La Marine iranienne perd l’un de ses plus gros bâtiments en mer d’Oman

La Marine iranienne a annoncé mercredi le naufrage d’un des ses plus gros bâtiments long de plus de 200 m en mer d’Oman, après des heures de lutte contre un incendie d’origine obscure.

Le navire de ravitaillement de la marine iranienne Kharg 431 à Port Soudan, en mer Rouge, le 31 octobre 2012

© Ashraf SHAZLY Le navire de ravitaillement de la marine iranienne Kharg 431 à Port Soudan, en mer Rouge, le 31 octobre 2012

L’équipage de ce navire auxiliaire, le Kharg, a pu être évacué avant que le bâtiment ne sombre, au large du port de Jask, dans le Sud de l’Iran, indique un communiqué de la Marine.

Les forces navales de la République islamique présentent le Kharg comme un « navire-école de soutien », en service depuis « plus de quatre décennies ».

Mais selon GlobalSecurity.org, site américain spécialisé sur les questions militaires, il s’agit d’un pétrolier « ravitailleur » et « porte-hélicoptères » construit en Grande-Bretagne.

Commandé sous le règne du dernier Chah, le bâtiment, long de 679,5 pieds (207 mètres) a été livré en 1984, soit après la révolution iranienne de 1979 et alors que la jeune République islamique était en guerre contre l’Irak, ajoute le site.

La télévision d’Etat iranienne a diffusé des images apparemment prises du rivage et montrant une épaisse colonne de fumée s’élevant au large au-dessus d’un mer turquoise, indiquant qu’il s’agissait du Kharg en train de brûler.

– 400 personnes à bord –

Selon la Marine iranienne, le feu s’est déclaré mardi dans l' »un des systèmes » du navire. Le communiqué ne donne aucune précision supplémentaire, notamment sur la cause de l’incendie.

Les secours ont lutté « pendant 20 heures » après l’évacuation des marins vers la côte, « mais compte tenu de la propagation de l’incendie, la mission de sauvetage du Kharg a échoué et le navire a coulé près de Jask », écrit la Marine.

Citant un porte-parole régional de la Marine, Behzad Jahanian, l’agence iranienne Tasnim écrit que le feu a pris à bord du bâtiment mardi vers 11h00 (6h30 GMT) et que le bateau a fini par couler vers 8h30 (4h00 GMT) mercredi alors qu’il se trouvait dans les eaux iraniennes, non loin des eaux internationales.

Selon M. Jahanian, le bateau effectuait « une mission d’entraînement avec environ 400 hommes d’équipages et élèves-officiers à bord », mais « heureusement », il n’y a eu « aucune perte », « seulement 20 blessés légers souffrant de brûlures », ajoute Tasnim.

Le communiqué de la Marine indique, lui, que le bâtiment avait appareillé il y a quelques jours pour une « mission d’entraînement » dans les eaux internationales.

Selon Jeremy Binnie, du cabinet spécialisé dans la défense et le renseignement Janes, « les Iraniens décrivent souvent le Khark comme un ‘porte-hélicoptères’ mais [il s’agit] en fait un navire ravitailleur […]  bien utile car [il était] le seul [de la flotte de la Marine iranienne] dédié à cette tâche ».

C’était le plus gros navire de la Marine iranienne jusqu’à ce que soit lancé en janvier le Makran, ancien pétrolier converti en navire de soutien avancé, ajoute M. Binnie. 

– « Représailles » –

En 2020, 19 marins iraniens avaient été tués lors de manœuvres après qu’un bâtiment de guerre a été touché par un tir ami.

En avril, Téhéran avait annoncé qu' »un navire commercial » iranien, le Saviz, avait été endommagé en mer Rouge par une explosion d’origine indéterminée.

Le New York Times avait lui rapporté que le Saviz avait été visé par une attaque de « représailles » israélienne après « des frappes antérieures de l’Iran contre des navires israéliens ».

Le gouvernement iranien a annoncé il y a quelques jours que son projet d’oléoduc à destination de Jask avait été achevé et que du pétrole avait été acheminé via ce pipeline jusqu’à ce port.

Pour l’Iran, le but est d’exporter du pétrole à partir de Jask, ce qui ferait gagner quelques jours de navigation par rapport au port pétrolier de Kharg, dans le Golfe, et permettrait aux navires-citernes d’éviter le détroit d’Ormuz, au coeur de vives tensions stratégiques entre l’Iran et les Etats-Unis, dont les navires de guerre sont présents en force dans la région.

Compte tenu des sanctions américaines contre l’Iran mises en place sous la présidence de Donald Trump (janvier 2017 – janvier 2021) en vue de tarir les exportations pétrolières de la République islamique, Téhéran est particulièrement discrète sur ses expéditions de brut à destination des quelques rares clients qui osent encore lui en acheter.    

Avec AFP par amh-mj/bfi

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