États-Unis: Une avalanche de contamination au coronavirus et un rebond de décès

La troisième vague du coronavirus, qui touche l'ensemble des États-Unis, est plus sévère que les deux premières, qui avaient frappé le pays au printemps et à l'été.
La troisième vague du coronavirus, qui touche l’ensemble des États-Unis, est plus sévère que les deux premières, qui avaient frappé le pays au printemps et à l’été.

Les États-Unis connaissent actuellement une troisième vague du Covid-19 pire que les deux premières. Entre l’échec du contact tracing et les déplacements pour Thanksgiving, les contaminations ont flambé dans tout le pays.

Les États-Unis se retrouvent en plein coeur d’une troisième vague du coronavirus encore plus destructrice que les deux précédentes. Tous les indicateurs atteignent des records. Le 2 décembre, le palier des 100 000 hospitalisations pour cause de Covid-19 a été franchi pour la première fois depuis le début de la pandémie. Un chiffre qui atteignait les 101 000 ce 7 décembre, selon covid tracking. Soit 40 % de plus que lors du pic des deux premières vagues, précise Le Parisien.

Le nombre de décès par jour liés au coronavirus a également battu un record, avec 2 879 morts enregistrées le 3 décembre. D’ailleurs, depuis la fin du mois de novembre, la barre des 2 000 décès par jour a été franchie à plusieurs reprises.

Quant aux contaminations, 225 200 nouveaux cas ont été enregistrés en 24 heures, vendredi 4 décembre. Du jamais-vu dans le pays. Un chiffre qui s’explique notamment par la hausse du nombre de tests réalisés, mais qui illustre bien à quel point la circulation du virus est intense dans le pays.

L’effet Thanksgiving

D’ailleurs, contrairement aux deux premières vagues, qui étaient plutôt localisées – la première concernant essentiellement le Nord-Est du pays, la deuxième les grands États du Sud et de l’Ouest – cette troisième vague frappe tout le pays de manière diffuse. Comme le rapporte Le Parisien, 45 États sur 50 ont enregistré des records de cas au cours d’une des semaines de novembre.

Une tendance qui a été renforcée depuis Thanksgiving. Cette fête familiale, qui a eu lieu le jeudi 26 novembre – avec un week-end prolongé jusqu’au 29 – a été l’occasion d’un déplacement massif et sans précédent des Américains depuis le début de la crise sanitaire. Selon l’agence TSA, chargée des contrôles de sécurité dans les aéroports, plus de sept millions de personnes ont pris l’avion pour célébrer cette fête avec leurs proches.

Il faut dire que si les Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies appelaient à ne pas voyager et à fêter Thanksgiving uniquement avec les membres de son foyer, Donald Trump avait invité, de son côté, “tous les Américains à se rassembler, chez eux et dans des lieux de culte”. “Nous pourrions voir une nouvelle flambée s’ajouter à la flambée actuelle des nouvelles contaminations au coronavirus”, avait pourtant mis en garde l’immunologiste Anthony Fauci. Les chiffres des nouvelles contaminations, plus élevés que jamais un peu plus d’une semaine après les célébrations, lui donnent malheureusement raison.

L’échec du contact tracing

Le pays n’a, par ailleurs, pas pu compter sur le contact tracing pour tenter de ralentir la propagation du virus. Le principe outre-Atlantique était initialement le même qu’en Europe : informer le plus rapidement possibles les personnes avec qui un malade du Covid-19 a été en contact étroit plus de 15 minutes dans la période où il était contagieux.

Sauf que ce système a très vite montré ses limites. D’une part, le virus a atteint un niveau de circulation très élevé depuis de très longues semaines, avance le New York Times. En plus, les résultats des tests sont lents, les nombreux malades ont donc le temps de côtoyer plusieurs personnes avant d’être prévenus qu’ils sont positifs. Résultat, il y a généralement non pas un ou deux cas contacts à prévenir, mais plutôt une douzaine, constate Fran Phillips, secrétaire adjoint à la Santé Publique du Maryland. De quoi donner encore plus de travail aux équipes en charge du contact tracing, qui mettent du temps à prévenir tous les intéressés, complète le quotidien américain.

De nombreux contacts de malades ne sont même jamais informés, notamment au Texas, en Arizona ou en Caroline du nord. Certaines villes de Floride ont d’ailleurs carrément abandonné ce processus, préférant répartir autrement les moyens humains.

Pas de règles fédérales

Les circonstances aggravantes des dernières semaines apparaissent dans un pays qui a géré le coronavirus d’une façon bien différente de la nôtre, notamment en raison de sa nature politique profonde et du pouvoir des États. Très, très peu de restrictions ont été prises à l’échelle nationale.

Certes, “les questions sanitaires dépendent des États”, nous expliquait Jean-Éric Branaa, maître de conférences à l’université Paris 2 et auteur de Rien ne sera plus comme avant – L’Amérique au temps du coronavirus, pour un précédent article. Mais dans les cas exceptionnels – attentat, catastrophe naturelle ou pandémie – le gouvernement reprend la main, nous précisait-il. Or, Donald Trump a préféré laisser aux États la charge de prendre des mesures contre la diffusion du coronavirus.

Outre ce manque d’unité nationale, une partie des Américains sont encore très dubitatifs – voire même carrément sceptiques – quant à l’existence même du coronavirus. Certains patients, pourtant atteints du Covid-19, assurent que le virus est une invention et que les masques ne servent à rien, à raconté à CNN, Mary Jones, infirmière dans l’unité Covid d’un hôpital du Kansas. Cette dernière idée a d’ailleurs été largement influencée par Donald Trump, qui a très longtemps refusé d’en porter en public.

Le pire est à venir ?

Pour les experts, les chiffres actuels montrent que le pire est encore à venir aux États-Unis. Le nombre de morts devrait doubler d’ici deux semaines, avec 4 000 décès par jour en moyenne, a estimé le docteur Jonathan Reiner, de l’université George Washington.

“La vérité, c’est que décembre, janvier et février vont être une période très difficile. Je pense que ce sera le moment le plus compliqué de l’histoire pour notre système de santé publique”, avertissait quant à lui le docteur Robert Redfield, directeur des Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies, le 2 décembre, rapporte CNN.

Les hôpitaux, déjà au bord du précipice, risquent d’être complètement débordés d’ici deux à trois semaines, alors que les soignants sont épuisés par ces mois de pandémie. Et l’espoir de voir la situation s’améliorer avec un vaccin est encore assez lointain : les personnes les plus vulnérables devraient pouvoir être vaccinées d’ici le milieu du mois de mars, a expliqué Moncef Slaoui, le conseiller scientifique du programme de vaccination américain. Le pays s’attends donc à vivre encore de longues semaines avec la maladie.

Par Lucile Descamps avec Yahoo

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