Canada-Québec: Quiétude et histoire au sanctuaire Notre-Dame-du-Cap

 

CHRONIQUE / La période des vacances estivales se déroulera encore cette année au Québec et, principalement pour certains, en Mauricie et au Centre-du-Québec. Tout comme vous, nos journalistes sillonneront les villes et villages pour découvrir les plus beaux attraits de la région. Ils ont donc décidé de prendre la plume, une fois par semaine, pour vous partager leurs découvertes du moment. Tous les samedis, un journaliste vous proposera son coup de cœur de la dernière année afin de vous inspirer pour votre prochaine escapade en solo, en famille ou en couple. Pleins feux sur un endroit à découvrir ou à redécouvrir…

La basilique Notre-Dame-du-Cap devant les jardins.

© FRANÇOIS GERVAIS La basilique Notre-Dame-du-Cap devant les jardins.

Aussi longtemps que je me souvienne, j’ai accompagné mes grands-parents au sanctuaire Notre-Dame-du-Cap. Faut dire que j’habitais tout proche. Mon grand-père Marcel arrivait de Saint-Tite avec sa grosse voiture du début des années 80 et on allait se balader au sanctuaire. Enfant, je ressentais la magnificence des lieux, avec les grands arbres des jardins et l’imposante basilique. Sentiment qui m’habite toujours aujourd’hui.

Les visiteurs non croyants du sanctuaire, dont je fais partie, désolé grand-maman Jeannine, sont impressionnés par le parc et ses statues, mais aussi par l’architecture et l’histoire du site. Les croyants vivent quant à eux l’expérience plus intérieurement dans ce sanctuaire où les pèlerins convergent depuis si longtemps. Personne n’est insensible à la beauté des lieux.

«Les gens du coin se sont approprié les jardins comme un lieu de promenade. Les gens viennent chercher ici une certaine quiétude. Ça fait partie de l’expérience du sanctuaire», note Martin Yelle, directeur de mission au sanctuaire Notre-Dame-du-Cap.

Tous les résidents présents ou passés du secteur Cap-de-la-Madeleine, voire Sainte-Marthe-du-Cap, vous le diront: une balade au sanctuaire est un incontournable des chaudes soirées d’été. Bordés par le fleuve, les jardins sont superbes une fois la nuit tombée.

En temps normal, le deuxième plus grand sanctuaire dédié à Marie en Amérique du Nord attire chaque année plus de 430 000 visiteurs. Se rendre au sanctuaire durant le Festival de l’Assomption, c’est plonger dans un bouillon de cultures unique en région.

«On n’escompte toutefois pas revoir de gros groupes en autobus avant 2022», mentionne Martin Yelle.

«La pandémie nous a obligés à réfléchir. On veut vraiment axer sur l’accueil des petits groupes, des visiteurs et des familles. Par exemple, une famille peut venir avec les grands-parents pour une visite au sanctuaire.»

Les jardins du sanctuaire sont prisés par les promeneurs pour leur quiétude.

© FRANÇOIS GERVAIS Les jardins du sanctuaire sont prisés par les promeneurs pour leur quiétude.

Comme l’été dernier, le sanctuaire espère donc recevoir la visite de touristes québécois intéressés par l’aspect patrimonial du site. Un musée sur l’histoire du sanctuaire dont l’église de 1720, que tout le monde appelle le petit sanctuaire, est proposée cette année aux visiteurs. On peut y découvrir certains des plus anciens artefacts conservés depuis des générations dans les caves du sanctuaire.

«Nous avons des objets qui remontent à la période de la Nouvelle-France, comme la cloche originale du sanctuaire de 1713 fondue par un monsieur Latour de Beauport. À part la cloche de l’église de Beauport qui est au Musée de la Civilisation à Québec, je crois que c’est la deuxième plus vieille cloche complète qui reste au Québec», mentionne Martin Yelle.

«Nous avons aussi la cloche à mains en fonte que les Jésuites utilisaient. Ça date d’avant la construction de l’ancienne église. Ça remonte environ à 1660.»

Ce nouveau musée regroupe ainsi quelques objets étonnants qui nous en apprennent davantage sur les origines de Cap-de-la-Madeleine, alors que les Jésuites y avaient établi une mission. Le peu de temps que j’ai été secouriste bénévole pour l’Ordre de Malte dans les années 90 et que j’avais accès à ce qu’il y avait derrière les portes «Réservé aux employés», je rêvais de tomber sur la pièce où étaient entreposés depuis 300 ans les trésors du sanctuaire… mais ce n’est malheureusement jamais arrivé.

À deux pas du sanctuaire, on découvre la maison Rocheleau, aussi appelée le manoir des Jésuites. Construite en 1742, elle est une des dernières survivantes, avec le petit sanctuaire, de l’ancien bourg de Cap-de-la-Madeleine. Entièrement restaurée à son aspect du régime français, elle est ouverte aux visiteurs.

Ce secteur est si riche en histoire que la direction du Sanctuaire s’attend bien à ce que les travaux majeurs d’aménagement prévus dans les prochaines années entraînent des découvertes archéologiques. Des fouilles sont d’ailleurs prévues.

Malgré les consignes sanitaires en place, le sanctuaire proposera tout au cours de l’été, mais surtout lors du Festival de l’Assomption, une programmation culturelle «diversifiée et à la hauteur».

«Nous sommes prêts. La programmation sera annoncée prochainement. Et le thème de cette année sera ‘‘Vivre autrement’’», explique Martin Yelle. «Ça nous amène à réfléchir sur l’adaptation postpandémie et ce que ça nous impose comme changements.»

La beauté des jardins du sanctuaire est par contre fragile. Les majestueux ormes et frênes sont attaqués les uns après les autres par la maladie hollandaise et l’agrile. Certains de ces colosses sont morts et devront être abattus. Le lac de Marie est aussi mal en point. Mais heureusement, le reboisement des jardins permet d’entrevoir encore bien des promenades familiales dans ce magnifique lieu… comme dans le temps avec Marcel et Jeannine.

Par Gabriel Delisle – Le Nouvelliste 

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