Canada: Dany Laferrière, modèle de résilience pour l’Ontarienne Magali Laville

En plus de leurs origines caribéennes, c’est au Québec qu’ils arrivent tous deux au pays.

Dany Laferrière tient son épée d'apparat de l'Académie française, en juillet 2015.

© Charles Platiau/Reuters Dany Laferrière tient son épée d’apparat de l’Académie française, en juillet 2015.

D’origine guadeloupéenne, Mme Laville aime parler de son parcours d’immigrante comme le fait aussi Dany Laferrière, Haïtien d’origine.

Sa vie d’immigrante, Magali Laville en parle beaucoup à de nouveaux arrivants au Canada. Elle-même a tiré profit de l’œuvre et de l’expérience de Dany Laferrière pour réussir dans sa vie d’immigrante.

«Dany reflète un certain vécu, un certain ressenti émotionnel de plusieurs personnes qui ont été un jour des immigrés, de nouveaux arrivants dans un pays et comment ils expriment ce ressenti », dit Mme Laville qui se souvient toujours de quelques moments difficiles de sa vie de nouvelle arrivante.

Magali Lavile en 2002 à Montréal dans le studio de la Radio ethnoculturelle CINQ-FM

© Magali Laville Magali Lavile en 2002 à Montréal dans le studio de la Radio ethnoculturelle CINQ-FM

«J’immigre en 2000 au Canada en tant qu’étudiante. Comme Dany, c’est d’abord le choc culturel et le choc du climat quand j’arrive au Québec », raconte-t-elle. Contrairement à Dany Laferrière, c’est en hiver que Mme Laville a atterri à Montréal. «Quand j’ai vu la neige tomber, pour moi c’était une magie totale. Et donc je suis allée toucher la neige, sentir l’air quand elle tombait », se souvient-elle. Après avoir travaillé à Montréal notamment comme journaliste, Magali Laville s’est installée au Quinte West en banlieue torontoise.

Magali Laville avoue avoir fourni beaucoup d’efforts pour «apprendre les mœurs et la culture, mais aussi vivre avec les limites que la société d’accueil fait ressentir discrètement ou visiblement au nouvel immigrant. »

Certaines, parmi ses amies à l’université, ont eu du mal à s’adapter et ont quitté le Canada après une année seulement, raconte-t-elle.

L’Ontarienne retrouve en Dany Laferrière une énergie semblable à la sienne qui lui a permis de résister à la tentation du retour dans son pays d’origine.

L'ontarienne Magali

© Radio Canada/Radio-Canada L’ontarienne Magali

«Dany a pu passer au-dessus de cela à travers les écrits, à travers une espèce de force et de résilience. J’admire la façon dont il traite [ la question ] dans ses œuvres », dit-elle.

Dans une émission à Radio-Canada en 1986, l’écrivain racontait notamment une de ses dures expériences d’immigrant récent à la recherche d’un logement.

«J’ai eu beaucoup de concierges qui ne voulaient pas me louer des appartements parce que j’étais noir. Sur la rue Saint-Hubert, j’avais été louer un appartement, j’avais sonné le concierge était descendu et on parlait à travers la vitre et il a craché sur la vitre qui nous séparait.»

L’auteur considère ce faux pas comme faisant partie des expériences de la vie, lesquelles ont été «beaucoup plus stimulantes », pour lui.

Le livre « Autoportrait de Paris avec chat », de Dany Laferrière, paru à Boréal

© Hamza Abouelouafaa/Radio-Canada Le livre « Autoportrait de Paris avec chat », de Dany Laferrière, paru à Boréal

L’Ontarienne considère Dany Laferrière comme un auteur «riche en création littéraire », mais en même temps un exemple d’intégration et de résilience.

«Il est un représentant de ce que la culture des Caraïbes brassée avec la culture nord-américaine occidentale fait de mieux. Dany Laferrière s’est intégré à une société sans oublier ses racines ni ses origines. Ça, c’est un élément important parce que ça définit notre personnalité. » Magali Laville

Pour Magali Laville, l’écrivain québécois est un modèle aussi bien pour les Caribéens que pour les membres d’autres communautés, et le rencontrer ne peut que laisser des traces dans leur vie.

Lorsqu’elle se sentait découragée, c’est entre autres dans la danse et la musique que Magali trouvait du réconfort.

La rencontre de deux «porte-parole» du créole

Magali Laville sur l'affiche de la célébration du mois de créole 2007 à Montréal.

© Magali Laville Magali Laville sur l’affiche de la célébration du mois de créole 2007 à Montréal.

Magali Laville alors porte-parole du Mois du créole à Montréal, a rencontré Dany Laferrière en 2007 lors d’une émission de radio consacrée à la langue créole. La rencontre était une surprise pour l’Ontarienne, car c’est au studio de la radio ethnoculturelle CPAM qu’elle a appris qu’elle allait passer plus d’une heure avec l’auteur de comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer.

«J’ai retenu de cette rencontre, une simplicité, un rapport humain franc et une forme de discrétion et de délicatesse dans la façon de parler de Dany Laferrière », se souvient-elle

Six ans après l’émission de Montréal, Dany Laferrière deviendra le deuxième Noir et le premier Québécois à être admis à l’Académie française. Cet honneur accordé à Laferrière a procuré à Magali Laville la joie d’immigrante multiculturelle.

«J’accueille cette nouvelle en tant que Guadeloupéenne de nationalité française qui vit au Canada. Cela représente une projection positive sur les jeunes Haïtiens, mais aussi sur les jeunes des différentes communautés culturelles», explique-t-elle.

 Avec Radio-Canada par Freddy Mata 

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