Canada-Québec: Grève générale illimitée des débardeurs au Port de Montréal dès lundi

Le Syndicat des débardeurs du port de Montréal a fait parvenir à l’Association des employeurs maritimes (AEM) un avis de grève générale illimité à compter de lundi.

Les débardeurs du port de Montréal sont sans contrat de travail depuis décembre 2018.

© Ivanoh Demers/Ivanoh Demers Les débardeurs du port de Montréal sont sans contrat de travail depuis décembre 2018.

À moins d’une entente de dernière minute avec leur employeur, les 1150 débardeurs, grands-contremaîtres et le personnel d’entretien de la section locale 375 du SCFP cesseront le chargement et le déchargement des bateaux de même que l’amarrage des navires à compter de 7 h, lundi matin. Les activités seront aussi interrompues au terminal de Contrecoeur, en aval.

Le syndicat des 1150 débardeurs du port de Montréal précise dans un communiqué qu’il maintiendra cependant tous les services de débardage aux navires céréaliers ainsi qu’à ceux qui assurent l’approvisionnement de Terre-Neuve-et-Labrador, en vertu des dispositions du Code canadien du travail.

Dans un avis envoyé à ses membres, le président du comité exécutif du syndicat, Martin Lapierre, explique que cet arrêt de travail est devenu nécessaire à la suite de la décision de l’AEM de modifier unilatéralement les horaires de travail des débardeurs à compter de lundi matin. Une décision qui a été reçue comme un acte de provocation par les syndiqués, a expliqué le conseiller syndical Michel Murray vendredi midi.

M. Murray a cependant rappelé que la priorité des syndiqués est «de se trouver à une table de négociation».

En vue d’une reprise rapide des pourparlers, le Syndicat a tendu une ultime perche à l’employeur.

«Ce qu’on offre aujourd’hui à la partie patronale c’est qu’elle lève […] la coupure de la sécurité d’emploi et la modification des horaires. […] Si l’employeur accepte de lever ces mesures, nous on lèverait immédiatement notre grève du temps supplémentaire, notre grève de fin de semaine et notre avis de grève générale illimitée de lundi matin», a déclaré Michel Murray en point de presse.

Depuis des années maintenant, les négociations sont dans l’impasse entre les débardeurs et l’Association des employeurs maritimes.

Les principaux points en litige dans la négociation d’une nouvelle convention collective sont les horaires de travail, la conciliation travail-famille, le droit à la déconnexion et les mesures disciplinaires.

La convention collective qui lie les parties est échue depuis le mois de décembre 2018. Au moins trois médiateurs ont été nommés dans ce dossier par le ministère fédéral du Travail, mais en vain.

Rappelons qu’un débrayage général avait eu lieu l’été dernier pendant 13 jours au port de Montréal. Les débardeurs étaient retournés au travail à la faveur d’une trêve de sept mois avec leur employeur, maintenant échue.

Tous les regards se tournent vers Ottawa

Le déclenchement de cette grève en pleine pandémie serait un coup dur pour des dizaines, voire des centaines d’entreprises qui dépendent du port pour transporter leurs marchandises ou matières premières à travers le monde.

Plusieurs ont d’ailleurs commencé à se tourner vers d’autres installations portuaires, notamment le port d’Halifax, en raison de l’incertitude qui plane sur la poursuite des activités au port de Montréal. Mais de telles mesures font exploser les coûts de transport, selon Véronique Proulx, PDG de Manufacturiers et exportateurs du Québec.

Pour Mme Proulx, cette grève dans le transport maritime ne peut tomber à un pire moment.

«Ça fait plus d’un an qu’on est en pandémie […] Les manufacturiers ont la capacité de ramener l’économie du Québec sur les rails alors vraiment cette grève-là tombe à un très mauvais moment», a-t-elle déploré sur les ondes d’ICI RDI.

Pour elle, seule une intervention rapide d’Ottawa pourrait éviter cet arrêt de travail.

«On demande au gouvernement fédéral et particulièrement au premier ministre Trudeau de s’assurer de la continuité des opérations dès lundi matin. Ça demande une intervention dès maintenant pour s’assurer que lundi il n’y ait pas de grève.»

À Québec, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a lui aussi directement interpellé le gouvernement fédéral qui est responsable des activités portuaires au Canada, pour une sortie rapide de cette impasse.

«Le port de Montréal est un service public stratégique pour la relance de notre économie», a-t-il déclaré sur Twitter.

Avec  Stéphane Bordeleau

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