Trois-Rivières(Québec) Mésentente pour la relocalisation de l’entreprise Casafriq: Elvire Toffa songe à quitter la région

Trois-Rivières — Devant son incapacité à pouvoir relocaliser son commerce dans le local qu’elle convoitait et pour lequel elle avait élaboré son plan d’affaires, la propriétaire du commerce Casafriq et de l’Académie des Amazones, Elvire Toffa, envisage désormais de quitter la région et de s’installer ailleurs. L’entrepreneure estime ne pas avoir obtenu l’appui nécessaire pour relocaliser son gagne-pain dans un endroit qui répondrait à ses besoins. Une affirmation vivement contredite par la Ville et Innovation et développement économique (IDE) Trois-Rivières, qui assure avoir offert un accompagnement dans les règles de l’art.

Elvire Toffa souhaitait relocaliser Casafriq et l’Académie des Amazones dans ce local de la rue Fusey, mais son projet ne verra pas le jour.

© STÉPHANE LESSARD Elvire Toffa souhaitait relocaliser Casafriq et l’Académie des Amazones dans ce local de la rue Fusey, mais son projet ne verra pas le jour. On se souviendra que Casafriq, qui était auparavant sur la rue des Forges au centre-ville, a fermé ses portes après qu’un avis de réserve foncière eut été émis par la Ville sur cette bâtisse, en raison des travaux à venir pour l’agrandissement de la salle J.-Antonio-Thompson. Bien que la Ville ne réclamait pas son départ immédiat et avait même gelé les conditions de son bail pour deux à trois ans, puisque les travaux n’allaient pas débuter tout de suite, la locataire a préféré quitter en juillet 2019.

Bien connue dans la région, notamment en tant que présidente du Regroupement des Amazones d’Afrique et du Monde, Elvire Toffa a multiplié les implications sociales dans les dernières années, spécialement pour les femmes immigrantes à Trois-Rivières. En juin dernier, elle était à l’origine d’une manifestation en mémoire de Georges Floyd et en soutien au mouvement «Black Lives Matter», une marche pacifique tenue à Trois-Rivières et qui a rassemblé plus de 500 personnes.

Il y a environ quatre mois, Mme Toffa a entamé des démarches avec IDE Trois-Rivières afin de relocaliser son commerce. Elle a eu le coup de coeur pour le 55 rue Fusey, connu comme la Zone entrepreneuriale, où elle souhaitait y relocaliser Casafriq, ses services de coiffure et de vente de divers produits, son studio de danse africaine et également y installer l’Académie des Amazones, un incubateur pour les femmes immigrantes souhaitant se partir en affaires.

Toutefois, les versions de Mme Toffa et d’IDE Trois-Rivières diffèrent beaucoup sur la suite des choses. Elvire Toffa mentionne avoir été visiter le local à quatre reprises, et qu’elle avait indiqué au commissaire industriel qu’elle était très intéressée à le louer. Elle affirme avoir également reçu verbalement toutes les modalités de location du local de même que le prix du loyer de la part du commissaire industriel, lui laissant comprendre qu’elle pourrait signer le bail.

Or, IDE Trois-Rivières soutient plutôt que l’entrepreneure a visité l’endroit à deux reprises, soit le 29 juin et le 13 juillet, mais que des démarches étaient aussi en cours avec d’autres organisations qui étaient intéressées par les lieux. Selon le directeur général adjoint aux opérations, Francis Brouillard, aucune offre formelle sur papier n’avait encore été faite à Mme Toffa.

Le 31 août, Mme Toffa s’est présentée aux bureaux d’IDE, pensant aller signer son bail. «Quand je suis arrivée, j’ai vu que ça avait changé. On m’a dit que le local n’était pas à moi, qu’il allait être loué à un OBNL du secteur Cap-de-la-Madeleine. Je n’en suis pas revenue. J’ai monté un plan d’affaires pour ce local, j’ai travaillé fort avec des partenaires, et d’un seul coup on m’apprenait que ça ne tenait plus», mentionne Elvire Toffa.

Or, Francis Brouillard réitère qu’il n’aurait pas pu y avoir signature d’un bail cette journée-là, puisque les modalités de location officielles n’avaient même pas été proposées à l’entrepreneure. «Je l’ai par la suite contactée moi-même pour qu’on se fixe une rencontre pour en rediscuter ensemble, mais elle ne s’est pas présentée à la rencontre», soutient M. Brouillard.

Elvire Toffa affirme pour sa part qu’elle n’a pas pris l’appel de M. Brouillard, puisque ce dernier ne l’avait pas contactée du téléphone officiel d’IDE Trois-Rivières mais plutôt d’un cellulaire. «Je me suis méfiée. Ce n’est pas vrai que je ne me suis pas présentée à la rencontre puisque je n’avais pas confirmé que cette rencontre aurait lieu», affirme-t-elle.

Finalement, une ultime rencontre a eu lieu le 17 septembre entre les deux, afin de refaire le tour du projet, indique M. Brouillard. Toutefois, il a été reconfirmé quatre jours plus tard que le local du 55 rue Fusey ne serait pas disponible et serait loué à un autre OBNL.

M. Brouillard rappelle qu’à deux reprises, la dame aurait manqué un rendez-vous avec un représentant d’IDE, et souligne par ailleurs que l’organisme a fait la démarche de «valider ses bonnes habitudes de paiement». Mme Toffa nie pour sa part qu’elle avait des dettes envers la Ville, ce que lui aurait indiqué l’un des fonctionnaires au dossier.

«Tout ce que je demande, c’est qu’on m’aide à me relocaliser, parce que c’est en raison de leurs décisions et de l’avis de réserve foncière que je suis partie de là. C’est la Ville qui m’a délocalisée. Mais j’ai vraiment l’impression que ça ne les intéresse pas, qu’ils ne considèrent pas que mon entreprise est importante», soutient celle qui n’écarte plus aujourd’hui la possibilité de déménager dans la couronne nord de Montréal pour relocaliser Casafriq et l’Académie des Amazones.

Pour sa part, IDE estime avoir fait le maximum et considère toujours que la porte n’est pas fermée pour travailler avec Mme Toffa. «Il y a eu quatre commissaires industriels qui ont travaillé sur ce dossier, c’est davantage que les ressources que nous consacrons à un entrepreneur habituellement. Lors de notre dernière communication, j’ai démontré mon ouverture à continuer de l’accompagner dans le développement de son projet à Trois-Rivières, dans d’autres locaux. C’est toujours le cas», assure Francis Brouillard, qui souligne que la réponse reçue laissait comprendre que la dame souhaitait plutôt cesser la collaboration.

Avec Paule Vermot-Desroches – Le Nouvelliste

                                                  

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