France: Le professeur Jean-Michel Dubernard, chirurgien pionnier des greffes, est mort

Il avait réalisé la première greffe au monde d’une main en 1998. Il a succombé à un malaise à l’âge 80 ans.

Le professeur Jean-Michel Dubernard à Lyon, le 25 janvier 2007.
Le professeur Jean-Michel Dubernard à Lyon, le 25 janvier 2007. DENIS CHARLET / AFP

Il avait réalisé la première greffe de main au monde en 1998. Le professeur de médecine lyonnais Jean-Michel Dubernard, un des pionniers mondiaux de la transplantation, est mort samedi 10 juillet en Turquie, a appris l’Agence France-Presse auprès d’un de ses proches.

Agé de 80 ans, celui qui fut aussi député du Rhône a succombé à un malaise, survenu à l’aéroport d’Istanbul alors qu’il voyageait en famille, selon la même source, confirmant une information du quotidien régional Le Progrès.

Après la première greffe d’une main sur le Néo-zélandais Clint Hallam, il réalisait en 2000 une nouvelle prouesse avec une greffe bilatérale des mains et avant-bras sur le Français Denis Chatelier. Cinq ans plus tard, à 64 ans, il participait aussi à la première greffe partielle du visage (le triangle formé par le nez et la bouche) sur la Française Isabelle Dinoire, défigurée par son chien.Lire aussi : Jean-Michel Dubernard, le champion de la greffe

Prix Medewar en 2008

« Ma seule motivation, c’est de faire avancer la médecine. Je le fais pour mes malades », confiait en 2005 au Monde ce chirurgien hors pair, urologue de formation, dont l’ambition était à la mesure de son talent opératoire. Né à Lyon le 17 mai 1941, Jean-Michel Dubernard avait fait toute sa carrière médicale dans la capitale des Gaules, où il avait occupé le poste de chef du service urologie et transplantations à l’hôpital Edouard-Herriot (1987-2002).

Parallèlement professeur à l’université Claude-Bernard Lyon-I et chercheur à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, il est l’auteur de quelque 500 publications médicales internationales. « J’avais à peine 11 ans quand j’ai eu la vocation, après une opération de l’appendicite et l’annonce de la première transplantation de rein », expliquait-il.

Docteur en médecine et en biologie humaine, formé également à la Harvard Medical School de Boston auprès du chirurgien américain Joseph Murray, Prix Nobel de médecine en 1990, Jean-Michel Dubernard avait réalisé avec succès la première transplantation européenne rein-pancréas en 1976.

En 2008, il avait reçu le prix Medewar, qui consacre les contributions exceptionnelles dans le domaine de la transplantation. Sa réputation est telle que, bien des années après, un Islandais amputé des deux bras viendra, sur ses conseils, s’établir à Lyon pour bénéficier d’une greffe. Il sera finalement opéré en janvier, dans un nouveau succès de l’école lyonnaise de transplantation.

Une deuxième carrière politique

Le Lyonnais était aussi engagé en politique sous l’étiquette du RPR depuis le début des années 1980. Vice-président du comité de soutien de Jacques Chirac pour l’élection présidentielle de 1981, le professeur Dubernard étoffait un peu plus son parcours politique en soutenant, deux ans plus tard, le gaulliste Michel Noir dans la course à la mairie de Lyon.

Adjoint au maire de Lyon de 1983 à 2001 – successivement de Francisque Collomb (UDF), de Michel Noir (RPR) puis du centriste Raymond Barre – mais aussi député de la 3e circonscription du Rhône (1986-2007), Jean-Michel Dubernard n’aura jamais de destin gouvernemental, malgré un appel en 1986 de Jacques Chirac. Le ministère de la recherche lui échappera finalement au profit du sénateur Jacques Valade.

A Lyon, pour les élections municipales de mars 2001, le médecin n’obtiendra pas non plus l’investiture de la droite pour remplacer Raymond Barre. Il se ralliera à l’UDF Michel Mercier, candidat malheureux face à son adversaire socialiste, Gérard Collomb.

A l’Assemblée nationale, le médecin, auteur du livre Sauver la Sécu et d’une épaisse encyclopédie de la chirurgie, avait également cumulé les postes de président de la commission des affaires culturelles et de premier vice-président de l’office parlementaire d’évaluation des politiques de santé.

Après un passage à la Haute Autorité de santé (2008-2017), où il a dirigé la commission de la transparence, qui évalue les médicaments ayant obtenu leur autorisation de mise sur le marché, Jean-Michel Dubernard s’était retiré de la vie publique. Il était chevalier de la Légion d’honneur, de l’ordre national du Mérite et des Palmes académiques.

Par Le Monde avec AFP

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