Le président d’Haïti Jovenel Moïse assassiné

 

Jovenel Moïse, président d’Haïti, est mort assassiné à la suite d’une attaque armée de sa résidence, a confirmé le premier ministre par intérim Claude Joseph.

Le président haïtien Jovenel Moïse a été assassiné dans sa résidence dans la nuit de mardi à mercredi.

© Dieu Nalio Chery/The Associated Press Le président haïtien Jovenel Moïse a été assassiné dans sa résidence dans la nuit de mardi à mercredi.

Dans une déclaration publiée sur les médias sociaux, le premier ministre a déclaré qu’un groupe d’individus a attaqué la résidence privée du président, le blessant mortellement. Jovenel Moïse avait 53 ans.

L’ambassade d’Haïti au Canada a confirmé la nouvelle tôt ce matin sur Twitter.

Martine Moïse, la femme du président, a également été blessée dans l’attaque et a été transportée à l’hôpital. Son état de santé n’est pas confirmé pour l’instant. Quelques médias locaux rapportent qu’elle serait morte de ses blessures.

Claude Joseph a condamné cet acte odieux, inhumain et barbare». Il a appelé la population au calme.

Peu de détails concernant l’attaque sont connus pour l’instant. Elle aurait toutefois été menée par un commando organisé, composé d’individus qui s’exprimait en anglais et en espagnol, selon le premier ministre.

Les premiers échos de Port-au-Prince rapportent que la situation est relativement calme pour l’instant. Sur place, le rédacteur en chef du quotidien Le Nouvelliste Frantz Duval affirme que ce sont le choc et la stupeur qui règnent en ce moment.

La situation plonge le pays plus loin encore dans l’instabilité. Jovenel Moïse avait nommé Ariel Henry à titre de nouveau premier ministre lundi, mais celui-ci n’était toujours pas entré en fonction.

Le premier ministre en place, Claude Joseph, est donc celui qui a annoncé la nouvelle aux Haïtiens.

Crise politique et sociale majeure

Le pays vit une crise politique et sociale majeure depuis plus d’un an.

Haïti est le pays le plus pauvre du continent américain, et l’insécurité sociale y est amplifiée par la présence des gangs qui multiplient les enlèvements et les assassinats. Jovenel Moïse était accusé de fermer les yeux devant ces violences et de laisser la situation se gangrener.

Depuis son assermentation, M. Moïse a fait face à de nombreuses contestations populaires et un nombre toujours grandissant de voix appelaient à sa démission. Les manifestations à ce sujet s’enchaînaient depuis 2019, faisant des dizaines de morts et de blessés lors d’affrontements avec la police. Le président était toutefois déterminé à terminer son mandat, qui venait à échéance en 2022.

Jovenel Moïse affirmait d’ailleurs avoir échappé à une tentative d’assassinat et de coup d’État en février dernier.

Les violences sont fréquentes en Haïti, particulièrement dans la capitale de Port-au-Prince, où plusieurs quartiers sont sous le contrôle de groupes armés qui multiplient les assassinats. Un journaliste et une militante d’opposition ont par ailleurs été tués il y a un peu plus d’une semaine, suscitant un tollé à l’international.

Les violences, centralisées dans l’ouest de la capitale, ont forcé de nombreux habitants hors de la ville.

Des accusations de corruption

Élu en novembre 2016 sous la bannière du Parti haïtien Tet Kale (PHTK) de l’ancien président Michel Martelly avec tout près de 56 % des voix, Jovenel Moïse aura connu une vie politique mouvementée. Celui qui a pris les rênes du pays en 2017 a essuyé nombreuses accusations de corruption ces dernières années.

Il avait été déclaré vainqueur du premier tour de l’élection présidentielle d’octobre 2015, mais le second tour avait été annulé en raison d’accusations de fraude entourant le scrutin. Haïti avait alors hérité d’un gouvernement intérimaire, élu par le Parlement.

La victoire de Jovenel Moïse en 2016 avait aussi été entachée de plusieurs irrégularités, selon le tribunal électoral haïtien, ce qui avait déclenché de grandes manifestations au pays. Il avait tout de même été élu pour un mandat de cinq ans.

Issu d’un milieu modeste du nord du pays, M. Moïse n’était pas un politicien de carrière. Avant d’être porté à la tête du pays, il était PDG d’Agritrans, une entreprise de production et d’exportation de bananes. Des accusations de blanchiment d’argent, datant de son passage dans le monde des affaires, pesaient encore sur lui au moment de son élection.

En 2018, le pays s’était embrasé à la suite d’une hausse du prix de l’essence décrété par le gouvernement central.

Avec CBC/Radio-Canada 

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2 Réponses to “Le président d’Haïti Jovenel Moïse assassiné”

  1. Bouesso Says:

    Triste…

  2. Bouesso Says:

    Quel acte crapuleux ?

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