Forces afghanes en déroute face aux talibans: les États-Unis distants

WASHINGTON — Les forces gouvernementales afghanes échouent encore plus rapidement que les chefs militaires américains ne le pensaient il y a quelques mois à peine, lorsque le président Joe Biden a ordonné un retrait complet des troupes. Mais il y a peu d’appétit à la Maison-Blanche, au Pentagone ou parmi la population américaine pour tenter de freiner la déroute et il est probablement trop tard pour y arriver.

© Fournis par La Presse Canadienne

Le président Biden a clairement indiqué qu’il n’avait pas l’intention de revenir sur la décision qu’il avait prise au printemps dernier, même si le résultat semble pointer vers une prise de contrôle par les talibans. La plupart des troupes américaines étant désormais parties et les talibans accélérant leurs gains sur le champ de bataille, les chefs militaires américains ne le pressent pas de changer d’avis. Ils savent que la seule option notable serait que le président relance la guerre à laquelle il a déjà décidé de mettre fin.

Les talibans, qui ont dirigé le pays de 1996 jusqu’à l’invasion des forces américaines après les attentats du 11 septembre 2001, se sont emparés de trois autres capitales provinciales mercredi et d’une de plus jeudi, la dixième que les insurgés ont prise dans un balayage d’une semaine où ils ont pris le contrôle d’environ les deux tiers du pays. Les insurgés n’ont pas d’armée de l’air et sont surpassés en nombre par les forces de défense afghanes entraînées par les États-Unis, mais ils se sont emparés du territoire à une vitesse stupéfiante.

Le porte-parole en chef du Pentagone, John Kirby, a déclaré que les Afghans avaient encore le temps d’éviter une défaite ultime.

«Aucun résultat potentiel ne doit être inévitable, y compris la chute de Kaboul, a déclaré M. Kirby devant la presse. Il n’est pas nécessaire que ce soit ainsi. Cela dépend vraiment du type de leadership politique et militaire que les Afghans peuvent mobiliser pour renverser la vapeur.»

Le président Biden a fait un commentaire similaire la veille, déclarant aux journalistes que les troupes américaines avaient fait tout ce qu’elles pouvaient au cours des 20 dernières années pour aider les Afghans.

«Ils doivent se battre pour eux-mêmes, se battre pour leur pays», a-t-il déclaré.

Les États-Unis continuent de soutenir l’armée afghane avec des frappes aériennes limitées, mais celles-ci n’ont pas fait de différence stratégique jusqu’à présent et devraient prendre fin lorsque les États-Unis mettront officiellement fin à leur participation à la guerre le 31 août. M. Biden pourrait ordonner la poursuite des frappes aériennes au-delà de cette date, mais cela semble peu probable étant donné sa position ferme sur la fin de la guerre.

«Mon soupçon, mon fort soupçon, est que la chronologie du 31 août va tenir», a déclaré Carter Malkasian, qui a conseillé les chefs militaires américains en Afghanistan et à Washington.

De hauts responsables militaires américains avaient averti le M. Biden qu’un retrait complet des États-Unis pourrait conduire à une prise de contrôle par les talibans, mais le président a décidé en avril que la poursuite de la guerre constituait un gaspillage. Il a déclaré mardi que sa décision tenait, malgré les discussions voulant que les talibans puissent bientôt être aux portes de Kaboul, menaçant la sécurité des diplomates américains et d’autres diplomates étrangers.

L’évaluation militaire américaine la plus récente, prenant en compte les derniers gains des talibans, indique que Kaboul pourrait être sous la menace des insurgés d’ici septembre et que le pays pourrait tomber entièrement sous le contrôle des talibans d’ici quelques mois, selon un responsable de la défense qui a discuté mercredi des analyses internes sous couvert d’anonymat.

Les autorités ont indiqué qu’il n’y avait eu ni décision ni ordre d’évacuation du personnel diplomatique américain d’Afghanistan. Mais un responsable a déclaré qu’il était maintenant temps d’avoir des conversations sérieuses à savoir si l’armée américaine devrait commencer à déplacer des actifs dans la région pour être prête au cas où le département d’État réclamerait une évacuation soudaine.

M. Kirby a refusé de discuter de toute planification d’évacuation, mais un responsable du Congrès a déclaré qu’il avait été question de la planification préliminaire d’une éventuelle évacuation de l’ambassade des États-Unis lors d’une récente réunion du Conseil de sécurité nationale, sans toutefois qu’une décision ne soit prise.

Avec Robert Burns et Lolita C. Baldor, The Associated Press

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