Québec-RDC: Fuyant la justice, Mukendi dit avoir quitté Québec pour la République démocratique du Congo

En fuite depuis la fin août, le pasteur Paul Mukendi annonce avoir quitté le pays. «Face à une telle injustice, j’ai décidé de quitter ces terres québécoises que j’aime tant pour sauver ma vie.» Il dit poursuivre la «bataille» en direct de son pays, la République démocratique du Congo. La police de Québec est aux aguets.

Cela fait presque un mois jour pour jour que Paul Mukendi devait se traduire en prisonnier. Sa cavale perdure depuis le 20 août, jour où il s’est soustrait à la justice. Paul Mukendi s’est adressé virtuellement samedi, pour la première fois, à presque 2000 fidèles des «quatre coins du globe».

Jusqu’ici, la question demeurait entière: où est passé le pasteur Mukendi?

Caché en RDC?

Après avoir reçu «beaucoup de propositions d’asile», a-t-il dit vêtu de jaune et devant un écran bleu, le révérend mentionne «j’ai choisi de retourner dans mon pays, la RDC [République démocratique du Congo] où je suis présentement pour continuer à mener cette bataille que je gagnerai haut la main.»

Dans une longue déclaration de plus de trente minutes, celui que ses fidèles du Centre évangélique Parole de vie surnomment  l’«homme de Dieu» a répété qu’il ne fuyait pas la justice, mais plutôt «l’injustice» dont il clame être victime. Une fois de plus, il soutient un «salissage» médiatique ayant influencé le Tribunal.

Le pasteur Paul Mukendi annonce avoir quitté le pays, il dit se trouver en République démocratique du Congo.Le pasteur Paul Mukendi annonce avoir quitté le pays, il dit se trouver en République démocratique du Congo.CAPTURE D’ÉCRAN

Reconnu coupable d’agression sexuelle sur une mineure, Paul Mukendi a été condamné à huit ans de prison. Il a vu ses procédures d’appel échouer le 16 août dernier et devait commencer à purger sa peine quelques jours plus tard, le 20 août. Il ne s’est jamais présenté en détention.

«Je ne suis pas un homme qui fuit les conséquences de ces actes», a-t-il soutenu dans sa vidéo, «mais je ne suis pas prêt à faire huit ans de prison pour des crimes que je n’ai pas commis».

«Du jour au lendemain on a fait de moi, légalement, un paria dans la ville de Québec», a-t-il ajouté.

Celui qui fait désormais face à de nouvelles accusations de liberté illégale et de désobéissance à une ordonnance du tribunal martèle toutefois que sa fuite n’est pas un «abandon». Il affirme avoir mandaté un collectif d’avocats pour mener sa cause devant d’autres instances, lui qui compte se «battre» pour sa femme et ses enfants, devant un tribunal «impartial à l’extérieur du Canada».

Au Québec, les avocates du pasteur, Me Dominique Bertrand et Me Myriam Tabet, ont déjà obtenu une ordonnance de la cour pour cesser de représenter leur client en fuite. «Personne n’est disposé au Québec, à m’entendre, à me croire et à me rendre justice», défend Mukendi.

La police de Québec attentive

Pour l’instant, dans sa ville, la police de Québec poursuit son enquête.En prenant la parole samedi, le révérend Mukendi a affirmé poursuivre la «bataille» en direct de son pays, la République démocratique du Congo.En prenant la parole samedi, le révérend Mukendi a affirmé poursuivre la «bataille» en direct de son pays, la République démocratique du Congo.CAPTURE D’ÉCRAN

«Depuis le 20 août, journée où il devait se constituer en prisonnier, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) est très attentif aux faits et gestes de M. Mukendi», assure le porte-parole David Poitras.

Le fugitif a-t-il tenté de les mettre sur une fausse piste avec sa récente déclaration? Se trouve-t-il réellement à l’extérieur du pays?

À la veille de la publication vidéo du fugitif, le corps policier ne souhaitait pas confirmer ou infirmer d’informations à l’effet que M. Mukendi se trouverait ailleurs dans le monde, le dossier étant sous enquête.

«Advenant que ce soit le cas, on a toujours la possibilité de le localiser et de la rapatrier à l’aide de nos partenaires à l’international», poursuit M. Poitras. En octobre 2018, le SPVQ s’était rendu jusqu’à Bogota, en Colombie, pour procéder à l’arrestation d’un homme ayant perpétré des crimes sexuels trois ans auparavant, avec l’aide d’organisations comme la GRC et Interpol.

«La police de Québec a la capacité de rapatrier partout dans le monde», confirme le porte-parole du SPVQ. Il dévoile cependant peu des méthodes employées pour tenter de le retrouver.

«Les enquêteurs déploient des ressources pour tenter de le localiser et faire exécuter le mandat d’arrestation […] Pour offrir un sentiment de justice à la victime, M. Mukendi doit débuter à purger sa sentence», soutient David Poitras.

Avec La Tribune et Le Soleil par Émilie Pelletier

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Une Réponse to “Québec-RDC: Fuyant la justice, Mukendi dit avoir quitté Québec pour la République démocratique du Congo”

  1. Bouesso Says:

    Diantre ?!

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