France: Marine Le Pen a proposé de renommer le FN « Rassemblement national »

MarineEn direct : Marine Le Pen propose de renommer le FN « Rassemblement national »  

A l’occasion du congrès du parti à Lille, la présidente du parti d’extrême droite a annoncé le nouveau nom qu’elle souhaite donner au Front national pour le relancer.

  • A l’occasion du congrès du parti à Lille, Marine Le Pen a annoncé dans un discours qu’elle propose de renommer le FN « Rassemblement national ». 
  • Pour que ce changement soit effectif, il devra ensuite être entériné par les adhérents à travers un vote par correspondance dans les prochaines semaines. 
  • Au cours de ce congrès du FN, Marine Le Pen a été réélue à l’unanimité à la tête du Front national dimanche matin. 

Le nouveau nom du FN entrera-t-il directement en vigueur après son annonce, ou bien il y aura un vote ? -Jean-Pierre

Bonjour Jean-Pierre, le nom proposé par Marine Le Pen, « Rassemblement national », doit encore être validé par les militants du Front national. Un vote par correspondance sera organisé dans les prochaines semaines, sous contrôle d’huissier.

Mais les résultats du questionnaire envoyé par le parti en novembre 2017 à ses 51 000 adhérents avaient montré, selon Marine Le Pen, que 52 % des militants sont en faveur d’un changement de nom au FN. Précisons toutefois  que ce questionnaire a été dépouillé sans huissier, et donc sans aucun moyen de contrôler les chiffres annoncés.

Congrès du FN : ce que l’on sait sur le changement de nom du parti

Paroles de militants après le discours de Marine Le Pen

A la sortie du discours de Marine Le Pen, qui a proposé de renommer le FN « Rassemblement national », les militants interrogés sur place par la journaliste du Monde, Lucie Soullier, étaient assez favorables à la proposition de la présidente du parti d’extrême droite. « Le Rassemblement ça sera un peu plus rassembleur », selon l’un d’entre eux.

Marie Wiart et son mari Claude n’étaient pas gênés par le nom Front national mais ils n’étaient pas contre un changement de nom : « Peu importe comment on nous appeler. On nous lancera toujours des noms d’oiseau. » Le couple qui a toujours voté FN, mais qui a adhéré il y a trois ans, « estime que le vrai changement doit avoir lieu en France surtout sur l’immigration qui nous envahit. On ne peut pas accueillir tous ces gens ». Pour une autre adhérente, « il va falloir qu’on l’avale (le nouveau nom) avant de pouvoir dire quoi que ce soit ».

Du côté des élus du Front national, le député Ludovic Pajot est évidemment « très content » de ce nouveau nom.

« Ce seront les adhérents qui voteront mais vous avez vu, tout le monde s’est levé pour applaudir le discours. C’est bien qu’il y a un engouement pour le nouveau nom. »

Mais pour Bruno Gollnisch, proche de Jean-Marie Le Pen, ce nouveau nom « ne paraît pas être une novation tout à fait extraordinaire. Est-ce ça suffira à changer l’opinion publique à notre sujet ? »

Marine Le Pen propose de renommer le FN « Rassemblement national »

A l’occasion du congrès du parti d’extrême droite dimanche à Lille, Marine Le Pen a annoncé dimanche après-midi le nouveau nom qu’elle souhaite donner au Front national.

Marine Le Pen propose de renommer le FN « Rassemblement national »

Le discours de Marine Le Pen est maintenant terminé.

Ne nous quittez pas, nous allons poursuivre ce live avec des réactions et un rappel des principaux points à retenir de ce discours.

Les raisons de ce changement de nom ?

« Le nom Front national est porteur d’une histoire épique et glorieuse que personne ne doit renier.

Mais vous le savez il est pour beaucoup de Français un frein psychologique. Vous l’avez entendu, vous l’avez compris parce que vous en avez rencontré des électeurs. C’est pour certain un frein pour nous rejoindre ou voter.

Le mot front comporte une notion d’opposition mais elle se justifiait. « 

Pour elle, le nouveau nom, « Rassemblement national », « porte un message politique et [indique clairement] le contenu de notre projet politique pour la France. Le mot national […] y figure impérativement car la nation représente le cœur de l’engagement. »

Le terme rassemblement « [exprime] notre volonté de rassemblement. A l’heure où l’immense majorité de Français aspirent à la réunion de toutes les énergies, ce nom doit être un cri de ralliement, un appel à nous rejoindre, lancé à ceux qui ont la France au cœur. »

Un nom déjà utilisé en 1986

Le journaliste du Monde Abel Mestre, qui a suivi l’extrême droite pendant plusieurs années, rappelle que le nom « Rassemblement national » avait déjà été utilisé par le Front national … en 1986.

