Reconfinement : ces Parisiens qui veulent fuir la capitale

TÉMOIGNAGES – Évoquant un premier confinement «oppressant», de nombreux Franciliens préparent déjà leur exode hors de la région parisienne.

Emmanuel Macron pourrait annoncer un reconfinement généralisé de la population française ce mercredi 28 octobre, à 20 heures. Mais sans même attendre l’allocution du président, nombreux sont les Franciliens à déjà avoir prévu leur départ de la région parisienne, craignant de revivre l’infernal isolement qu’ils ont vécu entre mars et mai dernier.

«C’était dur psychologiquement», confie au Figaro Anna, 24 ans, confiné dans le petit appartement de ses parents à Neuilly-sur-Seine, lors du premier confinement. «Je ne suis pas à plaindre, je n’ai pas perdu mon emploi, mes proches et moi-même n’avons pas été malades. Mais rester enfermer chez soi, dans une bulle de 60 mètres carrés, 12 si l’on ne compte que ma chambre qui me sert aussi de bureau, c’est stressant, et source d’engueulades !», affirme-t-elle. «Et toutes ces patrouilles de police, à chaque sortie, c’est oppressant.» Elle ne le vivra pas deux fois : dès ce mercredi soir, jeudi si «Emmanuel Macron est clément», elle filera en Normandie, dans la résidence secondaire de ses parents, située dans les environs de Bernay. Pour au moins un mois, espère-t-elle. «L’air est plus pur, on respire, on se sent libre !».about:blank

«C’est parfois agréable de fuir le stress urbain»

Un sentiment de liberté que partage Christine, 43 ans, qui quittera jeudi son appartement du 13e arrondissement de Paris pour se confiner dans sa résidence de Senonches (Eure-et-Loire). «Là, au moins, je pourrais profiter de mon grand jardin, de mes fleurs, des animaux des voisins ! Ça va me changer du petit balcon avec vue sur les dalles des Olympiades.» Un confinement qui sent bon les vacances ? «On ne va pas se mentir, c’est parfois agréable de fuir le stress urbain, le trafic, les cris… Je continuerai à travailler de là-bas, évidemment !, ironise la chargée de communication, mais avec un poids bien moindre, malgré mes deux enfants. Surtout que mon boss n’était pas trop pour le télétravail, donc je devais y aller tous les jours, ou presque. Désormais il est dos au mur !»

Le télétravail, Julie non plus ne l’a pas beaucoup expérimenté : «On parle beaucoup de confinement plus ‘souple’, moins ‘contraignant’. J’ai peur que les patrons en profitent pour nous empêcher de partir à la campagne». La développeuse informatique de 30 ans, pourtant, a déjà prévu d’aller jeudi matin dans la maison de son compagnon, à Barbâtre, en Vendée. Peu importe ce que sa direction lui dit. «Non seulement ce sera plus agréable que mon appartement du 17e pour travailler, pour vivre, mais en plus, la situation sanitaire l’impose. Si l’on est actuellement à 500 morts par jour, c’est justement parce que le télétravail n’est pas imposé, que les gens s’amassent dans le métro, que le couvre-feu n’est pas respecté !»

«Un mal pour un bien»

Yélena Laprie, 24 ans, quittera Montrouge pour Arcy-sur-Cure (Yonne) dès que possible, «à l’instant même où Macron nous donnera le top départ !» «Dans un 20 mètres carrés avec mon petit ami, je n’attends qu’une chose : fuir !» Stagiaire, elle se confinera chez sa belle-mère, accompagnée de son copain et de son beau-frère. «De toute façon, si je reste dans mon appartement à travailler, je pète un câble. Au moins, là-bas, j’aurais un vrai espace de travail.» Déjà contaminée par le coronavirus le mois dernier, la jeune femme déplore un confinement trop tardif : «Le couvre-feu n’a servi à rien, je ne comprends pas cette étape. Pire, ça a redonné de l’espoir à une bonne partie de la population, qui s’est relâchée !» Et de déplorer : «Je prends le métro tous les jours pendant une heure et demie, et ça s’est dégradé ces dernières semaines : je vois de plus en plus de personnes sans masque, qui ne se lavent pas les mains… Le confinement est un mal pour un bien.»

«C’est vrai que la situation dans les transports en commun, avec l’attroupement aux heures de pointe, c’est un enfer», déplore aussi Levis Athegni, qui habite dans la cité des Beaudottes, à Sevran (Seine-Saint-Denis). «C’est aussi pour ça que je vais aller à Rouen, pour fuir un peu toute cette pagaille», dit-il, évoquant l’éventuel confinement «plus souple» qui risquerait de ne pas arranger la situation dans les trains et métros. «Puis à Rouen, la police sera sûrement moins exigeante qu’à Paris.»

Virgile Laurent-Durand, lui, juge ce nouveau confinement «dégueulasse pour les gens comme (lui) qui, depuis février, ont mis de côté leur vie sociale». S’il migrera avec sa copine vers Biarritz, «où les contaminations sont moindres», ce n’est pas forcément de gaieté de cœur : «Une partie de la population est totalement responsable. Et je reproche également aux médias, aux chaînes d’information continue, d’avoir relayé la parole de ces ‘rassuristes’, professeurs, philosophes, qui ont minimisé cette deuxième vague. C’est à cause d’eux qu’on en est là aujourd’hui.» Le propriétaire d’une start-up, âgé de 26 ans et travaillant à Paris, ne croit d’ailleurs pas à une «durée de quatre semaines», comme évoqué çà et là. «La situation est catastrophique, je pense qu’on est parti jusqu’à Noël.» Et de conclure : «Au moins, je serai proche de la mer, avec moins de gens, moins de pollution, et moins de nervosité. Ça ira. Jusqu’au prochain déconfinement, et jusqu’au troisième confinement.»

Avec Le Figaro par Steve Tenré

Une Réponse to “Reconfinement : ces Parisiens qui veulent fuir la capitale”

  1. Bouesso Says:

    Il est temps de mieux conscientiser la population !

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