Victor Bissengue déplore l’absence « d’intellectuels » en Centrafrique

Deux ans après avoir publié avec Prosper Indo « La RCA à la croisée des chemins et l’héritage de Barthélémy Boganda », toujours chez L’Harmattan, l’écrivain-chercheur en Anthropologie, sciences de l’Education et de la Communication, Victor Bissengue, analyse pour le coup « Les maux de la République centrafricaine ». Somme d’analyses et d’échanges de ces vingt dernières années.

Couverture Les maux de la République centrafricaine de Victor Bissengue

Photo : Couverture Les maux de la République centrafricaine de Victor Bissengue

C’est un constat alarmant, voire un cri de désespoir, que fait Victor Bissengue. Dans son dernier livre, Les maux de la République centrafricaine, il insiste entre autres sur la démission de l’élite ou l’absence d’une élite « intellectualisée ». Non pas que les diplômés, en Centrafrique, n’existent pas ! Au contraire, ils sont légion! Mais le diplôme ne fait pas un intellectuel de celui qui se saisit d’une réalité et qui, par son intelligence, en explique les tenants et les aboutissants. Or, écrit Victor Bissengue, quand une société est dépourvue de femmes et d’hommes capables de se muer en phares, de décrypter le chaos, de démêler le vrai du faux et, surtout, de générer le lien social, on aboutit à ce que l’auteur appelle en sango le « kôbetîyângâ » – l’opposé de « l’exigence logique, la modestie d’opinion, l’esprit ferme, le refus de tous les fanatismes », etc.

Le concept de kôbetîyângâ « renvoie à l’instabilité de l’élite, instabilité due au manque de convictions et de projets de société clairs ». Présidents, Premiers ministres, députés, vont se succéder dans différentes institutions, mais rien n’y fera tant que l’on ne sera pas en mesure d’expliquer ce qui maintient la République centrafricaine dans les ténèbres.

Faute de lumières de l’élite, les maux qui minent le pays restent inexpliqués, les rendant normaux. La RCA, pense l’écrivain-chercheur, est à l’image de cet « enfant qui, empêché de grandir, pris en tenailles dans des contradictions, n’arrive pas à briser l’ancre qui le tient rivé ». Dans ces conditions, « la République centrafricaine occupe aujourd’hui l’avant-dernière place au classement mondial de l’indice de développement humain ».

Bien connu de la communauté universitaire africaine de France, en général, et d’Afrique centrale, en particulier, Victor Bissengue est l’auteur de plusieurs articles parus dans des revues scientifiques et des médias classiques. Longtemps, il s’est intéressé à la cause des pygmées Aka auxquels il a consacré deux livres, Le legs des Pygmées et Contribution à l’histoire ancienne des pygmées : l’exemple des Aka, tous parus aux éditions L’Harmattan.

Les maux de la République centrafricaine, L’Harmattan, Broché – format : 13,5 x 21,5 cm • 120 pages, 13,50 euros

Avec Adiac-Congo par Marie Alfred Ngoma

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