Canada-Québec: Des infirmières de l’Hôtel-Dieu de Lévis refusent les heures supplémentaires

 Jean-François Nadeau 

Des infirmières de nuit de l’Unité mère-enfant de l’Hôtel-Dieu de Lévis ont fait un sit-in lundi matin pour dénoncer, comme leurs collègues du CHUL, le recours aux heures supplémentaires obligatoires.

Des infirmières de l'Hôtel-Dieu de Lévis dénoncent le recours systématique aux heures supplémentaires obligatoires.

© Radio-Canada/Hadi Hassin Des infirmières de l’Hôtel-Dieu de Lévis dénoncent le recours systématique aux heures supplémentaires obligatoires.

L’équipe de nuit compte neuf infirmières. Elles affirment depuis des mois être en surcharge de travail et épuisées notamment en raison de la pénurie de personnel et du recours systématique aux heures supplémentaires obligatoires.

Manque de relève

Les infirmières ont décidé de manifester, lundi matin, en constatant qu’il manquait trois infirmières pour prendre la relève de jour.

«Quand j’ai annoncé ce matin à une infirmière qu’elle devait faire du temps supplémentaire obligatoire, elle était en sanglots. C’était son quatrième temps supplémentaire cette semaine. Les filles sont à bout. On n’a pas de pauses. On veut la santé et la sécurité des patientes», affirme l’assistante-cheffe infirmière, Jessica Fortin.

L'Hôtel Dieu de Lévis (archives).

© Raymond Routhier/Radio-Canada L’Hôtel Dieu de Lévis (archives).

Question de santé

Les infirmières du quart de nuit refuseront dorénavant de faire des heures supplémentaires, afin de préserver leur santé, une certaine qualité de vie et la santé de leurs patients.

«On a des infirmières qui sont restées quatre fois cette semaine, 32 heures de temps supplémentaire. C’est rendu invivable. C’est un mode de gestion. On est intervenu auprès de la direction des soins infirmiers qui ne fait rien. On a trouvé du personnel pour eux. Ils ne les embauchent pas», déplore le président du Syndicat des professionnelles en soins de Chaudière-Appalaches, Laurier Ouellet.

«Les gens tombent en maladie. On a sept maladies pour cause de fatigue depuis le début de l’été. Les gestionnaires ne nous entendent pas. On a à coeur nos patients et nos collègues. On n’arrive pas à prendre soin des bébés correctement», ajoute une infirmière qui compte 18 ans d’ancienneté, Marie-Andrée Poirier.

Demandes répétées

Ce n’est pas la première fois que le personnel de l’unité mère-enfant de l’Hôtel-Dieu pose ce genre de geste. Les infirmières souhaitent être entendues, cette fois.

«On leur a mentionné à maintes reprises qu’on était fatiguées. On a même fait un sit-in il y a près d’un an pour dire comment on était épuisées. On a proposé des solutions et ils ont refusé. J’ai pas le goût de perdre un enfant parce que je n’ai pas été capable d’être à temps dans une salle d’accouchement. Je ne veux pas vivre ça», souligne Marie-Andrée Poirier.

Le personnel craint une surcharge de travail encore plus importante cet automne, avec la hausse des cas de COVID-19. La présence du variant Delta pourrait entraîner l’absence plus importante de personnel.

La direction du CISSS de Chaudière-Appalaches n’a pas encore réagi publiquement à la sortie des infirmières.

Avec Radio-Canada par la collaboration d’Hadi Hassin

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