France/Pass sanitaire : 237 000 manifestants recensés, dont 17 000 à Paris

Des défilés ont été organisés samedi dans plusieurs villes de France, contre le pass-sanitaire. Ils interviennent au lendemain d’un appel lancé par le Président.

 De nouvelles manifestations ont eu lieu samedi dans plus de 150 villes en France contre l’extension du pass sanitaire et la vaccination obligatoire pour les soignants. 237 000 manifestants ont été recensés, dont 17 000 à Paris. Il s’agit de la plus forte mobilisation jusqu’à présent, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. Aux alentours de 19h, les autorités recensaient 198 actions, 35 interpellations et sept blessés légers parmi les forces de l’ordre. Le pass sanitaire, validé jeudi par le Conseil constitutionnel, doit entrer en vigueur lundi. Ces défilés, pour le quatrième week-end consécutif, interviennent au lendemain d’un nouvel appel pressant lancé par Emmanuel Macron – « Faites-vous vacciner » – et alors que plus de 44 millions de Français ont reçu au moins une dose (65,9 % de la population). « Macron, ton pass (sanitaire), on n’en veut pas », avaient crié dès jeudi soir quelques centaines de manifestants à Paris après sa validation par le Conseil constitutionnel.

La loi qui élargit le pass sanitaire à de nouveaux lieux publics et instaure une obligation vaccinale pour les soignants a été publiée au Journal officiel vendredi. Dès la semaine prochaine, il faudra a priori présenter un certificat de vaccination, un test PCR négatif au Covid-19 ou un certificat de rétablissement de la maladie pour avoir accès aux cafés et aux restaurants, salles de spectacle ou salons professionnels, ou encore pour faire un long trajet à bord d’un avion, d’un train ou d’un autre.

« Société de contrôle »

Dans les cortèges, beaucoup disent refuser d’être « les cobayes » de nouveaux vaccins. Comme Martine Rodriguez, 74 ans, professeure de yoga retraitée, « Gilet jaune » de la première heure et « pas contre les vaccins » auparavant. « On nous prive de nos libertés, on ne peut même plus aller au restaurant », dit-elle, sous son masque en tissu, persuadée que « le Covid a été créé pour éliminer des gens parce qu’on est trop sur Terre, et pour permettre aux labos pharmaceutiques de faire du fric ». Venu masqué, Alexandre Fourez, 34 ans, assure manifester « pour la première fois », lui qui a déjà eu le Covid. « Le problème avec le pass sanitaire, c’est qu’on nous force la main », dit cet employé dans le marketing, qui a « vraiment du mal à croire que son application va être provisoire ». « Pas nécessairement anti-vaccin », Stéphane, 50 ans, manifeste de son côté avec sa femme et ses deux enfants adolescents. « Ça me dérange qu’on oblige à faire ce vaccin et ça me fait peur pour mes enfants », dit ce salarié dans l’informatique, qui redoute d’éventuels effets secondaires encore inconnus. La famille, qui va partir en vacances, prévoit de « se limiter aux sorties en extérieur ». Dans la ville de Cambrai, « nous ne sommes pas anti-pass sanitaire, mais contre son contrôle qui va être long, compliqué et pourrait créer des tensions », a dit Morgan Sedrue, 36 ans, gérant d’un bar, qui portait un tee-shirt « Balance ton QR ». « Les gens qui n’ont pas leur QR code valide vont se dire « ça ne sert à rien que je vienne manger un morceau ou boire un verre ». La clientèle va être divisée par deux », estime-t-il.

Mais une bonne part des manifestants, parfois vaccinés, manifestent spécifiquement contre l’imposition du pass sanitaire, qui constitue, selon eux, une « obligation vaccinale déguisée » et instaure « une société de contrôle ». Le ministère de l’Intérieur avait recensé au moins 204 000 manifestants le 31 juillet (contre 161 000 une semaine plus tôt). « On attend globalement le même nombre de manifestants » ce samedi, pronostique une source policière.

« C’est un coup de massue », disait jeudi soir le manifestant parisien Nejeh Ben Farhat, Gilet jaune de 42 ans, au sujet de la décision des Sages du Conseil constitutionnel qui ont validé l’essentiel du projet de loi sanitaire voté le 25 juillet par le Parlement. « On a l’impression qu’une grande partie de la population a accepté son sort », déplorait-il. Ce technicien télécoms se présente comme l’un des organisateurs de la principale manifestation parisienne prévue samedi à partir de 11 heures au métro pont de Neuilly (Hauts-de-Seine), pour un départ en début d’après-midi vers le centre de Paris. « Non au pass sanitaire », « liberté », clament des pancartes dans un premier rassemblement de plusieurs centaines de manifestants qui a débuté en fin de matinée, sous une forte pluie, au pont de Neuilly également.

