L’arrestation d’Aung San Suu Kyi réjouit les Rohingyas des camps du Bangladesh

Les musulmans rohingyas ayant fui la Birmanie pour le Bangladesh à cause d’une sanglante campagne de répression militaire il y a trois ans se réjouissaient de l’arrestation lundi 1er février par l’armée birmane d’Aung San Suu Kyi.

Quelque 740.000 Rohingyas, minorité persécutée en Birmanie à majorité bouddhiste, ont fui l’État birman de Rakhine après des attaques les visant en 2017, menées par l’armée birmane et des milices bouddhistes et qualifiées de génocide par des enquêteurs de l’ONU. Renversée lundi par un putsch militaire, Aung San Suu Kyi était la cheffe de facto du gouvernement à l’époque et a défendu l’armée birmane lors d’auditions devant la Cour pénale internationale en 2019 sur les atrocités subies par les Rohingyas, dont des viols et des meurtres.

La nouvelle de son arrestation s’est répandue rapidement lundi dans les camps de réfugiés surpeuplés du Bangladesh, où vivent aujourd’hui un million de Rohingyas. «Elle est la raison de toutes nos souffrances. Pourquoi ne devrions-nous pas nous réjouir?», a déclaré un chef communautaire, Farid Ullah, à Kutupalong, le plus grand camp de réfugiés au monde. Pour Mohammad Yusuf, un responsable du camp voisin de Balukhali, «elle était notre ultime espoir, mais elle a ignoré notre détresse et soutenu le génocide contre les Rohingyas».

Certains Rohingyas ont organisé des prières spéciales pour saluer la «justice» ayant frappé la lauréate du prix Nobel de la paix, selon Mirza Ghalib, un réfugié du camp de Nayapara. «Si les autorités du camp l’avaient autorisé, vous auriez vu des milliers de Rohingyas défiler pour faire la fête», a-t-il assuré. Maung Kyaw Miun, porte-parole de l’influent Syndicat des étudiants rohingyas, a estimé qu’il y avait aujourd’hui plus d’espoir que sa minorité puisse un jour regagner ses villages en Birmanie. «Contrairement à un gouvernement élu, ce gouvernement militaire va avoir besoin de soutien international pour tenir. Donc nous espérons qu’ils vont se pencher sur le problème des Rohingyas pour alléger la pression internationale», a-t-il expliqué.

Les autorités du Bangladesh ont indiqué qu’elles «surveillaient» la frontière de 270 km avec la Birmanie, en cas de nouvel afflux de réfugiés rohingyas. Dans un communiqué, Dacca a appelé à rétablir «le processus démocratique» en Birmanie.

Par Le Figaro avec AFP

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