Marine Le Pen propose que le Front National soit renommé « Rassemblement national ».

Elle ne souhaite cependant pas changer l’emblème du Front national, la flamme.

Pour porter cette stratégie de « conquête », Marine Le Pen estime qu’il faut faire évoluer l’organisation du Front national :

« Il faut disposer de davantage de cadres, de produire plus de contenus de haute tenue.

Il faut mettre en place une organisation rénovée avec des pratiques plus collégiales.

Sur tous les territoires, il faut des cadres de tous les âges, de tous les milieux doivent émerger les cadres. »

Expérience, professions, origine… qui sont les 409 candidats au comité central du FN ?

Et de revenir sur un sujet plus terre à terre, le travail de « conquête » du FN sur le terrain :

« L’implantation dans les départements [Var, Aisne, Pas-de-Calais, etc.] servira de marchepied à la conquête de région comme les Hauts-de-France ou PACA. C’est un dispositif ambitieux mais réaliste. Nous ne le cachons pas, il est exigent. »

« Nous sommes dans le sens de l’histoire » poursuit Marine Le Pen, faisant référence à la prise de parole de Steve Bannon, ancien conseiller de Donald Trump et invité vedette du congrès du parti d’extrême droite samedi 10 mars.

« M. Macron, qui tente d’usurper la modernité, nage à contre-sens. La victoire des peuples et des nations d’Europe est un des objectifs de ces élections européennes. […]

Il est venu aussi le temps du grand ménage. Dans cette élection deux projets se feront face. Celui de l’UE défendue par M. Macron avec MM. Juppé et Cohn-Bendit et le nôtre. Celui que présentera la grande coalition des nationaux. »

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Marine Le Pen poursuit sur la souveraineté politique, deuxième élément de son pilier « liberté » :

« L’Assemblée nationale est devenue une caricature et nous demandons l’instauration du suffrage proportionnel pour les législatives. Le gouvernement veut limiter le droit d’amendement, vision autoritaire du gouvernement. »

Et de poursuivre sur la souveraineté politique à l’échelle de l’Europe :

« C’est parce que nous sommes européens que nous sommes contre l’Union européenne.

Cette UE qui brise par son mépris les peuples et la belle idée européenne.[…]

Notre projet vise à rendre leur souveraineté à chacun des Etats dans le cadre d’une coopération libre. Nous nous écarterons du modele carcéral et brutal que l’UE veut imposer au peuple. »

Marine Le Pen poursuit sur le troisième pilier de son projet, la liberté, en passant à la « liberté économique ».

« Nous vivons en matière de liberté économique une logique paradoxale : d’un côté, les grands groupes jouissent de la liberté du renard dans le poulailler, de l’autre, les petits [subissent une importante régulation].« 

Le pilier « liberté » se confond maintenant avec le pilier « protection » :

« Les PME servent la France, elles doivent être soutenues. C’est ce que nous appelons le patriotisme économique. Tous les pays l’appliquent.

[…] Nous croyons à un Etat stratège, capable de donner une impulsion pour pallier l’économie privée. Nous ne sommes pas favorable aux subventions directes aux entreprises par un souci de justice et d’efficacité. Les entrepreneurs le savent, ces aides ne profitent qu’aux chasseurs de primes, n’ont pour résultat que des effets d’aubaine. Elles profitent aux initiés, aux grands groupes plutôt qu’aux petites entreprises. »

Marine Le Pen passe au troisième pilier de son projet : la liberté.

Elle commence par évoquer la liberté d’expression.

« Depuis plusieurs années, chacun pressent qu’une sorte de couvercle s’est posé sur la société avec le politiquement correct. Les mots sont tabous. Le gouvernement prépare une loi sur les fake news. M. Macron croit devoir s’aligner sur une mesure liberticide déjà en vigueur en Allemagne.

Nous défendrons la liberté d’expression sur Internet. »

-Guillaume

Tout à fait, mais il reste assez peu utilisé en France.

Les derniers chiffres disponibles indiquent que seuls 2 % des internautes français utilisent Qwant, contre 91 % pour Google.

