Liban-Congo/Affaire Commisimpex : En guerre ouverte devant les tribunaux français, Hojeij et la partie adverse négocient en secret à Beyrouth

 

Photo de BrazzaNews.Photo de BrazzaNews.

 

Alors qu’il enchaîne à Paris les opérations de saisie spectaculaires, l’entrepreneur libanais Mohsen Hojeij, qui réclame 1,2 milliard d’euros au Congo, négocie dans le plus grand secret avec la présidence congolaise.

C’est une négociation à l’ancienne, sans réouverture de l’aéroport de Beyrouth, le 1er juillet, des émissaires ont fait le voyage par avions privés entre Brazzaville et le Liban. But de ce pont aérien : trouver un compromis avec l’entrepreneur libanais Mohsen Hojeij, patron de la société Commisimpex, dont la créance de 100 millions d’euros sur le Congo au début des années 1990 s’est, au fil des ans et des intérêts accumulés, transformée en une dette de 1,2 milliard €.

Les pourparlers ont lieu dans la discrétion la plus extrême car, dans le même temps, les avocats de Mohsen Hojeij multiplient les opérations de saisie contre les avoirs du Congo en France tandis qu’à Brazzaville, le président Denis Sassou Nguesso dit et répète à tous ses interlocuteurs qu’il ne négociera jamais avec l’entrepreneur libanais.

Médiation ailée
Pour préserver la confidentialité des échanges, seul le tout premier cercle des deux parties est associé aux discussions. A la suite du déplacement d’un émissaire de la présidence congolaise à Beyrouth dans les premiers jours de juillet, l’entourage de Mohsen Hojeij a offert de libérer le Falcon 7X du Congo saisi en France le mois dernier si le pays accepte de s’engager sur un échéancier de remboursement.

Les discussions ont suffisamment avancé pour que deux visioconférences soient organisées entre les deux parties, la boucle la première le 15 juillet et la seconde le 17. A ce jour, aucun compromis n’a encore été trouvé, ni sur l’avion ni, plus largement, sur le règlement de la dette. Mohsen Hojeij joue la montre : ses avocats français s’activent pour vendre le plus vite possible le Falcon saisi en France.

Pourparlers sous pression
Si Mohsen Hojeij et Denis Sassou Nguesso ont accepté de prendre langue et d’envisager un compromis, c’est qu’ils y ont été très fortement incités. Les entreprises françaises, au premier rang desquelles le pétrolier Total et l’électricien EDF, sont sans cesse visées par des procédures de Mohsen Hojeij pour saisir le revenu de leurs opérations au Congo.

Irritées d’être prises à partie dans ce harcèlement juridique, elles ont indiqué à la présidence congolaise qu’elles envisageaient de revoir leur présence dans le pays si le problème n’était pas réglé.

Mohsen Hojeij, pour sa part, a été fragilisé par la crise financière qui frappe Beyrouth et s’est retrouvé sous pression de plusieurs oligarques libanais, tout particulièrement le président du Parlement, Nabih Berri, patron du mouvement chiite modéré Amal.

Ce dernier craint que la guérilla prolongée entre Hojeij et le Congo ne finisse par avoir des conséquences pour toute la communauté chiite active en Afrique, dont Berri est le référent et la figure tutélaire.

Avec Africa Intelligence

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