Au Mexique, meurtres et agressions de journalistes en série

Des journalistes ont manifesté hier à Tijuana, au nord-ouest du Mexique, pour dénoncer l'assassinat de leur confrère Miroslava Breach.

Des journalistes ont manifesté hier à Tijuana, au nord-ouest du Mexique, pour dénoncer l’assassinat de leur confrère Miroslava Breach. Crédits photo : GUILLERMO ARIAS/AFP

Un journaliste a été blessé par balles mercredi, dans l’est du pays. Depuis le début du mois, trois autres ont été tués. Seulement 0,25% des crimes contre les professionnels de la presse sont élucidés, selon une ONG.

Le mois de mars aura été sanglant pour les journalistes mexicains. Mercredi, le rédacteur en chef du quotidien La Opinion été blessé par balles «quasiment à bout portant», devant son domicile. Armando Arrieta est «dans un état très grave», selon Jorge Morales, secrétaire exécutif de la Commission de protection des journalistes de l’Etat de Veracruz.

La veille, en Basse-Californie, l’ancien journaliste du site 911 Noticias, Julio Omar Gomez, a été victime d’une tentative d’agression. Sa maison a été incendiée et son garde du corps tué en le protégeant, rapporte le Washington Post. Il avait pris sa retraite il y a quelques semaines suite à des menaces en décembre 2016 et février 2017, selon l’hebdomadaire Proceso.

La série noire a débuté le 3 mars, dans l’Etat de Guerrero, lui aussi gangrené par la corruption. Cecilio Pineda Brito, directeur du quotidien La Voz de la Tierra Caliente et journaliste spécialisé dans les affaires criminelles, est criblé de balles par un commando. Victime de menaces et de tentatives d’assassinat depuis 2015, il était sous protection judiciaire jusqu’en octobre 2016 et a refusé plusieurs fois de s’exiler, précise Reporters sans frontières.

Dans l’Etat de Veracruz, le directeur du quotidien El Politico, Ricardo Monlui Cabrera, a été tué le 19 mars. Il a été abattu par des tueurs à moto alors qu’il sortait d’un restaurant avec sa femme et son fils, indemnes, d’après l’ONG Comité de protection des journalistes. Veracruz est particulièrement touché par le narcotrafic et la corruption, et les journalistes y sont souvent attaqués en représailles.

Le 23 mars, Miroslava Breach a été tuée par balles à Chihuahua, dans le nord du pays. Journaliste pour La Jordana, elle travaillait sur le crime organisé, le trafic de drogue et la corruption. Son assassinat, le troisième ce mois-ci, a provoqué la colère des journalistes. Devant le Congrès, ils ont réclamé que le crime soit élucidé et que l’Etat garantisse leur sécurité.

Seulement 0,25% des crimes contre la presse sont élucidés au Mexique, selon Ana Cristina Ruelas, directrice de l’ONG Artículo 19. Un mécanisme fédéral de protection des journalistes existe, mais il est très critiqué pour son inadaptation. Selon Ana Cristina Ruelas, il se limite à des gardes du corps, mais «ça ne prend pas en compte le fait que pour protéger, tu as surtout besoin d’enquêter et de sanctionner».

Dans son célèbre classement mondial de la liberté de la presse, RSF classe le Mexique 149ème sur 180. Après la Syrie et l’Afghanistan, l’ONG le classe à la troisième place pour le nombre de journalistes assassinés derrière la Syrie et l’Afghanistan.

Lefigaro.fr par Léo Caravagna

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Une Réponse to “Au Mexique, meurtres et agressions de journalistes en série”

  1. Bouesso Says:

    Journalisme en danger au Mexique.

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