Congo/CHU de Brazzaville: débat sur les chiffres et soif de transparence

CHU de Brazzaville

Trois mille (environ), c’est l’effectif des agents du plus grand établissement sanitaire du Congo, le CHU de Brazzaville. Soit : sept milliards de francs CFA de masse salariale par trimestre. Des données issues du Conseil des ministres du lundi 7 août 2017.

C’est le Président de la République qui, pour une bonne maîtrise de la masse salariale, a exigé un recensement des agents dudit établissement. Et depuis, le débat est lancé. Notamment sur la toile. Sans se voiler la face, d’éminents professeurs se sont exprimés sur cette problématique remettant en cause les chiffres publiés. Voire : l’absence de communication pouvant « créer les conditions permissives » d’un retour à l’ordre.

Le ras-le-bol

On croyait que le départ de l’ancienne directrice générale, Gisèle Ambiero, allait décrisper le climat au sein du CHU. Pourtant, le compte rendu du Conseil des ministres vient de souffler sur les braises, rallumant un feu mal éteint. Le débat est désormais centré sur les chiffres. Les interrogations sont légitimes pour chaque Congolais soucieux de l’avenir du pays.

Ainsi, lit-on sur la toile, des extraits de registres comptables. Une procédure qui tranche avec la discipline administrative et qu’il faut traduire comme un ras-le-bol. D’où l’intention  de tout mettre sur la place publique.

Il semble que l’intention ici n’est plus de nuire mais de sensibiliser l’opinion. Du moins de l’alerter sur certaines pratiques. Il ne fait aucun doute que la diffusion des tableaux de dépenses émane de ceux-là même qui tiennent les registres financiers dans cet établissement. On ne saurait y voir nulle autre source qu’interne.

Certainement, faute de rencontrer le président de la République, ces gens ont recouru à ce procédé pour lui présenter la situation qu’il ne maîtrise pas et sur laquelle, assurément, il a reçu des rapports biaisés.

Seulement, recourir aux réseaux sociaux comme espace d’expression est une faute pour les fonctionnaires. Autant que l’est toute déclaration non autorisée sur les médias classiques, la radio et la télévision par exemple.

« Management participatif » ?

Le concept a été lâché en conseil des ministres. Il s’agit de passer d’un mode de gestion à un autre. Si les entreprises d’État sont restées dans des schémas anciens, les sociétés privées, elles, avaient déjà compris que leur avenir dépend du mode de gestion choisi avec, au centre : un rôle déterminant pour les employés.

Cette vision des choses a transformé les « directeurs généraux » ou directeurs en managers pendant que les syndicats revêtaient le costume de « partenaires sociaux ». En d’autres termes, ceux-là ont besoin de ceux-ci pour asseoir une stratégie consensuelle qui permette l’épanouissement ou le développement de l’entreprise. Le triptyque est clair : « On sait où l’on va, comment on y va et avec qui on y va ».

Tel est, en résumé, le principe managérial qui, pour être efficace, considère la communication comme valeur cardinale. Dans le cas du CHU, « l’absence de communication » a été décriée par des mots et des maux comme « opacité », « manque de transparence », etc.

Le CHU comme « cheval de Troie »

Faisant le bilan de sa primature, Clément Mouamba avait indexé trois sociétés : la Société nationale d’électricité (SNE), la Société nationale de distribution d’eau (SNDE) et la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC). Le Premier ministre critiquait leur mode de gestion et leur fonctionnement.

Il avait pris rendez-vous au mois d’août pour des mesures correctives (ou coercitives) afin de changer les choses. Or, pendant que le regard est porté sur ces trois sociétés, le mal est venu d’ailleurs, parce qu’il était aussi ailleurs. Outre le CHU, « rongé depuis vingt ans par un cancer », il faut citer l’université Marien Ngouabi dont les grèves par les enseignants et les étudiants sont autant de symptômes.

En promenant le regard, il ressort que le gouvernement a manqué d’attention. Si le CHU représente ce fameux « cheval de Troie », ECair a, en son temps, donné la mesure d’un « mauvais management ». Le rapport de l’audit sur cette compagnie aérienne est assez éloquent.

Sans tout dire, cette analyse jette la lumière sur les défis du « gouvernement Mouamba » car, quoi qu’il en soit, et comme le déclarait un opposant : « Le Premier ministre a péché par un manque d’anticipation et un désintérêt pour des dossiers vitaux.»

242.infosnet.cg par JFW

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Une Réponse to “Congo/CHU de Brazzaville: débat sur les chiffres et soif de transparence”

  1. Bouesso Says:

    Dans la mafia, la vérité est un leurre

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