Canada: Les morgues de l’Hôpital d’Ottawa débordent

 

© CBC
 

L’hôpital affirme qu’il s’efforce de réduire les problèmes de capacité « le plus rapidement possible et avec le plus grand soin ».

Des employés d’entretien et d’autres travailleurs ont été surpris de trouver des défunts dans des pièces non réfrigérées, a déclaré Lou Burri, président de la section locale 4000 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).

L’odeur devient un problème, a souligné M. Burri, qui représente les employés de bureau et de soutien, notamment les infirmières auxiliaires, les aides-soignants, les employés d’entretien et les préposés aux soins.

Des syndiqués lui ont rapporté que certains corps étaient mis dans des salles généralement prévues pour répondre aux accidents chimiques.

Début décembre, il faisait plutôt froid à Ottawa. Alors, ils laissaient les portes ouvertes pour garder la pièce réfrigérée. Une réfrigération de fortune, si vous voulez, a poursuivi M. Burri, parlant de ces salles.

Des membres du syndicat lui ont aussi dit que des corps étaient conservés dans des chambres destinées aux patients. Ça doit être très gênant pour un patient qui est là de voir un corps là-bas, a-t-il commenté.

Les problèmes de capacité de la morgue du campus Civic de l’Hôpital d’Ottawa ont été signalés pour la première fois au syndicat au début décembre. Ils ont été rapidement suivis par des rapports sur des enjeux similaires au campus Général.

Je ne comprends pas pourquoi ça arrive. – Lou Burri, président de la section locale 4000 du SCFP

[Les syndiqués] veulent vraiment que quelque chose soit fait à ce sujet. Ce n’est pas quelque chose qu’ils ont l’habitude de voir quand ils entrent dans une pièce, a-t-il ajouté.

Des espaces temporaires

L’Hôpital d’Ottawa a indiqué par écrit à CBC qu’il faisait en sorte de réduire les problèmes de capacité actuelle le plus rapidement possible, et avec le plus grand soin et respect, tout en reconnaissant les tâches difficiles et délicates dans lesquelles le personnel hospitalier est impliqué pour gérer ces circonstances.

L’établissement a également déclaré que les corps pourraient avoir besoin d’être pris en charge dans des espaces temporaires qui respectent les exigences de dignité et de procédure lorsque la capacité de ces morgues est atteinte.

Par ailleurs, l’hôpital ne donne aucune explication directe sur les raisons pour lesquelles les morgues sont surchargées et où se trouvent les espaces temporaires.

Tout adulte décédé dans l’Est de l’Ontario et nécessitant une autopsie est amené à l’Hôpital d’Ottawa et y est conservé jusqu’à la fin de la procédure, a-t-on précisé.

Dans certains cas, une personne meurt sans aucun proche pour réclamer le corps. Si cela se produit, ce dernier peut être gardé à l’hôpital plusieurs semaines ou mois jusqu’à l’obtention de l’autorisation d’enterrement, indique l’Hôpital d’Ottawa.

Des inquiétudes

Les problèmes de capacité auxquels sont confrontées les morgues de l’Hôpital d’Ottawa ne sont pas surprenants et se produisent dans tout l’Ontario, selon Scott Miller, directeur général du salon funéraire Hulse, Playfair & McGarry.

En Ontario, les hôpitaux n’ont jamais été construits pour contenir beaucoup de corps… Et nous nous inquiétons un peu de ce qui est fait et de la façon dont les corps sont pris en charge, a déclaré M. Miller, qui siège également sur le comité consultatif pour la Bereavement Authority of Ontario, qui réglemente les établissements funéraires autorisés.

M. Miller croit que les villes comme Ottawa devraient avoir une morgue centrale où les hôpitaux peuvent amener les corps s’ils manquent de place.

Selon lui, la plupart des grandes maisons funéraires ont des installations où les hôpitaux pourraient mettre les corps en attente d’autopsie.

Il a également souligné que les familles prennent maintenant plus de temps pour prendre des décisions au sujet des funérailles et des autres arrangements, laissant les hôpitaux garder les corps plus longtemps.

Dans le passé, c’était très simple. [Les familles] savaient où elles voulaient aller et elles savaient ce qu’elles voulaient avoir. – Scott Miller, directeur général, Hulse, Playfair & McGarry

Aujourd’hui, il y a tellement de choix. Les gens sont passés des funérailles confessionnelles à des arrangements plus festifs, et ils se disent : « Nous devons parler avec tout le monde dans la famille, prendre une décision [sur] ce que nous allons faire », a ajouté M. Miller.

CBC/Radio-Canada d‘après les informations de Hillary Johnstone de CBC

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