Canada-Québec: Hausse importante des cas de COVID-19 à Montréal

La COVID-19 progresse rapidement dans le Grand Montréal et elle s’infiltre dans beaucoup d’hôpitaux de la région. Pas moins d’une trentaine d’éclosions sont en cours dans les centres hospitaliers montréalais. Un problème supplémentaire dans un réseau sous pression et en manque d’effectifs.

La région de Montréal a recensé plus de 4000 nouveaux cas au cours de la dernière semaine.

© Jacques Nadeau Le Devoir La région de Montréal a recensé plus de 4000 nouveaux cas au cours de la dernière semaine.

« La plupart des hôpitaux à Montréal ont des éclosions en ce moment, dit le Dr Gilbert Boucher, président de l’Association des spécialistes en médecine d’urgence du Québec. La transmission communautaire fait excessivement mal. »

À l’hôpital de Verdun, c’est le branle-bas de combat. Quatre unités de soins sont touchées par des éclosions. Selon le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, 33 patients, 16 employés et 3 stagiaires ont jusqu’à présent reçu un diagnostic positif. Pour limiter la propagation, l’hôpital de Verdun mène une opération de dépistage massif auprès des employés et des patients.

Les services s’en ressentent. « On a dû annuler plusieurs chirurgies, plusieurs chirurgies d’un jour », a précisé la présidente-directrice générale du CIUSSS, Sonia Bélanger, lors d’un point de presse avec la directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin, ainsi que la mairesse Valérie Plante.

Des ambulances ont été détournées mardi vers d’autres hôpitaux. Le taux d’occupation à l’urgence demeure élevé. « Les patients ne peuvent pas monter aux étages, explique le Dr Ivan Pavlov, chef adjoint aux urgences de l’hôpital de Verdun. Ça crée une espèce d’engorgement. »

La population est d’ailleurs invitée à se rendre dans des cliniques plutôt qu’à l’urgence pour des problèmes de santé mineurs. « Le milieu hospitalier est très fragile au niveau des ressources, dit le directeur général adjoint du CIUSSS, Pierre-Paul Milette. On veut s’assurer de bien traiter la clientèle. »

Du « jamais vu »

La région de Montréal a recensé plus de 4000 nouveaux cas au cours de la dernière semaine. Elle a atteint un sommet vendredi, avec 748 infections enregistrées en une seule journée.Du « jamais vu » depuis le début de la pandémie, a souligné en point de presse la Dre Mylène Drouin. « La hausse [des cas] ne semble pas vouloir ralentir », a-t-elle dit.

Et cela se répercute dans les hôpitaux. Selon Sonia Bélanger, 384 patients sont hospitalisés à Montréal, soit une centaine de plus que la semaine dernière. Or, le nombre de travailleurs de la santé atteints de la COVID-19 augmente aussi. Dans la métropole, 429 employés du réseau sont infectés. « 500 [employés] de plus sont en attente d’un résultat de dépistage », a précisé Sonia Bélanger.

À l’hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal, l’ensemble des employés, des médecins et des patients sont d’ailleurs appelés à se faire dépister cette semaine. L’établissement est aux prises avec deux éclosions, selon le CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal. À l’hôpital Jean-Talon, une autre éclosion « touchant deux personnes ou plus » est en cours, mais demeure sous contrôle, indique-t-on.

Le Centre universitaire de santé McGill rapporte pour sa part deux éclosions dans ses murs. Au Centre hospitalier universitaire de Montréal, « moins de cinq patients » ont contracté la COVID-19 dans une unité, indique la direction. L’Hôpital Maisonneuve-Rosemont et l’Hôpital Santa Cabrini Ospedale dénombrent une éclosion chacun, selon le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal.

L’Hôpital général de Lakeshore, quant à lui, lutte contre six éclosions, soit trois de plus que la semaine dernière, selon le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal.

« Le personnel est fatigué »

Pourquoi tant d’éclosions en milieu hospitalier ? Le Dr Hoang Duong avance une hypothèse. « Le personnel [hospitalier] est fatigué, dit-il. Quand on est fatigué, on prend moins de précautions. »

Des employés du réseau sont aussi contaminés par leurs enfants qui fréquentent l’école, rappelle le DGilbert Boucher. « Il y a des visiteurs qui ne disent pas toujours la vérité et qui infectent les patients, dit le médecin. Une fois que c’est rentré [dans l’hôpital], c’est extrêmement contagieux. Le temps qu’on s’en rende compte, c’est rarement en bas de 10 personnes qui sont infectées. »

Le Dr Gilbert Boucher estime que les hôpitaux devraient faire davantage de dépistage auprès des employés. « On teste les travailleurs de la santé aux 48 et 72 heures, mais toujours après les faits [après le début de l’éclosion] », dit-il.

Des tests de salive pourraient être effectués régulièrement de façon préventive, estime-t-il. Une méthode moins désagréable et plus « acceptable » pour les soignants que les prélèvements dans le nez avec les écouvillons.

Avec Le Devoir par Marie-Eve Cousineau

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