Congo: Le dialogue vu par le général Jean Marie Michel MOKOKO

Introduction de Marc MAPINGOU et propos de Jean-Marie Michel MOKOKO

En me retrouvant le mercredi 6 novembre 2019 à la radio Africaine ( Africa numéro 1) au cours d’un débat avec les membres du PCT ( parti au pouvoir au Congo Brazzaville ) et un représentant de l’UPADS ( parti de l’ancien président Pascal LISSOUBA ), j’ai évoqué le dialogue, tel qu’il est défini par le philosophe français, André Comte-Sponville. « Le dialogue est le fait de parler à deux ou à plusieurs pour chercher une même vérité».
Ma question était celle de savoir s’il était possible de dialoguer avec le pouvoir de Brazzaville avec lequel, nous ne cherchons pas la même vérité ?

Malgré la dénonciation des dialogues ratés et organisés par Mr Sassou Nguesso, pour conforter son pouvoir vacillant, et assis sur la force, puis animé par une camarilla de petits politiciens en panne d’imagination, j’ai vu mes contradicteurs du parti au pouvoir se lancer dans une langue de bois, tentant de justifier l’injustifiable.

Mes contradicteurs pourtant sympathiques, nouveaux arrivants en politique, avaient oublié les méfaits causés par leur parti depuis 40 ans.

En me référant à Oscar Wilde, qui depuis sa prison avait écrit De profundis, ou de cet autre écrivain qui évoquait Lumière dans ma cellule, je me suis permis de vous faire part de la lecture que fait du fond de sa cellule non éclairée de la maison d’arrêt de Brazzaville, du dialogue à la sauce MBERI Martin.

J’ai voulu ici dire aux congolais qui soutiennent; le général Jean Marie Michel MOKOKO, que ce dernier n’a pas cessé de vous remercier, et, d’aimer ce beau pays le Congo Brazzaville, pour lequel , il est prêt à donner sa vie.

J’ai voulu aussi par ce témoignage , vous livrer la réflexion du général MOKOKO depuis cette cellule de prison où il est habité par l’esprit des pères fondateurs de notre république, et où naturellement, il est éclairé par les couleurs Vert, Jaune, Rouge.

À ma question, mon cher Jean Marie Michel MOKOKO, que penses-tu du dialogue en tant que Vertu, et du dialogue à la sauce MBERI Martin suggéré par le pouvoir de Brazzaville ?

Réponse du général Jean Marie Michel MOKOKO

 

Photo de BrazzaNews.

« Le dialogue de façon générale, est un procédé de crise auquel j’adhère profondément , pour avoir gérer ce processus, au Mali et en Centrafrique. J’ai présidé le groupe de travail de la communauté internationale locale.

Dans le cas du Congo , le dialogue doit être Inclusif et doit intéresser toutes les forces vives du Congo dans leurs composantes détaillées ( partis politiques , la société civile , les forces religieuses, les organisations économiques, les O N G et la Diaspora ). Je rejette globalement la commission instituée par la constitution de 2016, dont Mr MBERI Martin est le secrétaire exécutif pour des Raisons Suivantes :
D ‘ABORD, le caractère biaisé d’une représentation du pouvoir; son caractère exclusif et consultatif, ce qui signifie que les solutions qui sortiront de ce dialogue seront appliquées de façon sélective.

Il n’y a aucune garantie de la participation de la communauté internationale, dont la participation ouvrirait des perspectives de financement des décisions qui seront arrêtées.

Les fonctionnaires ou les représentants de l’état ne doivent participer à ce dialogue que pour apporter l’éclairage nécessaire à travers leur expertise.
Exemple: le Ministre des Finances pour des questions liées à la gestion financière, viendra faire le bilan de la situation.

Le contenu du dialogue doit aborder toutes les questions qui minent le pays sans tabou, dont les résultats permettront d’engager une perspective ordonnée de sortie de crise, car les problèmes sont tellement immenses qu’il requiert l’adhésion de tous dans toutes les formes de gouvernance.

La mise en œuvre des recommandations issues du dialogue, l’adoption de la charte constitutionnelle devant régir une période de transition, un gouvernement de transition, un parlement de transition, une cour suprême faisant office en même temps de cour constitutionnelle.

Il faut définir les missions confiées au gouvernement de transition.

Il faudra rédiger une feuille de route, récapitulant les principales recommandations issues du dialogue, une organisation des élections générales, présidentielles et législatives.

Il est souhaitable de mettre un comité de suivi, pour le respect de la feuille de route conduit par les représentants de la communauté internationale notamment (les Nations Unies, l’Union Européenne, l’Union Africaine, la Banque Mondiale et les représentants du conseil de sécurité.

Pourquoi le comité de Suivi ?

Tout simplement parce que l’exécution de la feuille de route nécessite l’appui financier et logistique des Bailleurs de fonds.
La mission du parlement de Transition sera de rédiger le projet d’une nouvelle constitution.

Propos recueilli par Marc MAPINGOU, son représentant personnel à l’étranger.

Avec Brazzanews.fr

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