Le Vatican dément avoir couvert les abus sexuels de l’ex-cardinal McCarrick

Le Saint-Siège a démenti mardi avoir passé sous silence les agissements sexuels de l’ex-cardinal américain, admettant toutefois dans un rapport avoir commis des erreurs sur la foi d’informations inexactes et incomplètes.

Le Vatican publie, mardi 10 novembre, un rapport inédit de 460 pages portant sur la chaîne de responsabilité qui a conduit à nommer et promouvoir, évêque puis cardinal, Théodore McCarrick, ancien archevêque de Washington. Après avoir établi comme faits vérifiés, ce qui n’était que des rumeurs – homosexuel, le prélat attirait de jeunes prêtres et séminaristes dans ses résidences personnelles – le pape François l’a déchu en 2018 de toutes ses fonctions, y compris le cardinalat, une mesure très rare.

Compte tenu de la notoriété du personnage – occupant le prestigieux poste de Washington de 2000 à 2006, il fut une figure de proue du catholicisme américain – sa dégradation ecclésiale (il fut même réduit à l’état laïc, il n’est donc plus prêtre, en 2019) a provoqué un scandale immense dans l’Église catholique américaine et au-delà.

Mais l’affaire a ouvert un second scandale en août 2018 quand l’ancien nonce apostolique aux États-Unis, Mgr Carlo Maria Vigano, publia un mémoire accusant le pape François d’avoir couvert, en connaissance de cause, les agissements de McCarrick allant jusqu’à lui confier des missions dans le monde. Vigano demanda alors la démission du pape. C’est cette lourde accusation qui a décidé le pape François à commander ce rapport détaillé et officiel reprenant, selon le Saint-Siège, tous les éléments d’archives et de témoignages sur l’affaire.

Une pratique sans précédent

Plus de deux années de travail dont une première synthèse indique que la nomination de McCarrick à Washington en 2000 par Jean-Paul II avait déjà été retardée suite à un avis négatif de l’archevêque de New-York, le cardinal O’Connor. Mais c’est une lettre adressée au pape polonais de Mgr McCarrick où il niait personnellement toutes les accusations qui finit par convaincre le pape Jean-Paul II de donner le feu vert. Une fois élu en 2005, Benoît XVI, refusa toutefois accorder une prolongation du mandat de Washington en 2006 parce que les doutes sur les agissements de McCarrick s’étaient encore renforcés.

Autre élément mis en avant dans la synthèse présentant le rapport, aucune plainte n’avait été déposée contre les agissements du prélat. Il visait de jeunes adultes. Cette absence de plainte a également freiné le discernement. Il a fallu que l’Eglise retrouve ces témoins et qu’ils acceptent de raconter les faits pour que Rome puisse acquérir la certitude que les rumeurs contre McCarrick étaient fondées.

Le cardinal Pietro Parolin, actuel secrétaire d’Etat, explique que c’est donc « avec douleur » que l’Eglise publie un tel rapport, une pratique sans précédent. Mais il souligne que cette affaire a permis des « avancées significatives » dans la réforme des procédures de lutte contre ce genre de phénomènes, surtout au niveau des évêques. Ils étaient relativement protégés jusque-là par le droit interne de l’Eglise. Ce n’est plus le cas désormais.

Avec Le Figaro par Jean-Marie Guénois

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