Mali : relâché en 2020 contre Soumaïla Cissé, un cadre de l’État islamique de nouveau capturé

Vue depuis un hélicoptère français de l’opération Barkhane, en mai 2017 au dessus de Gao, dans le nord du Mali.

Paris annonce la capture de Dadi Ould Chouaïb, plus connu sous le nom d’Abou Dardar. Ce cadre de l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) faisait partie de l’échange de prisonniers qui a permis la libération de Soumaïla Cissé et Sophie Pétronin.

Dadi Ould Chouaïb, dit Abou Dardar, a été capturé le 11 juin à l’occasion d’un raid mené conjointement par les forces armées nigériennes et françaises. Trois autres jihadistes ont été interpellés dans cette même localité d’In Arabane, au sud de Ménaka et à proximité de la frontière avec le Niger, dans la zone dite des « Trois frontières ».

« Un homme à moto et au comportement suspect a été repéré par un hélicoptère, précise l’état-major des armées à Jeune Afrique. Une action de combat a immédiatement été menée et a permis d’interpeller l’individu qui possédait une arme automatique, une lunette de vision nocturne, un gilet de combat, un téléphone et une radio. L’intéressé s’est rendu sans résister. »

Juge islamique

Originaire d’In Arabane, Abou Dardar est « un commandant de second rang de l’EIGS [l’État islamique au Grand Sahara], moins connu que certains cadres comme Abou Walid, mais très important au niveau local », précise Héni Nsaibia, chercheur au sein de l’Armed Conflict Location and Event Data Project (Acled). « Il a apporté beaucoup de ressources humaines au sein de l’organisation et dispose d’un important réseau. Beaucoup de membres de sa tribu sont entrés dans les rangs de l’EIGS », poursuit-il.

Dadi Ould Chouaïb avait déjà été arrêté une première fois au Mali mais avait été relâché en octobre 2020 par les autorités maliennes lors de l’échange de prisonniers ayant conduit à la libération des otages Soumaïla Cissé et Sophie Pétronin.

Depuis sa libération, le jihadiste occupait au sein de l’organisation terroriste le rôle de cadis (« juge islamique »), précise Héni Nsaibia. « Il est suspecté d’avoir mutilé trois hommes le 2 mai dernier lors du marché hebdomadaire de Tin Hama », ajoute un porte-parole de l’armée française.

Deux hommes d’expérience

Si seule l’arrestation d’Abou Dardar a été officiellement confirmée, un autre cadre de la nébuleuse jihadiste aurait été arrêté lui aussi lors de l’opération selon plusieurs sources. Il s’agit d’Issa al-Sahraoui. Bien que l’on ait peu d’informations sur son rôle opérationnel, cet ancien membre du noyau dur du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), « parfois désigné comme un messager au sein de l’organisation, est très proche du numéro 1 de l’EIGS, Adnane Abou Walid al-Sahraoui », précise le chercheur de l’Acled.

Leur arrestation porte un coup à l’organisation terroriste EIGS, qui perd « des hommes d’expérience et de réseaux », conclut le chercheur. Au cours de l’opération, un soldat nigérien a été tué et deux soldats français blessés, leur pronostic vital n’est pas engagé.

Avec Jeune Afrique par Manon Laplace – à Bamako

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