L’Espagne fait état de plus de 500 morts en 24 heures, un nouveau record

Huit personnes en combinaison de protection marchent devant une résidence.

Des militaires quittent un centre d’hébergement pour aînés après avoir tout aspergé de désinfectant, à Madrid.Photo : Reuters / Susana Vera

Deuxième pays le plus touché en Europe après l’Italie, l’Espagne a enregistré entre lundi et mardi un nouveau record de morts dus au coronavirus, avec 514 décès supplémentaires, ce qui porte le bilan total à 2696.

Lundi, le pays avait annoncé 410 morts supplémentaires. Selon les nouveaux chiffres publiés par le ministère de la Santé mardi, le nombre total de cas confirmés a, lui, progressé de 20 % et s’approche des 40 000 avec 39 673 alors que les autorités multiplient les tests.

Nous sommes dans la semaine difficile, durant laquelle nous attendons de voir si, grâce au strict confinement de la population, nous allons réussir à atteindre le pic (de l’épidémie) et commencer à voir baisser le nombre de cas, a expliqué le directeur du centre d’alertes sanitaires Fernando Simon lors de son point presse quotidien.

La pression sur le système de santé, décimé par la contamination de 5400 professionnels, va continuer à s’aggraver tant que de nouveaux patients devront être hospitalisés, a toutefois prévenu M. Simon.

Selon lui, les cas d’infection du personnel soignant sont dus en partie au manque d’équipements de protection dans certains endroits, mais il a souligné la difficulté à se procurer ce matériel au niveau mondial.

Face à la saturation de ses services funéraires, Madrid a décidé d’aménager comme morgue la grande piste de patinage d’un centre commercial.

Deux personnes portant des masques poussent un chariot sur lequel est posé un cercueil.

 

Des employés d’une maison funéraire transportent le cercueil d’une personne décédée de la COVID-19, à Madrid.Photo : Reuters / Juan Medina

Nous n’avons pas la capacité logistique de pouvoir procéder aux enterrements et aux incinérations étant donné le rythme auquel se produisent les décès, a reconnu le maire de la capitale José Luis Martinez-Almeida.

L’armée continue de son côté de désinfecter des maisons de retraite, qui sont des établissements à la population très vulnérable où des dizaines de décès ont été enregistrés. Les militaires ont retrouvé des cadavres dans certaines résidences, a confirmé sans donner plus de détails le chef d’état-major de la Défense Miguel Angel Villarroya.

Propagation accélérée en Europe

La pandémie de coronavirus a déjà fait 17 000 morts au niveau planétaire, et elle s’accélère, a estimé lundi l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui appelle les pays à passer à l’attaque en testant tous les cas suspects et en multipliant les quarantaines.

Ce mardi, ce sont les Britanniques qui découvrent le quotidien calfeutré. Le premier ministre Boris Johnson, après des semaines d’atermoiements, s’y est finalement rallié, décrétant lundi soir un confinement pour au moins trois semaines au Royaume-Uni.

En Russie, c’est la fermeture des écoles qui est entrée en vigueur cette semaine.

En Europe, le cap des 10 000 personnes tuées par le coronavirus a été franchi en ce début de semaine, la majorité en Italie (plus de 6000), pour un total de près de 200 000 cas d’infection – une comptabilité officielle sans doute inférieure à la réalité.

Même l’Allemagne, chantre de la rigueur économique, a décidé de suspendre ses restrictions constitutionnelles liées aux déficits publics afin d’injecter des centaines de milliards d’euros pour soutenir son économie nationale. Le gouvernement table sur une récession d’au moins 5 % pour 2020.

Les États-Unis se préoccupent d’économie

Les États-Unis, eux, vont très bientôt se rouvrir au monde des affaires, a paradoxalement déclaré Donald Trump dans la nuit de lundi à mardi.

Nous ne pouvons pas laisser le remède être pire que le problème lui-même.

Donald Trump, président des États-Unis, lors de son point de presse quotidien

Après avoir minimisé – et moqué – la menace sanitaire pendant des semaines, puis s’être posé en président rassembleur d’un pays en guerre, M. Trump multiplie désormais les messages ambigus sur les restrictions en place pour limiter la propagation de la COVID-19. Ses dernières déclarations semblent destinées à enrayer le vent de pessimisme qui souffle sur l’économie américaine et mondiale.

Car la Réserve fédérale (Fed) a eu beau annoncer lundi des aides massives aux entreprises et collectivités pour leur donner de l’oxygène, les marchés mondiaux y sont restés insensibles lundi : le Dow Jones est tombé à son plus bas depuis novembre 2016, et les bourses européennes ont également chuté.

Mardi, les bourses nord-américaines ont toutefois ouvert en hausse, suivant le bond effectué en Asie et en Europe devant des nouvelles vaguement encourageantes sur le front sanitaire en Asie.

Pendant ce temps, l’OMS a toutefois averti mardi que les États-Unis, où le nombre de personnes infectées par le nouveau coronavirus explose, pourraient bientôt dépasser l’Europe et devenir l’épicentre de la pandémie. Le pays cumule maintenant plus de 46 000 cas et près de 600 morts.

Levée progressive du confinement en Chine

La province chinoise du Hubei, berceau de la pandémie de COVID-19, s’apprête à lever sa quarantaine au moment où plus de 3,2 milliards d’habitants dans le monde sont confinés, l’Inde ayant imposé mardi un confinement de 21 jours à ses 1,3 milliard de citoyens.

Dès mercredi, les habitants du Hubei considérés comme sains pourront pour leur part se déplacer librement. Ceux de Wuhan, ville au cœur de l’épidémie et placée sous cloche depuis fin janvier, devront attendre le 8 avril, ont annoncé mardi les autorités.

Pour aller et venir, les habitants devront impérativement justifier d’un code QR « vert » sur leur téléphone portable. Délivré par les autorités, il atteste de leur non-infection par le nouveau coronavirus.

Des dizaines de personnes se tiennent debout en rangée. Tous sont vêtus d'habit de protection, de masque et de gants, et sont munis d'une bonbonne de désinfectant.

 

Du personnel sanitaire se prépare à asperger de désinfectant une station de train de Wuhan, dans le Hubei, le 24 mars. La vie reprend peu à peu dans cette province qui a été totalement confinée pendant environ deux mois.

Photo : afp via getty images

J’attends avec impatience la liberté, a confié Willa, une Chinoise de Wuhan qui n’a pas souhaité donner son nom complet. Après plus de deux mois de confinement, les habitants sont sous une pression immense, a-t-elle expliqué à l’AFP.

La Chine a fait état mardi de 78 nouveaux cas de COVID-19. Mais il s’agit presque exclusivement de personnes venant de l’étranger. Une tendance qui alimente les craintes d’une nouvelle vague de contagion dans le pays, où l’épidémie était pratiquement jugulée.

Ces dernières semaines, le nombre de nouvelles contaminations dans le Hubei s’est considérablement réduit. Certains habitants ont déjà repris le travail et les transports publics redémarrent progressivement.

Enfin, le Japon et le Comité international olympique (CIO) se sont entendus mardi pour reporter les Jeux de Tokyo à 2021.

Par Radio-Canada avec AFP

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