Un site web hébergé à Montréal encourage des manifestations armées aux États-Unis

 Des membres du mouvement Boogaloo lors d’une manifestation en avril 2020 contre les mesures de santé publique contre la COVID-19 à Concord.

© Michael Dwyer/Associated Press Des membres du mouvement Boogaloo lors d’une manifestation en avril 2020 contre les mesures de santé publique contre la COVID-19 à Concord.

Un site web antigouvernemental utilise des serveurs situés à Montréal pour encourager des manifestations armées à travers les États-Unis cette fin de semaine, laissant craindre le risque de davantage de violence lors des cérémonies de la prise de fonction du nouveau président à Washington.

Le site web Tree of Liberty (Arbre de la liberté) prétend être une «plateforme de presse» du mouvement Boogaloo, dont les adeptes sont des proarmes à feu qui se préparent pour une seconde guerre civile américaine. Plusieurs de ses membres ont déjà été accusés d’une série d’infractions violentes, notamment de meurtre, de tentative de meurtre et d’ouverture de feu sur des officiers de police.

Facebook a tenté d’interdire le mouvement au cours de l’été, en disant qu’il soutenait «la violence contre les civils, les forces de l’ordre, et les fonctionnaires et institutions gouvernementales».

Le site web Tree of Liberty du mouvement Boogaloo hébergé par les serveurs montréalais d'OVH, une multinationale d'infonuagique dont le siège social est en France. (CBC)

© CBC News Le site web Tree of Liberty du mouvement Boogaloo hébergé par les serveurs montréalais d’OVH, une multinationale d’infonuagique dont le siège social est en France. (CBC)

Le site de Tree of Liberty est hébergé par les serveurs montréalais d’OVH, une multinationale de l’info nuagique, dont le siège social est en France.

Avisée, une porte-parole de la société a déclaré qu’elle enquêtait sur le site web.

Le site Tree of Liberty a suggéré à ses utilisateurs qu’ils peuvent échapper à la surveillance des forces de l’ordre parce que le site web est hébergé en dehors des États-Unis.

Dans un commentaire récent, un utilisateur a déclaré qu’il avait probablement été identifié comme une «menace terroriste potentielle» en raison de ses convictions politiques et que le département américain de la sécurité intérieure surveillait son activité en ligne.

Dans un courriel adressé à CBC News, un modérateur de site web non identifié a écrit que «la location du serveur était plus rentable au Canada».

La mise en garde du FBI

Les partisans du président Trump prennent d'assaut le Capitole après un rassemblement avec le président.

© Samuel Corum/Getty Images Les partisans du président Trump prennent d’assaut le Capitole après un rassemblement avec le président.

Les Boogalooers font partie des nombreux groupes qui prévoient d’organiser des manifestations avant la cérémonie d’inauguration le 20 janvier, lors de la prise de fonction officielle de Joe Biden à la Maison-Blanche.

Suite à l’invasion du Capitole le 6 janvier par des extrémistes pro-Trump, alors que les élus votaient pour certifier la victoire de Joe Biden, il y a une inquiétude généralisée aux États-Unis sur de possibles nouvelles violences par des groupes qui rejettent les résultats de l’élection du 3 novembre.

Selon plusieurs médias, le FBI a averti les forces de l’ordre locales de se préparer à des manifestations armées auxquelles pourraient assister des extrémistes de la droite.

Un modérateur sur le site Tree of Liberty a encouragé les partisans à apporter des armes à feu aux manifestations prévues dimanche dans les 50 capitales des États.

«Ce sera l’occasion pour les Américains, jeunes et vieux, de montrer physiquement au monde entier la quantité massive de citoyens armés dans ce pays», peut-on lire dans un article faisant la promotion des manifestations.

Dans la section des commentaires, une personne a écrit que les protestations pacifiques ne suffisaient pas et que les exécutions étaient nécessaires pour résoudre les problèmes aux États-Unis.

Depuis l’invasion du Capitole, au cours de laquelle cinq personnes ont trouvé la mort, les entreprises technologiques américaines ont une fois de plus purgé leurs plateformes de contenus liés à des groupes radicaux.

Tree of Liberty a été mis en ligne à l’automne, après que Facebook et d’autres sites de médias sociaux aient tenté de nettoyer leurs plateformes de tout contenu lié à Boogaloo.

Difficile à cerner politiquement

Dans le monde en ligne de la droite radicale, le terme «boogaloo», tiré du film Breakin’ 2 : Electric Boogaloo de 1984 fait généralement référence à la guerre civile. Certains suprémacistes blancs s’affilient au mouvement pour accélérer une guerre raciale. Pourtant, certains Boogalers ont fait les gros titres au cours de l’été pour avoir participé aux manifestations de Black Lives Matter.

Sur le site de Tree of Liberty, des Boogalooers ont pris leurs distances par rapport aux partisans de Trump, bien que beaucoup d’entre eux soutiennent, sans preuve, que l’élection a été truquée et que l’émeute à Washington a été perpétrée par des militants de gauche.

Avec  CBC/Radio-Canada d’après les informations de Jonathan Montpetit de CBC News

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