France/ »Cabinet noir »: Fillon jure de régler ses comptes, en a-t-il les moyens?

"Je poursuivrai tous ceux qui sont à l'origine de cette affaire", a lancé ce jeudi François Fillon, sans cité François Hollande.

« Je poursuivrai tous ceux qui sont à l’origine de cette affaire », a lancé ce jeudi François Fillon, sans cité François Hollande. REUTERS/Thibault Camus/Regis Duvignau (Montage photo L’Express)

« J’ai les dates, les jours, les personnes »… Ce jeudi sur France Inter, le candidat de la droite à l’élection présidentielle a promis de poursuivre ceux qu’il désigne comme les responsables de ses ennuis judiciaires. A commencer par François Hollande.

Attention ça va barder. « J’ai les dates, les jours, les personnes qui ont communiqué les documents, etc. Ça viendra, le moment venu je poursuivrai tous ceux qui sont à l’origine de cette affaire », a promis François Fillon, très offensif, ce jeudi sur France Inter.

« J’ai toutes les indications qui me permettront le moment venu de poursuivre ceux qui ont fait ça. Parce qu’il ne faut pas croire que je vais lâcher les accusations que j’ai lancées contre ceux qui ont déclenché cette opération », a-t-il ajouté, accusant, une nouvelle fois, directement François Hollande.

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Mais en l’état, le candidat de la droite s’en tient au stade des menaces. Et son entourage entretient le mystère autour de ces fameuses « dates » et « personnes », à l’origine des ennuis judiciaires de vainqueur de la primaire à droite.

« Le ‘moment venu’ vient lorsqu’il doit venir… »

Parmi les proches du candidat, difficile donc d’obtenir des précisions sur les accusations de François Fillon ou un éventuel calendrier: « Le ‘moment venu’? Le ‘moment venu’ vient lorsqu’il doit venir… », botte en touche, Jérôme Chartier, le conseiller spécial du député de Paris. Des poursuites seront-elles enclenchées par François Fillon avant le premier tour? A l’entre-deux-tours? Après le 7 mai? « Le moment venu… », répond-il invariablement.

La question du timing est pourtant primordiale. En effet, la tradition républicaine veut que le président de la République – si François Fillon l’emporte le 7 mai prochain – n’attaque pas en justice (à l’exception des délits de presse), en vertu de l’immunité dont il bénéficie pendant son mandat. A fortiori quand la personne visée par une plainte est son prédécesseur, en la personne de François Hollande. Question d’usage et d’élégance. En théorie donc, les « poursuites » promises par François Fillon ce jeudi sur France Interne pourraient donc intervenir, que si ce dernier échoue à être élu.

Une plainte contre Hollande est-elle réaliste?

« Écueil supplémentaire pour François Fillon: même après le départ de François Hollande de l’Elysée, ce dernier restera intouchable pour les actes accomplis pendant son mandat. A considérer qu’elles interviennent un jour, ce sont donc les collaborateurs du chef de l’Etat, et non le président de la République lui-même, qui pourraient éventuellement être inquiétés par des actions en justice.

Toutefois, comme le rappelle le constitutionnaliste Bertrand Mathieu, contacté par L’Express, « le jeu des élégances en politique est malheureusement quelque chose qui a presque disparu ». En clair, la question a été tranchée en 2008 par la Cour de cassation, rien n’empêche François Fillon de porter plainte contre François Hollande. « Restera aux juges saisis de déterminer si les actes de François Hollande visés par la plainte ont été strictement effectués dans le cadre de sa fonction de président de la République », précise Bertrand Mathieu.

« C’est du concret »

Alors, le chef de l’Etat et ses collaborateurs doivent-ils prendre au sérieux, les menaces de François Fillon? Certains lieutenants du candidat LR l’assurent, il ne s’agit pas de paroles en l’air. Contacté par L’Express, Bernard Debré, député de la 4e circonscription de Paris, répète que le candidat LR dispose de « documents très précis ». Il explique néanmoins n’avoir « aucune idée » à qui François Fillon fait référence, au-delà de François Hollande.

« Je ne peux rien dire… », résume celui qui avait accusé Jean-Louis Nadal, le président de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, d’organiser des fuites dans la presse. « C’est du concret. Il fait travailler ses avocats et une partie de ses équipes », ajoute-t-il. Dans l’optique de constituer un dossier?

« Il ne faut pas oublier que François Fillon a été Premier ministre pendant cinq ans et donc au sommet de l’administration de l’Etat. Pour collecter des informations, il peut très bien s’appuyer sur son réseau de hauts-fonctionnaires, notamment sur ceux qui ont été mis au placard après l’élection de François Hollande », indique-t-on également dans l’entourage d’un ténor LR.

Lexpress.fr par Lucas Burel,

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