France/ »Chantage au suicide »: Fillon persiste et signe sur Bérégovoy

 

Malgré l’écœurement de la famille de Pierre Bérégovoy, François Fillon continue d’utiliser le suicide de l’ancien Premier ministre socialiste pour évoquer sa propre campagne présidentielle.

Malgré la polémique née de ses propos lors de L’Emission politique, François Fillon remet le couvert. Devant plusieurs milliers de personnes réunies à Nantes, au moins 5.000 d’après son entourage, le candidat à l’élection présidentielle a de nouveau évoqué le cas de Pierre Bérégovoy et dressé le parallèle entre sa situation et celle de l’ancien Premier ministre de François Mitterrand, qui s’est donné la mort en 1993.

« Des belles âmes se sont émues parce que j’ai évoqué le souvenir de Pierre Bérégovoy », a-t-il ironisé devant ses partisans.

« Il fut bien ‘livré aux chiens' »

« Je le redis calmement et fermement: Bérégovoy n’était pas du sérail et il fut bien ‘livré aux chiens’ pour reprendre l’expression du président de la République de l’époque », a-t-il lancé lundi soir, allusion à ses échanges télévisés avec la romancière Christine Angot.

Une expression bien connue, utilisée par François Mitterrand lors des obsèques de son Premier ministre et qui visait notamment les journalistes.  » Toutes les explications du monde ne justifieront pas qu’on ait pu livrer aux chiens l’honneur d’un homme et finalement sa vie, au prix d’un double manquement de ses accusateurs aux lois fondamentales de notre République, celles qui protègent la dignité et la liberté de chacun d’entre nous », avait lancé le chef de l’Etat.

« Ce type n’a aucune moralité politique »

Lors de son échange avec l’écrivaine sur le plateau de France 2 le 23 mars, le candidat LR s’était défendu de faire du « chantage au suicide » face aux électeurs, alors que les affaires se multiplient et affaiblissent considérablement sa candidature depuis fin janvier. « Ça fait deux mois que la presse déverse sur moi des torrents de boue […] Ça m’a fait souvent penser à Pierre Bérégovoy […] J’ai compris pourquoi on pouvait être amené à cette extrémité », avait-il déploré.

Dès le lendemain, le neveu de Pierre Bérégovoy, Jean-Michel Bérégovoy, avait fait part de son écœurement face à une telle analogie. « [François Fillon] utilise un moment de l’histoire de France qui a marqué les Français, les politiques, les journalistes. C’est un événement qui a dépassé ma famille. Il utilise ce symbole pour une tactique politique. C’est écœurant », a souligné cet élu écologiste à Rouen dans une interview au Parisien.

« Ce type n’a aucune moralité politique. Quelqu’un capable d’utiliser ce qu’il y a de plus sombre dans notre histoire […] ne mérite pas d’être président », avait-il ajouté. Des mots qui n’ont visiblement pas touché François Fillon.

Lexpress.fr

 

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