France: Loin de l’unité de 2002, un 1er mai syndical dispersé face au Front national

Un bouquet de muguet en vente à Lille, le 1er mai 2016 / © AFP / PHILIPPE HUGUEN

Loin de faire bloc comme en 2002 contre le Front national, les syndicats célébraient lundi le 1er mai en ordre dispersé: les uns veulent appeler à « faire barrage » à Marine Le Pen, d’autres à voter pour Emmanuel Macron et certains à « battre les deux candidats ».

A moins d’une semaine du second tour de la présidentielle, la traditionnelle journée internationale des travailleurs n’a pas soudé, comme il y a 15 ans, l’ensemble des organisations salariales contre le Front national, faute d’entente sur les mots d’ordre.

« On n’est plus en 2002. Avec la CFDT il y a une différence d’appréciation de fond sur l’analyse des raisons qui amènent le FN » au second tour, expliquait dimanche Philippe Martinez, numéro un de la CGT, dans Le Parisien.

Du coup, la CFDT et l’Unsa, qui ont appelé à voter pour Emmanuel Macron le 7 mai pour « battre » la candidate du FN, ont mobilisé de leur côté, avec les étudiants de la Fage (Fédération des associations générales étudiantes) ou encore SOS Racisme.

En fin de matinée, entre 200 et 300 personnes avaient répondu à l’appel de Laurent Berger, numéro un de la CFDT, et Luc Bérille, son homologue de l’Unsa, à se rassembler à Paris dans le quartier Stalingrad pour « rejeter la vision réactionnaire et identitaire du FN », parmi lesquelles des militants de SOS Homophobie ou des représentants du monde de la culture, comme le Théâtre du Soleil, a constaté une journaliste de l’AFP.

« Quand on a un parti comme le Front national qui s’apprête à gouverner la France, c’est quand même incroyable que les syndicats n’arrivent pas à montrer de la solidarité et à se transcender », a déploré Luc Bérille, interrogé par l’AFP.

Laurent Berger a prévenu que le bulletin en faveur du candidat d’En Marche! ne valait « pas acceptation de son programme ». « Nous combattrons M. Macron lorsque nous serons en désaccord, notamment sur sa conception du dialogue social », a-t-il dit.

Mais la CGT, FO, FSU et Solidaires ne sont pas du même avis. A Paris, ces syndicats défileront à 14H30, de République à Nation.

Ces centrales, déjà unies pour s’opposer à la loi travail, ont appelé à « faire barrage » à Marine Le Pen, sans inviter ouvertement à voter pour son adversaire.

Battre les deux candidats

Comme d’habitude, Force ouvrière s’est abstenue de donner une consigne de vote. « On n’est pas des directeurs de conscience », a déclaré son secrétaire général, Jean-Claude Mailly, lundi, même si pour lui, il n’y a « pas un signe égal » entre les deux candidats.

« Emmanuel Macron représente tout le quinquennat: le travail le dimanche, le CICE, la loi travail, c’est lui », explique Eric Beynel, porte-parole de Solidaires, qui défilera aux côtés de Philippe Martinez, Jean-Claude Mailly et Bernadette Groison (FSU).

Des voix discordantes issues des rangs des centrales syndicales appellent « à battre les deux candidats ». « Nous sommes contre le fascisme et contre la finance », explique Romain Altmann, secrétaire général CGT Info’Com. Une position avec laquelle Philippe Martinez se dit « en profond désaccord ». « Le Front national, c’est un parti raciste, xénophobe, anti-femmes et anti-salariés », a-t-il rappelé lundi.

Mme Le Pen a répliqué en affirmant que les syndicats « ne défendent pas les intérêts des salarié » mais « leur propre poste, leur propre place ».

En 2002, quand le second tour opposait Jacques Chirac à Jean-Marie Le Pen, les organisations syndicales avaient fait bloc le 1er mai et environ 1,3 million de personnes, dont 400.000 à Paris (selon le ministère de l’Intérieur), avaient battu le pavé dans toute la France à l’appel de la CGT, la CFDT, FO, la FSU et l’Unsa pour barrer la route à Jean-Marie Le Pen.

Cette année, plus de 9.000 policiers, gendarmes, et militaires de l’opération Sentinelle sont engagés, dont 2.000 dédiés notamment à la sécurisation de la manifestation parisienne, selon la préfecture de police.

D’autres mobilisations sont prévues, comme celle de la Confédération nationale du travail (CNT) place des fêtes à Paris à la mi-journée, et une manifestation citoyenne à 14H30 place de la République, le lieu d’où partira aussi le défilé de la CGT.

En régions, au moins 4.000 personnes ont manifesté à Nantes, selon un premier décompte de la police. Environ 1.300 selon la police défilaient en fin de matinée à Lille, où la CFDT s’était jointe aux autres organisations, mais pas FO.

Romandie.com avec(©AFP / 01 mai 2017 12h02)                

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