Quatre manifestations à Paris

« C’est la manifestation le plus à risque, notamment de départs en cortèges sauvages. On y portera une attention particulière », a expliqué à l’Agence France-Presse une source policière, évoquant par ailleurs une « vigilance » autour des Champs-Élysées. Trois autres rassemblements sont prévus à Paris, où la préfecture de police dit attendre 10 000 manifestants. L’un d’eux a lieu à l’appel de Florian Philippot, ancien numéro deux du RN et président des Patriotes, à 14 h 30 devant l’École militaire (7e). Nicolas Dupont-Aignan a annoncé qu’il y serait « aux côtés des Français qui manifestent pour obtenir le retrait » du pass.

Dans la ville de Lyon, deux appels à manifestation ont été déclarés pour 14 heures. Suzanne Petit, 65 ans, retraitée qui dit multiplier les petits boulots pour « joindre les deux bouts » et qui a toujours milité au FN, témoigne : « J’observe les mesures barrières, je porte le masque et j’ai peur de cette maladie, mais encore plus du vaccin. »

La préfecture a établi un périmètre d’interdiction de manifestation dans l’hypercentre de Lyon de 12 heures à 21 heures « en raison des violences survenues ces dernières semaines en marge des rassemblements revendicatifs illégaux ». Une douzaine de manifestations sont prévues dans les Hauts-de-France, l’Aube et les Ardennes, notamment à Lille, Abbeville, Reims ou Dunkerque.

À Saint-Brieuc, la contestation se divise en deux rassemblements, l’un à l’appel d’organisations et de partis de gauche (Attac, Confédération paysanne, EELV, LFI) ainsi que de Gilets jaunes locaux, l’autre organisé par le mouvement de Florian Philippot et d’autres formations de droite radicales. À Toulouse – où les locaux de l’Ordre des infirmiers avaient été vandalisés, avec notamment des tags anti-pass sanitaire, dans la nuit de jeudi à vendredi –, les manifestants protesteront également contre la réforme de l’assurance-chômage et celle des retraites. La semaine dernière, les manifestations avaient parfois été émaillées de face-à-face tendus avec les forces de l’ordre et ponctuées d’invectives, voire d’injures, envers les médias. À Montpellier, des manifestants s’en étaient pris à un pharmacien qui effectuait des dépistages du Covid-19, certains le traitant de « collabo » et d’« assassin ».

37 000 personnes en Provence-Alpes-Côte d’Azur

Au moins 37 000 personnes, selon la police, défilent en Provence-Alpes-Côte d’Azur, de Nice à Marseille, contre le pass sanitaire dans des cortèges hétéroclites, rassemblant Gilets jaunes, pro-vaccin opposés au pass et anti-vaccin, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse.

Dans le défilé, Olivier Lacombe, kinésithérapeute de 37 ans, un collier de fleurs autour du cou pour la paix et en clin d’œil aux colliers polynésiens portés par le président Macron à Tahiti, ne comprend pas qu’on lui impose une vaccination alors que, dit-il, « la maladie touche principalement les personnes âgées ou vulnérables ». « Le vaccin doit rester un outil parmi d’autres. Il faut laisser les gens libres de choisir. »

Dans la ville de Nice, les manifestants ont défilé en cortège derrière une grande banderole « Anti-pass sanitaire 06, la nouvelle vague, c’est nous ». Du côté de Marseille, un cortège fourni est parti du Vieux-Port peu après 14 heures en direction de la préfecture.

Éducatrice spécialisée à la retraite et pro-vaccination, Geneviève Zamponi s’inquiète en revanche du pass sanitaire obligatoire, qu’elle juge « vexatoire et discriminatoire ». « Les prolos peuvent prendre le métro ou le RER sans pass, mais ils n’auront pas le droit d’aller boire un café. […] C’est illogique. Je ne dis pas que nous sommes dans une dictature, mais petit à petit on nous enlève des droits. »

Avec Le Point

Étiquettes : , , , ,

2 Réponses to “France/Pass sanitaire : 237 000 manifestants recensés, dont 17 000 à Paris”

  1. Bouesso Says:

    Un retour aux manifestations contre le Pass sanitaire ?

  2. Bouesso Says:

    Ok…\

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :