Canada/procès pour terrorisme: l’accusé « prête à tuer pour sauver ses frères »

 

Procès pour terrorisme : l'accusée « prête à tuer pour sauver ses frères »© Photos déposées en cour Procès pour terrorisme : l’accusée « prête à tuer pour sauver ses frères »
Sabrine Djermane aurait dit à des proches qu’elle voulait aller joindre le groupe armé État islamique (EI) ou commettre une attaque en sol canadien. Ces allégations font partie des informations troublantes consignées dans des documents judiciaires, mais que le jury ignore, alors qu’il délibère au procès de la jeune femme et de son ex-petit ami. 

Dans les jours précédant l’arrestation de Sabrine Djermane, en avril 2015, la Gendarmerie royale du Canada aurait rencontré des proches très inquiets par les confidences de l’étudiante de 18 ans du Collège de Maisonneuve, qui semblait s’être radicalisée.

La jeune femme se disait prête à tout pour mener le djihad, quitte à aller en prison pour « ensuite combattre lorsqu’elle sortira dans 15 ans ».

C’est ce qui ressort des documents remplis par les enquêteurs pour obtenir des mandats de perquisition, dont plusieurs passages étaient sous ordonnance de non-publication jusqu’aux délibérations du jury.

Malgré les trois mois de procès et les 31 témoins de la poursuite, jamais ces informations n’ont été transmises aux 11 jurés.

Le jury doit maintenant s’entendre à l’unanimité sur les trois chefs d’accusation qui pèsent contre Sabrine Djermane, 21 ans, et El Mahdi Jamali, 20 ans, soit d’avoir voulu quitter le Canada en vue de commettre un acte terroriste à l’étranger, de possession de substances explosives et d’avoir commis un acte au profit ou sous la direction d’un groupe terroriste.

« Ce qui est bon, c’est d’aller combattre pour notre religion »

Selon les dénonciations remplies par les enquêteurs, Sabrine Djermane aurait confié à un de ses proches avoir eu l’intention d’aller en Syrie avec son petit ami, mais avoir été bloquée en raison de l’enquête de la GRC. Elle se serait dite prête à « commencer » au Canada.

« Un groupe ici vont bombarder ici », aurait dit l’étudiante en soins infirmiers, en précisant à son interlocuteur « qu’il faut être de leur côté si tu ne veux pas mourir ».

« Ce qui est bon, c’est d’aller combattre pour notre religion. Et si on ne peut pas y aller, il faut le faire ici », aurait-elle déclaré, selon les documents remplis par les policiers.

Sabrine Djermane aurait aussi déclaré à une autre de ses proches : « Si tu dois tuer des gens pour sauver tes frères musulmans, tu dois le faire ». En plus d’ajouter que plusieurs membres de l’EI en sol canadien seraient « prêts à attaquer bientôt le Canada. Ils n’attendent qu’un message ».

Ces allégations n’ont jamais été prouvées en Cour, puisque les trois personnes qui les ont rapportées aux enquêteurs n’ont jamais témoigné au procès.

Le jury sait que l’enquête au sujet des anciens étudiants du Collège de Maisonneuve a débuté après que la sœur de la jeune femme eut fait un signalement aux policiers. Elle craignait que le couple se soit radicalisé. Une amie de Sabrine Djermane a témoigné que l’accusée semblait curieuse au sujet de l’EI et que plusieurs de ses proches s’inquiétaient qu’elle se soit radicalisée et qu’elle subisse l’influence d’El Mahdi Jamali.

Une recette de bombe

Le jury à présent séquestré doit entre autres se pencher sur les objets saisis lors des perquisitions de la GRC.

Une recette pour fabriquer une bombe avec un autocuiseur a été retrouvée sur la table de chevet du condo loué depuis peu par le couple à Montréal. Ce même type d’engin explosif a été utilisé lors de l’attentat au marathon de Boston, en 2013.

Les indications auraient été tirées d’une publication d’Al-Qaïda et recopiées mot pour mot par El Mahdi Jamali. Un autocuiseur a été saisi chez les parents de Sabrine Djermane et un sac de plastique contenant d’autres éléments mentionnés dans la recette, notamment des clous, des piles, de la colle et du ruban adhésif, ont été retrouvés dans la chambre de l’accusé, chez ses parents.

La poursuite a tenté de convaincre le jury que le couple, qui devait s’envoler vers la Grèce deux semaines après son arrestation, avait en fait l’intention de se rendre en Syrie. Des experts informatiques ont aussi longuement décortiqué le contenu des appareils électroniques des deux jeunes, qui contenaient entre autres des photos et des vidéos de l’EI et de l’information sur l’islam radical et le djihad.

Aucun plan pour se rendre en Syrie

Sabrine Djermane et El Mahdi Jamali n’ont présenté aucune défense. Lors des plaidoiries, l’avocat du jeune homme a tenté de convaincre le jury qu’il n’y avait aucune preuve que l’accusé soutenait l’EI ou que le couple avait le moindre plan pour se rendre en Syrie.

Selon la défense, les objets que la poursuite présente comme des ingrédients pour fabriquer une bombe pourraient en fait avoir servi pour un usage anodin.

L’avocat de Sabrine Djermane a pour sa part plaidé que la jeune femme n’avait rien à voir avec le projet de bombe artisanale et qu’elle était intéressée par la situation en Syrie, mais n’avait aucune intention d’aller rejoindre l’EI.

Radio-canada.ca par Geneviève Garon

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