Canada-Québec/Atikamekw maltraitée : « Zéro tolérance pour ce genre de comportement »

Les réactions fusent au lendemain de la révélation d’une nouvelle affaire de racisme qui secoue cette fois le CLSC de Joliette. Jocelyne Ottawa, une résidente de la communauté atikamekw de Manawan aurait fait face à des commentaires choquants et répréhensibles qui ont mené à la suspension des infirmières impliquées.

Jocelyne Ottawa, une Atikamekw de Manawan, affirme avoir été victime de racisme dans un CLSC de Joliette.

© /Radio-Canada Jocelyne Ottawa, une Atikamekw de Manawan, affirme avoir été victime de racisme dans un CLSC de Joliette.

Il faut «zéro tolérance pour ce genre de comportement », clame Jennifer Brazeau, la directrice générale du Centre d’amitié autochtone de Lanaudière.

«Il faut s’assurer qu’on ait le pouvoir de sortir ce monde-là de ce système parce que c’est très dommageable.»

L’événement aurait eu lieu le vendredi 12 mars au CLSC de Joliette. Jocelyne Ottawa une Attikamek de 62 ans s’y serait rendue pour soigner une blessure au pied.

Sur le ton de la plaisanterie, les deux infirmières qui la prenaient en charge l’auraient appelée Joyce, en référence à Joyce Echaquan, à cause d’une soi-disant proximité de leurs deux prénoms et lui auraient demandé de chanter une chanson en attikamek. «Je me suis sentie humiliée», a confié Jocelyne Ottawa

En entrevue à RDI, elle indique n’avoir pas voulu porter plainte afin de ne pas nuire aux soins qu’elle pourrait recevoir au CLSC par la suite.

Mme Ottawa est la soeur de Paul-Émile Ottawa, chef du Conseil des Atikamekw de Manawan. En entrevue à l’émission Puisqu’il faut se lever, ce dernier s’est dit «pas du tout surpris» d’apprendre cette information-là.

«Depuis le 28 septembre (date de la mort de Joyce Echaquan), J’en ai entendu des mûres et des pas vertes au sujet de l’attitude de certaines personnes qui travaillent dans le système de la santé, principalement dans le centre hospitalier de Joliette et au CLSC de Joliette», a déclaré le chef Ottawa

Il a souligné que même son agent de sécurisation culturelle a dû abandonner son poste au mois de janvier, car «elle n’était plus capable de supporter la pression et l’intimidation qu’elle disait vivre jour après jour à l’hôpital».

Des questions sur la formation

Les deux infirmières mises en cause avaient pourtant suivi récemment, comme 4200 de leurs collègues, une conférence en sensibilisation sur la sécurisation culturelle. Elles ont été suspendues sans solde le temps de l’enquête du CISSS de Lanaudière.

«Je suis profondément choquée depuis que j’ai appris la nouvelle» a mentionné Caroline Barbir, présidente-directrice générale par intérim du CISSS de Lanaudière dans un communiqué de presse.

Le CISSS indique travailler activement avec le Conseil des Atikamekw de Manawan à «la mise en place de mesures nécessaires à la sécurisation culturelle de la communauté autochtone de la région».

Le ministre réagit

Pour Ian Lafrenière, ministre québécois responsable des Affaires autochtones, de tels propos sont à la fois «choquants», «bouleversants», mais aussi «décevants». Depuis le mois en novembre dernier, on a fait beaucoup d’actions a souligné M. Lafrenière en évoquant les annonces en matière de formation de sécurisation culturelle pour l’ensemble du personnel, l’ajout d’agents de liaison, la création de nouveaux postes afin d’offrir plus de transparence aux populations autochtones.

En entrevue à RDI, M. Lafrenière a ajouté qu’il était «fort heureux» de voir comment Mme Barbir hier a pris une décision rapide de suspendre les infirmières le temps de l’enquête. Il a néanmoins convenu «avoir du travail à faire pour trouver un mécanisme qui réponde aux besoins des Premières Nations».

M. Lafrenière a indiqué que même si son gouvernement ne s’entend pas sur la reconnaissance du racisme systémique, ça ne l’empêchait pas de mettre en pratique les grands éléments du principe de Joyce.

Du côté de l’opposition, le porte-parole libéral en matière autochtone Gregory Kelley se demande «comment ça peut arriver encore à Joliette?» , en ajoutant se questionner sur comment les gens sur le terrain n’ont pas compris le message à la suite de l’affaire Echaquan.

Avec Radio-Canada par Anne-Marie Yvon, Mathias Marchal 

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