Les États-Unis frappés de plein fouet par le Covid-19

Des infirmières et des membres du service hospitalier de l’hôpital Mount Sinai rendent hommage à leurs collègues décédés après avoir été infectés par le virus, le 10 avril 2020, à New York.
© JOHANNES EISELE/AFP Des infirmières et des membres du service hospitalier de l’hôpital Mount Sinai rendent hommage à leurs collègues décédés après avoir été infectés par le virus, le 10 avril 2020, à New York.
Malgré la propagation du virus, Donald Trump envisage de rouvrir le pays pour relancer l’activité.

Les cinquante États de l’Union font dorénavant l’objet des mesures d’urgence qui mettent à leur disposition des fonds fédéraux pour compléter leurs efforts face à la catastrophe. Elles donnent aussi des pouvoirs exceptionnels aux gouverneurs qui peuvent contourner certaines lois et réglementations. Presque tous les États et les grandes villes ont pris, à des degrés divers, des mesures de confinement ou de restriction des activités.

Ces mesures ont permis de ralentir la progression de l’épidémie. Les seuls signes un peu encourageants ces derniers jours étaient l’augmentation moins rapide que prévu du nombre des hospitalisations dans certains foyers infectieux, comme New York ou Detroit. Cette légère inflexion par rapport aux projections des dernières semaines a de nouveau conduit le président américain à envisager la levée des mesures de confinement. Voici deux semaines, Donald Trump avait déjà annoncé son intention de «rouvrir le pays» pour Pâques, avant de se ranger à l’avis de ses conseillers, qui avaient souligné, modélisations à l’appui, le risque d’une augmentation rapide du nombre de victimes.

Mais le président doit aussi tenir compte de la grave récession économique en cours, et de l’augmentation vertigineuse du nombre de chômeurs, qui a atteint un taux historique aux États-Unis. Trump a annoncé qu’il réfléchissait de nouveau à annoncer la reprise de l’activité. La date envisagée est fixée au début du mois de mai. Parallèlement à la «Task Force» dirigée par le vice-président Mike Pence, Trump veut annoncer mardi la nomination d’un «Conseil pour rouvrir notre pays», comme il l’a surnommé. L’avis de ce groupe informel, lui servira à prendre sa décision. «Ce sera la plus importante de ma vie, et j’espère que ce sera la bonne», a dit le président. «Mais les données sont là-dedans», a ajouté Trump en montrant sa propre tête.

L’idée serait de relancer l’activité dans les États ou les régions les moins touchés par l’épidémie, et de maintenir des mesures de confinement strictes dans les principaux foyers infectieux. Le Dr Anthony Fauci, le directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses, l’un des principaux conseillers de Trump en matière sanitaire et l’un des seuls capables de le contredire, ne s’est pas montré aussi optimiste que le président. Il a rappelé que si le nombre des victimes avait moins augmenté que prévu, c’était justement grâce à ces mesures, et que leur levée ne pouvait se faire que de façon prudente. Mais il n’a pas entièrement exclu la possibilité d’une réouverture partielle du pays.

«On pourra peut-être à la fin du mois commencer à l’envisager», a dit le Dr, qui fait dorénavant figure d’oracle médical, «mais ça ne sera pas comme si on appuyait sur un interrupteur, clic, et tout se remet en marche. Nous espérons que d’ici à la fin du mois nous pourrons regarder la situation et voir quelles mesures nous pouvons lever ici ou là en toute sécurité».

La large autonomie des gouverneurs

Mais en fin de compte, la décision de réouverture proviendra des gouverneurs et des maires des grandes villes, qui ont imposé des mesures strictes de distanciation sociale, souvent avant et au-delà des recommandations fédérales.

Car depuis le début de la crise, Trump a laissé une large autonomie aux gouverneurs des États et aux maires des grandes villes. «Je préfère permettre aux gouverneurs de prendre des décisions sans intervenir», a-t-il expliqué. «D’un point de vue constitutionnel, c’est ainsi que ça doit se passer. Si je ne suis pas d’accord avec une mesure, j’ai le droit de le faire. Mais je préfère qu’ils le fassent eux-mêmes».

Trump a justifié cette approche par la situation différente de l’épidémie dans les villes densément peuplées des côtes et les États plus ruraux du centre ou de l’Ouest, comme dans l’Iowa, le Nebraska ou l’Idaho, où les cas sont beaucoup moins nombreux. Certains États parmi les premiers touchés par la pandémie, comme la Californie ou l’État de Washington, sur la côte Pacifique, ont réussi à endiguer au moins partiellement la progression de l’épidémie.

Mais cette réponse décentralisée a aussi suscité de nombreuses critiques, qui reprochent au président Trump de ne pas avoir imposé des mesures à l’échelle nationale. Une certaine désorganisation dans l’approvisionnement en matériels médicaux des États les plus touchés a aussi été attribuée à ce retrait du gouvernement fédéral. Même si une partie de ces problèmes logistiques ont été réglés, des pénuries demeurent, notamment en équipements de protection individuels pour les personnels des hôpitaux les plus touchés. Les tests manquent aussi en nombres suffisants pour permettre de circonscrire avec efficacité. Trump a nié ces pénuries, les qualifiant de «fausses nouvelles».

Ayant souvent décrété des mesures sans attendre les recommandations fédérales, un certain nombre de gouverneurs ont déjà fait savoir qu’ils ne les lèveraient pas sur une simple injonction de Washington. Certains les ont déjà prolongées au-delà du mois de mai. «Personne ne veut plus que moi revenir à la vie normale», a expliqué à la chaîne de télévision CNN le gouverneur démocrate de Virginie Ralph Northam, qui a fermé les écoles jusqu’à l’été, «mais nous devons aussi faire face à la réalité». Le gouverneur républicain de l’Ohio, Mike DeWine, l’un des premiers à avoir pris des mesures de confinement, a annoncé qu’elles «devaient continuer», et que seuls des tests généralisés permettraient la reprise progressive de l’activité.

Avec Le Figaro par Adrien Jaulmes

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Une Réponse to “Les États-Unis frappés de plein fouet par le Covid-19”

  1. Bouesso Says:

    Une pandémie casse-tête pour les grandes nations ?

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