Canada(Québec): Pénurie de chauffeurs de taxi à Trois-Rivières: «On n’est pas capable de fournir»

Les entreprises du milieu des taxis souffrent elles aussi d’une pénurie de main-d’œuvre. Le problème, bien qu’accentué par la COVID-19, est causé par une multitude de facteurs.

Les entreprises de taxi à Trois-Rivières éprouvent à l’heure actuelle une forte pénurie de main-d’oeuvre. Le problème est causé par une multitude de facteurs.

© Olivier Croteau Les entreprises de taxi à Trois-Rivières éprouvent à l’heure actuelle une forte pénurie de main-d’oeuvre. Le problème est causé par une multitude de facteurs.

Le phénomène n’est pas récent, explique Sylvain Roy, de Taxi Coop. Depuis 2018, M. Roy est aux prises avec une multitude de problèmes par rapport aux embauches. «Je mets des annonces partout, je fais de la publicité. Depuis le début de l’été, j’ai eu douze nouveaux. Mais quand ils voient la longueur du processus, ils se découragent», explique celui qui précise que le problème est répandu au Québec. «À Coaticook, ils ont été obligés de fermer parce qu’il n’y avait pas assez d’employés.»

Chez Taxi élite, la pandémie a été carrément dévastatrice. Jacques Demontigny, copropriétaire de l’entreprise, explique que la pandémie et le couvre-feu ont influencé la constance de son personnel. En mars 2020, il a perdu 85 % de son effectif, qui n’est jamais complètement revenu. «Depuis milieu octobre, c’est compliqué. Lorsqu’il y a eu le couvre-feu, les chauffeurs sont partis puisqu’il n’y avait plus de clientèle. Quand la clientèle est revenue, les chauffeurs étaient sur la PCU», explique M. Demontigny. «Pour mon service de jour, j’ai encore 75 % de mes chauffeurs d’avant. Mais pour mon service de nuit, j’ai moins de 25 %.»

C’est ce que confirme aussi M. Roy. «Sur toutes les heures, on a moins de personnel qu’avant. Il y en a qui vendent, il y en a qui prennent leur retraite.»

Cette baisse des chauffeurs affecte la qualité du service. Taxi Coop, de son côté, assure que le temps moyen n’est pas affecté, mais qu’il y a plus de temps d’attente. Taxi Élite, quant à lui, n’arrive pas à reprendre son souffle depuis l’ouverture des bars. «On n’est pas capable de fournir, et là il n’y a pas encore d’amphithéâtre ni d’évènements», calcule M. Demontigny. Les temps d’attente peuvent parfois être de 1 h à 1 h 30 lorsque la demande est forte. «Pendant le Grand Prix, ce ne sera pas drôle», s’inquiète M. Demontigny.

TROP DE BUREAUCRATIE?

Depuis l’an passé, une nouvelle loi exige des mesures plus strictes pour pouvoir exercer le métier de chauffeur de taxi. «Il y a un paquet d’administration» déplore Sylvain Roy.

Le copropriétaire de Taxi élite corrobore: «Ça coûte 300 $ avant de pouvoir commencer à travailler!» De fait, depuis octobre 2020, la loi 17 exige que les chauffeurs acquièrent une formation en ligne au coût d’environ 150 $, un permis au coût d’environ 75 $ ainsi qu’un certificat de casier judiciaire vierge émis par la Sûreté du Québec, au coût de 87 $. «Faut avoir un certificat de dossier judiciaire vierge. Avant, n’importe quel poste de police le donnait pour 20 $. Il faut maintenant passer par la SQ. Ça coûte 87 $ et tu l’auras quand tu l’auras», explique M. Roy. En plus des frais, les chauffeurs doivent aussi s’enregistrer dans un module d’enregistrement des ventes et s’ouvrir un compte commercial. Les temps d’attente sont longs, allant jusqu’à deux mois dans les cas extrêmes. «Ça m’a pris quatre heures au téléphone avec un fonctionnaire», explique M. Roy, en signalant que les longues procédures en découragent plus d’un. Beaucoup de vétérans ont aussi abandonné, n’étant plus à l’aise avec la modernisation des méthodes de travail.

L’embauche est aussi difficile, compte tenu du fait que les entreprises ont peu de contrôle sur les tarifs imposés pour les courses. «Je ne peux pas augmenter le prix [des courses] comme je veux pour être en mesure de rivaliser avec la compétition», précise M. Demontigny, en expliquant que les autres entreprises des autres secteurs peuvent toujours atténuer les problèmes de main-d’oeuvre en augmentant les salaires. «On n’a pas de levier», assure Sylvain Roy. De fait, le prix des courses est régi par la Commission des transports du Québec.

Selon les employeurs, le problème n’est pas prêt de se résorber. Malgré les annonces d’embauche, peu de gens répondent à l’appel. «On met des annonces partout», assure M. Roy.

M. Demontigny, quant à lui, espère qu’il y aura plus de candidats lorsque le marché du travail sera pleinement rétabli de la pandémie. «Ma stratégie d’emploi, c’est d’attendre que la PCU finisse!»

Bien qu’inexistant à Trois-Rivières, le spectre d’Uber plane aussi sur l’industrie du taxi local. Le problème n’effraie pas trop les entreprises pour l’instant, mais reste que, considérant la dégradation de la qualité et de la quantité des effectifs, la possibilité demeure néanmoins plausible.

Avec  Alexis Lambert – Le Nouvelliste

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Une Réponse to “Canada(Québec): Pénurie de chauffeurs de taxi à Trois-Rivières: «On n’est pas capable de fournir»”

  1. Bouesso Says:

    Le mal-emploi est toujours actuel dans l’industrie du taxi ?

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