Toujours sur le pilier de la protection, Marine Le Pen fait un retour sur la question de la souveraineté numérique :

« La France se trouve dans une situation de colonie dont on pille les matières premières.

Pourquoi n’existe-t-il pas un Google français ou européen ? Pourquoi est-on dépendants d’une entreprise américaine ?

Laisser partir nos données à l’étranger est suicidaire. »

Et d’énumérer ses propositions en faveur de la souveraineté économique française :

  • harmoniser le droit national avec un code numérique,
  • instaurer l’obligation de stocker les données personnelles dans des serveurs en France avec interdiction de les transférer,
  • développer des logiciels libres,
  • ouvrir à l’échelon européen un projet de coopération sur le numérique visant à préserver la souveraineté de nos Etats et la liberté des citoyens.

« Cette mobilisation relève de l’Etat stratège dont nous demandons le retour. « 

Marine Le Pen poursuit sur le pilier de la protection, en abordant la question des Français partis combattre en Syrie pour l’organisation Etat islamique :

« S’agissant des revenant de Daesh, nous n’en voulons pas.

Ni d’eux, qui sont des monstres, ni de leurs femmes, qui sont les complices de ces atrocités.

Pour nous, ils devraient déjà être déchus de leur nationalité française, puisqu’ils ont acquis une autre nationalité, celle de l’Etat islamique.[…]

S’ils reviennent en France, ils doivent être emprisonnés immédiatement et avoir des peines allant jusqu’à la perpétuité réelle. Ils doivent savoir que ce n’est pas une bonne idée de revenir en France. »

Nouvelle anaphore sur le pilier de la protection, insistant sur ce qu’on peut ou ne pas faire « En France » :

« En France, on ne s’habille pas en tenue religieuse dans les villes.

En France, on ne se baigne pas tout habillé dans les piscines publiques.

En France, on peut croire ou ne peut pas croire.

« En France, les filles s’habillent comment elles veulent sans être importunées.

Et au passage en France on serra la main des femmes. »

Cette partie du discours est particulièrement applaudie par la salle, comme le souligne notre journaliste sur place, Lucie Soullier :

Et Marine Le Pen de poursuivre, toujours sur le pilier de la protection :

« L’argent des Français doit d’abord revenir aux Français. Nous n’avons plus les moyens d’accueillir, de loger, de soigner, la terre entière. Protéger la France, c’est aussi préserver notre patrimoine naturel, nos lacs, nos rivières, nos forêts, nos côtes. Tout ce qui fait de la France, le pays d’une incomparable richesse. Nous devons entrer dans le pays de la civilisation écologique »

Suivez notre journaliste sur place, Lucie Souiller :

Marine Le Pen développe le premier point : la protection

« Nous sommes la force politique qui s’est donné pour mission première de protéger les Français. Si nous ne sommes plus là pour le faire, qui le fera ? Nous devons stopper le déclassement des classes moyennes. Nous sommes les défenseurs des ouvriers, des employés, des malheureux agriculteurs, des plus humbles à l’égard devrait s’exprimer la solidarité nationale. Nous sommes les derniers défenseurs de la République française. »

Marine Le Pen développe le premier point : la transmission

« ​La transmission nous oblige. C’est un devoir sacré, mais aussi un droit à la continuité historique.

C’est un trait d‘union entre les générations et un partage entre les vivants.

Pour nos enfants, la non-transmission de leur patrimoine est une dépossession, une mutilation, une lobotomisation.

La transmission ne porte pas seulement sur notre patrimoine matériel mais également immatériel : sa langue, ses valeurs, son goût pour la vie… Sans transmission, il n’y a plus de pays mais un conglomérat d’individus disparate. La nation comme le sentiment national sont de belles valeurs à enseigner. »

Elle déroule ensuite les trois principaux piliers de son projet :

  • transmission,
  • protection,
  • liberté.

Marine Le Pen vient ensuite sur le terrain de l’économie numérique et de sa régulation par l’Union européenne :

« Nous sommes en train de perdre la guerre des data, c’est-à-dire la guerre des données. L’Europe n’a pas compris que cette guerre était engagée. Vous êtes pistés commercialement comme une proie lors d’un safari. L’Union européenne est inerte face à ce danger. Elle préfère légiférer par directive sur le bruit des tondeuses à gazon. »

Lemonde.fr/politique

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