Congo: le procès de Jean-martin Mbemba s’est ouvert en son absence

 

Les accusés devant la barre dans leur nouvelle tenue de prisonniers rouge

Le procès de l’ancien ministre de la Fonction publique et président de la Commission nationale des droits de l’homme, Jean Martin Mbemba qui séjourne en France depuis quelques années, s’est ouvert en son absence mercredi à Brazzaville. Lui et ses coaccusés sont jugés pour, entre autres, atteinte à la sécurité intérieure de l’État et détention illégale d’armes et munitions de guerre.

Le procès placé sous la direction du président de la Cour d’appel, Christian Oba, s’est ouvert devant le procureur général, Michel Oniangué, la partie civile et le collège des avocats des accusés.

Le principal accusé, Jean Martin Mbemba, présumé cerveau concepteur du supposé coup d’État déjoué, était absent de la salle.  Seuls quatre de ses coaccusés sur les sept incriminés étaient devant les juges. Il s’agit notamment du colonel Jean-Claude Mbango, de l’adjudant de gendarmerie Chrislain Ismaël Mabari, de Jean-Jacques Maléla et de Roland fortuné Massamba. Ils sont tous inculpés d’association de malfaiteurs, d’atteinte à la sécurité intérieure de l’État et de détention illégale d’armes et munitions de guerre. Un arsenal militaire, d’après la Cour, acquis et mobilisé dans le but de fomenter un coup d’État pour renverser les institutions de la République.

Selon l’acte d’accusation, Jean Martin Mbemba serait l’initiateur et pivot central de ce coup d’État déjoué. La chambre d’accusation précise dans son arrêt de renvoi que l’avocat nourrissait, depuis un moment, l’ambition d’accéder à la magistrature suprême à partir d’un putsch et aurait exprimé son ambition lors d’une réunion de son parti, l’Union pour le progrès. C’est donc en vue d’atteindre cet objectif qu’il aurait sollicité le concours de l’officier de police judiciaire, le colonel Jean-Claude Mbango, alors directeur départemental de la police au Pool, de recruter les combattants ninjas devant les aider à mener un assaut sur Brazzaville, pour renverser le pouvoir en place.

Dans leur plan opérationnel, confirme l’arrêt de la chambre d’accusation, l’adjudant Chrislain Ismaël Mabari aurait reçu de leur mentor la mission d’attaquer simultanément, au moment prévu, la Maison d’arrêt de Brazzaville en vue de susciter une évasion massive des prisonniers et créer la panique dans la ville. Les autres accusés auraient, eux aussi, reçu de leur chef leur plan d’exécution devant être mis en œuvre le moment ou le jour échu.

Interrogés sur la véracité des faits qui leur sont reprochés, ces quatre accusés ont tous clamé leur innocence et rejeté en bloc les griefs qui pèsent sur eux.

Dans les débats de procédures, les avocats des inculpés ont soulevé quelques exceptions, dont la principale concerne les cinq ans que leurs clients ont passé en détention préventive, qui selon eux, était arbitraire et illégale, en violation de la Constitution du 25 octobre 2015 et de certaines dispositions du code pénal. En vertu de cette défaillance judiciaire, ces avocats ont demandé à la Cour d’annuler la procédure et de libérer simplement les accusés.

La Cour a rejeté les exceptions soulevées par les avocats, s’estimant apte à poursuivre le dossier dans le fond ce 24 mai.

Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville

 

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