n’était pas le cas », a-t-elle assuré.

Mais sa sortie a plongé dans l’embarras son propre parti, qui s’efforce depuis l’élection de son nouveau président noir de s’affranchir de son étiquette de parti de Blancs. « Que ce soit clair : le colonialisme, comme l’apartheid, était un système d’oppression et d’assujettissement. Il n’est pas justifiable », a tweeté le chef de la DA, Mmusi Maimane. Avant d’indiquer que son parti allait ouvrir une enquête disciplinaire interne contre Helen Zille.

Lors des élections locales d’août dernier, la DA a réussi, avec l’appui de l’EFF, à arracher à l’ANC le contrôle de municipalités emblématiques comme la capitale Pretoria, ou Johannesburg. Elle espère confirmer ce succès lors des élections générales de 2019 et battre l’ANC de feu Nelson Mandela, qui dirige l’Afrique du Sud sans partage depuis 1994.

Jeuneafrique.com avec AFP

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