France: Le ton monte entre Macron et Fillon

Emmanuel Macron et François Fillon, avant le débat organisé par TF1, le 20 mars dernier.

Emmanuel Macron et François Fillon, avant le débat organisé par TF1, le 20 mars dernier. Crédits photo : POOL/REUTERS

 

Samedi, le candidat d’En Marche ! et celui de la droite se sont livrés à un duel à distance par-dessus la Méditerranée.

«Puisque Monsieur Macron a dit des choses désagréables ce matin, je l’invite à venir vous rencontrer: il verra que votre visage, c’est celui de la volonté, du courage, de l’enthousiasme, de la colère aussi parfois.» Pour répondre au candidat d’En Marche!, qui l’a accusé samedi matin depuis Marseille de porter «le masque de la haine», François Fillon a pris à témoin les 1500 supporters corses venus l’applaudir le soir à Sarrola-Carcopino, près d’Ajaccio. Toute la journée, le favori de la présidentielle et son challenger de droite se sont cherchés, et souvent trouvés.

» À Marseille, Macron charge le FN et répond aux attaques

Dès sa première étape sur l’île, à Biguglia, en Haute-Corse, chez son ami le député Sauveur Gandolfi-Scheit, François Fillon a dénoncé ce qu’il a appelé «la plus grande supercherie de l’histoire de la Ve République»: «Un candidat qui fait semblant d’être un dissident», qui prétend rassembler «l’ensemble des Français […] des anciens communistes jusqu’aux ultra libéraux». Il a appelé ses soutiens à se «révolter» et à déposer dans l’urne «un bulletin de combat contre un système qui a échoué et qui veut durer», grâce à une «cabale largement relayée par le système médiatique», à une «stratégie antidémocratique» visant à le contraindre à se retirer.

La réponse d’Emmanuel Macron est arrivée en début d’après-midi. Dès qu’il a mentionné «le candidat des Républicains», les 5000 personnes venues l’écouter au Parc Chanot, à Marseille, se sont mises à siffler. Il a arrêté les plus enflammés d’un martial: «Ne vous joignez pas à leur indécence, jamais!» La veille, à Toulon, Fillon avait abondamment fait huer son adversaire d’En Marche! L’auditoire, déchaîné, avait aussi organisé une bronca pendant l’intervention de Christian Estrosi. Le président de la région Paca s’est grillé auprès des fillonistes en tentant de persuader leur champion de se retirer, après sa mise en examen.

Macron, qui s’est fait un plaisir de rencontrer Estrosi avant son meeting, s’est servi de ces militants Républicains conspuant l’un des leurs pour lancer une diatribe contre son adversaire. «Il y a eu, je crois, peu de moments où le nom de ce parti a été si immérité par celui qui en porte les couleurs, a-t-il attaqué. Il n’a plus de programme alors il invective les autres ; il ne va plus à la rencontre des Français – il ne le peut plus – alors il se calfeutre avec camp ; il connaît l’indignité de par sa faute, alors il veut maintenant tous nous y plonger par ses attaques infâmes.»

«C’est un clan aux pratiques inacceptables, qui ne propose plus rien», a asséné l’ancien ministre de l’Économie en allusion au traitement infligé à Christian Estrosi, qu’il a fait applaudir en assurant: «Nous nous sommes opposés, nous avons des divergences, nous avons consommé des désaccords, mais c’est un républicain […] Alors oui, je vous le dis, hier soir, [les Républicains] ont montré un masque de haine et d’indignité!» Dans son élan, le candidat d’En Marche! a même accusé Fillon et ses soutiens d’avoir «décidé de tourner le dos à la République pour aller chérir et embrasser Sens Commun», émanation politique de la Manif pour tous. «Et bien honte à eux!», s’est-il exclamé, prédisant qu’ils «suivront cette route jusqu’au bout […] derrière le Front national.»

Il n’en fallait pas davantage pour que Fillon se déchaîne à son tour, le soir, en Corse , contre «Emmanuel Hollande ou François Macron, peu importe». «Nos compatriotes se moquent de ce bal masqué politique. Ils savent bien que sous un pIavillon de complaisance différent c’est bien la même marchandise frelatée qui se trouve dans les cales», a-t-il assuré, avant de demander: «Ne vous laissez pas imposer un scénario écrit d’avance par les plumitifs du pouvoir socialiste qui vous disent: «Après le monarque, c’est le tour du petit prince.»

Contexte oblige, Fillon a ironisé sur ceux qui «dépeignent monsieur Macron en nouveau Bonaparte». «Excusez du peu, alors que la seule campagne menée jusqu’à présent par l’intéressé est celle des débauchages politiques que l’on nous présente comme le comble du renouveau», a-t-il conclu. Le public était hilare, même s’il ignorait que la comparaison avait été vraiment tentée. À vingt-deux jours du premier tour, tous les moyens sont bons pour fouetter les ardeurs des troupes.

Lefigaro.fr par Judith Waintraub , Arthur Berdah envoyés spéciaux en Corse et à Marseille

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Une Réponse to “France: Le ton monte entre Macron et Fillon”

  1. Bouesso Says:

    Le mois de tous les coups pour disqualifier un candidat présidentiel

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