Une tourterelle s’est couchée à jamais

 

Une tourterelle s’est couchée à jamais
Sa vie un zéphyr de doux et léger duvet
De colombe qui roucoule de rire boréal
Innocent comme le moineau qui pépie
Le coup partit et ne fut même pas un chant
Ni une tendre comptine pour l’endormir
Il éclata comme un tonnerre de mars
Déchira le ciel éclaté de Mouyondzi
Le cœur d’une mère en lambeaux
Elle croit serrer son bonheur sa colombe
Sa tourterelle s’en est allée s’en est allée
Une giboulée qui essuie le ciel incendié
Un pan de l’innocence déchiré comme
Le voile du temple pour porter nos péchés
Infâmes sur ce Congo toujours meurtri
Toujours détruit pour combien de temps encore
Nos vies un étrange duo de sang et de mentir
Douloureux duel d’espérance et de cris
Qui fracassent orageusement les portes du ciel
Qui sera la gardienne de cette colombe
De cette tourterelle habillée couleur de sang étal
Sur la marche froide d’un perron quelconque
Kimpa Vita-Munari-Mukaya-Nzinga-Tchitoula
Les bras de la mère bouleversée s’ouvrent
Infâme croix-silhouette-amputée pour la vie
Que le soleil illumine boule de sang lourde boule de sang
Ma tendre tourterelle ma chère prunelle ma tourterelle chérie
Mon unique amour victime d’un si cruel destin
D’un si cruel éclat dites-moi armes fatales
Pour qui sonnez-vous le glas pourquoi crépitez-vous
Vous mes yeux retiendrez-vous mes larmes
Qui ne peuvent laver ces armes fatales
Ma tourterelle ma tendre tourterelle
Mon unique tourterelle voici que je te porte encore
Pour une longue accablante désespérante saison de douleur
Répétant tes mots d’enfant comme un oiseau brisé
Comme les tresses de ta poupée-matiiti-racines
Que tu ne tresseras plus jamais mon bel amour
Il est déjà trop tard je ne peux ramasser ton sang
Qui grondera dans les nuits sombres de toute
Mon inutile existence frissonnante secousse
Remuée comme un leitmotiv de malaria sans fin
Quand retentira ton rire cristallin dans mon esprit
Dans les grumeaux de mes sanglots infiniment profonds
De mon cœur toujours assoiffé de ton amour
Mon cœur délire gémit hurle sans cesse
Sur les pentes salées de mes torrents
Il dévale tremble tressaute s’arrête abasourdi
Déchirée mère déchirée ma tourterelle envolée
A la meute des bêtes livrée l’âme de ma tourterelle
Pleure O Sud d’éclat de magnificence
Pleure O Sud mon incorruptible
Mon indomptable fol amour
Pleure O Sud mon incorrigible bien-aimé
Pleure O profond Sud mon Congo-espérance !
Marie-Léontine Tsibinda
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2 Réponses to “Une tourterelle s’est couchée à jamais”

  1. Gyslaine LE GAL Says:

    Superbe !

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