L’Église d’Angleterre s’attaque à ses monuments célébrant l’esclavage

L’institution anglicane s’apprête à publier des directives demandant à chaque paroisse et cathédrale d’examiner ses monuments potentiellement problématiques.

Dans le sillage du mouvement Black Lives Matter, contestations, questionnement et introspection ont essaimé aux États-Unis, en Europe et particulièrement au Royaume-Uni, où une importante vague de remise en question s’articule depuis autour du passé colonial du pays et de sa représentation. Mi-septembre, le National Trust, association chargée de la conservation de grands sites britanniques, avait indiqué qu’un tiers des monuments historiques dont elle avait la charge présentaient des liens avec le colonialisme ou l’esclavage.

Mais en juin dernier, deux vieilles institutions britanniques, l’Église anglicane et la Banque d’Angleterre, ont marqué les esprits en exprimant un repentir quant au rôle historique de certains de leurs membres dans l’esclavage. Ce repentir est une réponse aux travaux de l’University College London (UCL) montrant que des responsables de ces institutions avaient tiré profit de la traite d’êtres humains. « Si nous reconnaissons le rôle moteur qu’ont joué le clergé et les membres actifs de l’Église anglicane pour obtenir l’abolition de l’esclavage, c’est une source de honte que d’autres au sein de l’Église aient activement participé à l’esclavage et en aient tiré un bénéfice », écrivait un porte-parole de l’Église.

Un examen à l’échelle nationale

Moins d’un an plus tard, l’Église d’Angleterre, institution officielle anglicane, va plus loin. Selon le Guardian, elle s’attaque désormais à un « patrimoine contesté », encourageant, via des directives à paraître cette semaine, chacune des 12 500 paroisses et 42 cathédrales du pays à examiner les monuments dédiés à l’esclavage et à prendre des mesures (modification ou retrait pur et simple) en concertation avec les communautés locales.

L’objectif de l’Église d’Angleterre est avant tout de faire face au problème sans imposer de décision ou de mesure systématique. Il conviendra à chaque paroisse de considérer les éléments patrimoniaux concernés et d’agir. Selon le Guardian, cela va du retrait d’une statue, d’une plaque, d’un monument, à un déplacement, une simple modification ou à l’ajout d’informations contextuelles, voire à rien de tout cela.

Ces nouvelles considérations de certains éléments du patrimoine ont parfois donné lieu à des tensions dans la société britannique, le Premier ministre Boris Johnson dénonçant des « extrémistes » et appelant à ne pas « censurer le passé » après des manifestations entraînant le déboulonnage de statues ou le tag d’un monument à Winston Churchill avec l’inscription « raciste ». L’actuel maire de Londres a de son côté récemment mis en place une commission visant à améliorer la diversité dans l’espace public, mesure qui prendra de l’ampleur au cœur du programme qui a, cette semaine, mené à sa réélection.

Par Le Point avec AFP

Étiquettes : , ,

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :